Mademoiselle bonsoir

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olympe de Gouges

Des organisations féministes françaises ont décidé de lutter pour le retrait de la case “mademoiselle” reprise sur les formulaires administratifs, jugée discriminatoire et symbolique des inégalités, les hommes étant toujours identifiés comme “monsieur” et jamais comme “jeune homme” ou “damoiseau”.

Les associations Les Chiennes de garde et Osez le féminisme lancent une campagne contre la civilité “mademoiselle” à partir de ce mardi. Une page dédiée sur le site Facebook rassemble déjà plus de 750 partisans.

On impose une identité “soit en fonction de l’âge soit du statut matrimonial, c’est insupportable”, estime Laurence Waki, auteur de “Madame ou mademoiselle” (Editions Max Milo). “Implicitement, on vous dit que vous n’êtes pas finie tant que vous n’êtes pas mariée”, ajoute-t-elle. “Le ‘mademoiselle’ n’a aucune valeur légale, c’est simplement un usage”, souligne Mme Waki.

“Je ne vois pas pourquoi on fait ce distinguo, qui n’a plus aucun sens”, commente Brigitte Grésy, auteur du “Petit traité contre le sexisme ordinaire” (Editions Albin Michel). Même si c’est “moins important que les écarts de salaires (entre les sexes), les violences ou les difficultés d’accès à l’avortement”, cette question n’est pas un détail car “le langage reflète la réalité du monde”, poursuit-elle.

De nombreux pays ont abandonné la distinction, notamment l’Allemagne, où on n’utilise quasiment plus le mot “Fräulein”. En France, plusieurs lettres ou circulaires administratives ont déjà demandé aux services de supprimer cet usage, mais sans réel succès, d’où l’idée d’inciter les femmes à exiger un “madame” dans leurs correspondances.

Alors faut-il vraiment faire disparaitre ce petit reste finalement charmant de la langue soutenue ?  Je peux comprendre que la pratique fatigue les femmes qui se voient enfermées dans des catégories sans intérêt mais à titre personnel je proposerais d’aller plus loin et de revenir à la bonne vieille tradition révolutionnaire : donnons nous du « Citoyen, Citoyenne » ! Notre société ne devrait pas s’en sentir plus mal…

 

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