Carnets de campagne : le parti socialiste n’y arrive pas

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Nous sommes en 2011. Il y a 30 ans de cela, la gauche donnait à la France sa première alternance. On pourrait croire que cette gauche, adolescente et un peu folle, a mûrit avec le temps, quelle a appris ce qu’étaient nos institutions, quelle a retenue de François Mitterrand, son mentor, comment prendre l’Elysée et le garder…

Sont alors venus Lionel Jospin, Ségolène Royal et maintenant François Hollande. 3 candidats dont l’ambition réaffirmée, élection après élection, fut de retenir les leçons de passé et de ne pas retomber dans les affres d’un rejet pathétique du mode présidentiel de l’élection. Trois candidats qui l’un après l’autre furent happés par les vielles rengaines socialistes d’un parlementarisme vieillot et mal adapté à cette Vème République dont l’essence même est l’émergence du chef : le fait présidentiel.

A ce petit jeu du pire candidat socialiste, François Hollande semble se glisser avec talent dans les habits de Lionel Jospin, l’homme du 1er tour de 2002.

Le sentiment d’aversion des Français pour le sortant ne suffit plus à maintenir à niveau le candidat socialiste qui laisse apparaître des failles béantes.

Ainsi, une fois encore le parti socialiste n’arrive pas à se défaire de ses mauvaises habitudes parlementaristes. L’élection présidentielle n’est pas une élection de « parti » mais d’homme ou de femme. Engager, avant le 1er tour des négociations avec les autres partis afin de constituer, après les élections législatives, une majorité parlementaire est d’une bêtise sans borne si la contrepartie de base n’est pas le retrait initial des autres candidats. Qu’est ce que François Hollande entendait tirer des négociations, toujours difficiles, avec les Verts ? les lambeaux de l’électorat d’Europe Ecologie qui ne votera pas pour Eva Joly ?  il n’y avait en fait rien à gagner pour la présidentielle et tout à perdre en termes d’image et de stature. Pire encore, le parti socialiste tenait une occasion inespérée de ramener les Verts à leur triste réalité, celle d’un petit parti qui ne dépassera pas les 5% et dont l’existence ne dépend que du bon vouloir de la rue de Solférino. Une occasion ratée.

Non content de se soumettre à la logique de parti, François Hollande tente d’endossé les habits de « monsieur tout le monde » alors même que c’était déjà sa première faiblesse : l’absence de charisme présidentiel. Hollande le bon camarade plutôt drôle et talentueux mais celui que François Mitterrand et Lionel Jospin ont toujours écarté du Gouvernement. Hollande l’homme sans existence internationale dans une époque où tout semble se jouer à l’extérieur de notre douillet hexagone. Tout l’objectif de ce début de campagne aurait dut être de donner au candidat socialiste cette stature, cette reconnaissance internationale et au lieu de cela on nous sort un slogan épique « le président normal » … pire encore que le « présider autrement » de Lionel Jospin en 2002. Les socialistes sont tellement sures du sentiment de rejet du sortant qu’ils misent toujours toutes leurs campagnes sur l’opposition à l’autre. Pourquoi ne se souviennent ils pas des campagnes de Mitterrand ? « La force tranquille » et la « France unie » ? Des campagnes de rassemblement qui avaient déjà tourné la page précédente…

A suivre

 

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