Carnets de campagne : faire sauter la République part 1

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Marine Le Pen

Nous sommes à Paris, place du palais Royal. Si l’adresse est bien celle de la Comédie française, c’est à quelques pas de l’auguste institution artistique que notre spectacle se déroule : sous une voute de l’ancien palais cardinal ou siège le conseil constitutionnel. C’est aujourd’hui le dernier jour pour que les candidats à l’élection présidentielle fassent parvenir les « 500 signatures » de parrains, sésame indispensable pour pouvoir se lancer dans la course ultime, celle qui mènera un homme ou une femme au bureau du Général de Gaulle.

Il est 18H00 et le millier de manifestants qui sont venus crier leur colère savent que les jeux sont faits. La peur du quand dira t’on, les pressions de l’UMP et du parti socialiste ont réussi l’impensable : Marine le Pen, présidente du Front national et créditée de 24% des suffrages au premier tour ne sera pas candidate.

Sur qui pourront-ils se reporter, ces électeurs de l’extrême, de la rage et du rejet de la République maintenant que l’Antigone un tantinet vulgaire de la politique française est écartée du pouvoir par des manœuvre qui fleurent bon la IVème, cette « machine à crises ministérielles à qui Dien Bien Phu semblait annoncer une grande nuit funèbre » ?

Ils ne sont finalement que 5 à avoir obtenu les 500 parrainages et donc à se lancer dans la course présidentielle : Nicolas Sarkozy, François Hollande, Eva Joly, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon. Jamais la France n’aura compté aussi peu de candidats, jamais l’incertitude n’aura à ce point pesé sur une campagne d’une violence inouïe où l’on sait désormais que le chaud lapin Dominique Strauss Kahn a finalement été victime d’un coup monté par les sbires de l’UMP avec l’accord du député de la Corrèze. Les Français, dégoutés par les turpitudes politiciennes s’écartaient dangereusement des partis traditionnels et tendaient à offrir le pouvoir à l’extrême droite comme pour boire l’infamie jusqu’à la lie… il n’en sera rien, le choix ne s’offrira pas et la démocratie s’enferme elle-même dans une voie de garage qui semble condamner le peuple à ne plus avoir de choix.

Il est 20H00. Nous sommes le 22 avril 2012. Nicolas Sarkozy n’en croit pas ses yeux et la rue de Solferino abasourdie semble revivre les heures les plus noires de sa courte histoire. Ségolène Royal depuis son appartement cossu de la rive gauche savoure une coupe de champagne en l’honneur de l’homme qui l’a trahie en 2007 et qui l’a écartée en 2012. Elle regarde un sourire aux lèvres François hollande, son ancien compagnon, reconnaître sa défaite. Avec 15% des suffrages il se classe en 4ème position et achève ce parti socialiste qui n’en finissait pas de refuser le régime présidentiel.

François Bayrou se positionne pour l’avenir. Il ne sera jamais président de la République ; les français ne veulent décidément pas reconnaitre son génie. 3ème homme… encore une fois pour un presque rien… Il a obtenu 23 % des suffrages exprimés et il est désormais convaincu que rien n’empêchera Sarkozy d’être réélu président de la République. Ce soir face aux caméras il appelle à l’union nationale et se déclare prêt à se sacrifier pour diriger un Gouvernement de rassemblement derrière le Président sortant. Oui ils en sont tous convaincus, c’est lui qui sera dans deux semaines reconduit par les Français. Avec 30% des voix il n’a certes que 3 points d’avance sur son challenger mais comment l’improbable Jean-Luc Mélenchon pourrait il refaire son retard…. Comment les Français pourraient ils donner au XXIème siècle le pouvoir aux communistes ?

À suivre

Ceci est naturellement un exercice de politique fiction …

 

3 thoughts on “Carnets de campagne : faire sauter la République part 1

  1. Cher Régis merci pour ce commentaire éclairé en effet il s'agit bien de fiction quant à la coquille disparue au second épisode elle est corrigée grâce à votre perspicacité et votre sens de l'essentiel ^^

  2. Mélenchon au deuxième tour ? Diantre…. Réalité ou fiction, il n'en demeure pas moins qu'il y a toujours 2 semaines qui séparent les deux tours d'une élection présidentielle…. !

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