Retour sur une première primaire

Share

Voilà c’est fait, les bulletins ont été glissés plus ou moins fébrilement dans de petites enveloppes puis ils ont été comptés, recomptés, analysés. Derrière les sourires des uns et les larmes des autres, la soirée d’hier fut pleine d’émotions. Une première qui est, ne nous le cachons pas, un vrai succès.

Le secrétaire général de l’UMP peut bien courir d’un plateau à l’autre pour répéter avec délectation que seuls 4 français sur 100 se sont déplacés aux urnes, 4/100 c’est énorme pour ce type d’exercice et j’aurais aimé connaitre le taux de participation à une primaire organisée cette année par le parti présidentiel … quoiqu’il en soit, ca fait parti du jeu politique.

Les résultats ne sont pas encore définitifs mais ne devraient plus bouger désormais. Nous les connaissons tous :

 

Nous n’allons pas ici refaire le match des dernières semaines mais ces résultats doivent appeler quelques commentaires. Le premier n’est pas le plus anodin. Méfions nous des sondages surtout sur des scrutins pour lesquels on ne connait pas réellement le corps électoral. Hollande et Aubry ne sont qu’à 8 points l’un de l’autre et F. Hollande ne dispose que de peu de réserves de voix. Idéologiquement et quelque soient les rapports humains entre les candidats on sait que A. Montebourg et S. Royal sont plus proche de M. Aubry que de F. Hollande. Dans un jeu politique classique M. Aubry est donc, contrairement aux apparences mathématiques en ballotage favorable pour ce second tour.

Mon deuxième commentaire concerne Ségolène Royal et sa défaite non pas inattendue mais dont  l’étendue est surprenante. Depuis 2006 je suis un fervent opposant au Royalisme poitevin. J’ai toujours considéré que la candidature de S. Royal en 2007 était la première cause de l’élection de N. Sarkozy et que tout ceux qui avaient préféré Royal à Bayrou au 1er tour avaient, en fait, ouvert les portes de l’Elysée au maire de Neuilly. Pour autant je dois l’avouer aujourd’hui j’ai été surpris par le ton, le sérieux et la force de conviction de Ségolène Royal dans ces primaires. Je l’ai trouvé bien meilleure qu’en 2007 et même si je ne suis toujours pas prêt à soutenir par mon vote ses ambitions présidentielles, je ne peux m’empêcher de trouver cette cuisante défaite un peu injuste pour cette dame qui, au fond, force notre respect.

La défaite de S. Royal doit être un avertissement clair pour tous ceux qui s’acharnent à croire à un remake de 2007. Le chemin de la présidence de la République est certes plein d’embûches mais ce n’est pas parce que c’est de plus en plus dur et de plus en plus improbable qu’il faut croire qu’on se rapproche du Graal. Je pense naturellement à François Bayrou.  Rien ne pourra affaiblir sa détermination à mener un nouveau combat mais j’ai la faiblesse de croire qu’au lendemain de cette bataille il ne restera rien de l’élan qui s’était levé il y a 5 ans. Malheureusement pour mes amis progressistes du Modem, pour celles et ceux qui ont cru en une troisième voie qui filerait entre la droite et la gauche, l’échec prévisible de Bayrou enterrera pour longtemps les rêves d’indépendance idéologique.

Mon dernier commentaire est plus personnel. Hier, dans un post matinal, j’ai pris position pour la candidate qui incarne à mes yeux, certes fatigués, le changement et l’espérance. Les commentaires qui sont apparus ici même, sur twitter et Google + m’ont fait plaisir car quand on est commenté cela signifie aussi qu’on est lu. Je tiens à préciser certaines choses :

Je revendique tout d’abord la grandiloquence du propos car j’aime la beauté des mots. Mais pas seulement pour cela ; je la revendique car la politique se doit d’être grandiloquente, elle est la vie quotidienne transcendée au service du bien commun. La politique c’est un groupe d’individus unis en une Nation, c’est ce qui transforme l’impôt en « participation à la vie du pays », le train de banlieue en « service public », les tables de multiplication en « instruction publique » ou la charité en « solidarité nationale »… la politique fait de chacun de nous plus que de simples individus, des « citoyens »…

Je revendique aussi mon côté « bisounours ». Oui une élection c’est un peu le marché aux promesses non tenues, c’est le « bonne nuit les enfants » appliqué aux adultes que nous sommes devenus mais je me refuse pour autant à cesser de croire en la politique. Je sais comme vous qu’il n’y aura pas de lendemain enchanté, je sais que nos espérances seront, quelque soit le vainqueur, pour beaucoup déçues mais voyez vous je crois qu’il y a quelques réformes, quatre ou cinq, qui font entrer un président dans l’Histoire de la République et que ces réformes ne sont jamais les plus chères et les plus difficiles à mettre en place. Je ne pourrais vous expliquer pourquoi, je suis convaincu que M. Aubry est celle qui aura l’idéologie la plus accrochée au cœur et à l’âme pour faire passer ces quatre ou cinq réformes dans les premiers mois de son mandat. Le reste ne sera que fioriture, pour le reste, comme vous, je ne suis pas dupe.

IGTBB

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *