En vrac mais pas par hasard … un regard politique courroucé sur la gauche

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François Baroin

 

Mais que n’a-t-il dit ce bon François Baroin, gendre idéal de millions de françaises désormais symbole de l’hydre anti-républicaine… moment d’égarement ou fatigue du pouvoir ? Dans les travées de l’Assemblée nationale les oreilles bourdonnent encore : la gauche aurait conquis le pouvoir « par effraction » en 1997. Que signifient ces deux mots exactement ? Une effraction est le  fait de rompre une clôture, de forcer une serrure. C’est ainsi qu’un « vol par effraction » est le fait de prendre quelque chose qui ne nous appartient pas (vol) en forçant ce qui protégeait cette chose (effraction). François Baroin a déclaré à l’Assemblée nationale que ce sont « la démagogie », « les fausses promesses » et « les vieilles lunes socialistes » qui ont conduit le PS « au pouvoir par effraction » en 1997. En d’autres termes il considère que ce sont des stratagèmes politiques démagogiques qui ont permis aux socialistes de convaincre les Français de voter pour eux…

Alors bien sur, comme d’habitude, les parangons de la vertu républicaine sont montés sur leurs ergots pour dénoncer le propos comme une insulte à la France, aux Français et à cette République qu’ils ont tant galvaudée. Ce sont ces mêmes défenseurs du vote citoyen qui descendaient dans les rues au soir du 21 avril 2002 pour dénoncer le résultat de l’application de ce même droit. Morale bien changeante en fonction d’idéologies qui se drapent d’une bienséance démocratique où la pratique du doigt d’honneur républicain est plus supportable que l’exactitude lexicologique.

On peut être en désaccord avec l’analyse de François Baroin mais on ne peut continuer à hurler avec les loups. Il n’a jamais parlé de « vol par effraction » ou « d’élections volée » mais « d’élection par effraction », d’une élection gagnée sur des mensonges et du populisme… Il sait de quoi il parle, il avait mené avec succès le même type de campagne au service de Jacques Chirac en 1995.

 

jean-Pierre Chevènement

Dans l’autre assemblée, la Haute, siège un homme qui fait trembler : Jean-Pierre Chevènement. L’actuel sénateur du Territoire de Belfort et ancien ministre de l’Intérieur de François Mitterrand et Jacques Chirac (Gouvernement Jospin) avait déjà été candidat à l’Elysée en 2002. Il avait recueilli 5,3% des suffrages et avait été accusé, à l’époque, d’avoir participé à l’éviction du Parti socialiste du second tour de la présidentielle, au profit du FN. La leçon est encore dans toutes les mémoires et c’est aujourd’hui en homme seul voire esseulé que le Che se lance dans une bataille présidentielle perdue d’avance, son dernier combat qu’il veut au service des Francaix, «  pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous. »

Les défis de Jean-Pierre Chevènement ne sont en fait pas très « hauts » du moins socialement et moralement … C’est 20 minutes qui me l’apprend ce matin et j’ai du mal à en croire mes yeux :  «Malgré les demandes répétées de la Ville de Paris, Jean-Pierre Chevènement refuse de quitter le logement social qu’il occupe depuis 1983, rue Descartes, dans le Ve arrondissement de la capitale, à deux pas du Panthéon. Quelque 120m2 de surface pour un loyer de 1 519 €, soit moins de la moitié du prix du marché», a écrit hier lefigaro.fr. «Chevènement le soutient mordicus : il ne commet rien d’illégal en occupant un logement social», poursuit le quotidien. «Ce n’est pas une question de légalité, c’est une question de justice sociale», a indiqué à lexpress.fr Pierre Aidenbaum, le président de la Régie immobilière de la Ville de Paris et maire PS du 3e. «Le maire socialiste note qu’avec son indemnité parlementaire de 5 700 € et sa retraite d’ancien ministre, Chevènement, assujetti à l’impôt sur la fortune, selon ses opposants belfortains, a largement les moyens de se loger ailleurs dans Paris»… Cela ne mérite même pas de commentaire mais je tiens à votre disposition une bassine si vous avez, comme moi des nausées …

 

Cécile Duflot

Pour en finir avec la politique à la veille de ce long week-end, vous savez peut-être que dans le cadre des négociations de haut vol entre le parti socialiste et les Verts se prépare la répartition des circonscriptions législatives post élection présidentielle. A Paris, la porte parole écologiste (ou présidente je ne sais plus le titre exacte) Cécile Duflot souhaiterait trouvée une zone d’atterrissage qui pourrait être la nouvelle 5ème circonscription qui rassemble les 3ème et 10ème arrondissements. Le problème est multiple pour ce parachutage de celle qui finalement s’est fait élire conseillère régionale dans le 94… Première difficulté, le siège est actuellement occupé par Tony Dreyfus, ancien maire du Xème arrondissement. Si son départ est envisageable, le siège est préempté par l’actuel maire du Xème, Rémy Féraud, qui n’est autre que le patron du parti socialiste à Paris. Il estime que “c’est un parachutage d’une dirigeante nationale pour en fait préparer les élections municipales de 2014, à un moment où nous dénonçons le parachutage de François Fillon à Paris”.

Autre difficulté, la députée de l’actuelle 1ère circonscription dans laquelle on retrouve le 3ème arrondissement qui sera intégré à la nouvelle 5ème circonscription est Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche de Jean-Luc Melenchon… C’est une ancienne des verts, parti qu’elle quitte en 2009 car en désaccord avec la ligne politique de … Cécile Duflot ….

Enfin, il y a un homme qui n’entend pas laisser ce parachutage s’effectuer, c’est le maire de Paris lui-même, Bertrand Delanoë … vraiment Cécile je sais bien que le Val de Marne ca va être compliqué, que tu es arrivée en 5e position (à 12,09%) dans ta propre ville lors des régionales de 2010 mais quand même tu retrousses tes petites manches et tu vas au combat … On attend des écologistes qu’ils fassent de la politique autrement, pas qu’ils se contentent de blablater sur les médias et sur twitter ….

 

2 thoughts on “En vrac mais pas par hasard … un regard politique courroucé sur la gauche

  1. Moi-même j'étais monté sur mes grands chevaux avec cette histoire d'effraction mais plus j'y réfléchis et plus je me dis que ton analyse est la bonne. Après, que l'on partage ou non l'avis de Baroin, c'est une autre affaire.

    Concernant Chevènement, comme le dit parfaitement le maire du 3e, ce n'est pas une question d'illégalité (puisqu'apparemment ce qu'il fait est légal) mais une question de justice sociale ; bref, je veux bien une bassine…

    Enfin, Duflot et Fillon, il est possible que ce soit le même cas de figure : arriver à se caser pour l'après mai-2012. Quant à ces marchandages entre EELV et le PS, je trouve ça assez indécent de le faire avant même les résultats du premier tour ; à la fois, s'ils le faisaient en privé, sans le dire aux citoyens, ce ne serait peut-être pas mieux non plus ; bref, je pense que ce qu'ils sont en train de faire maintenant, c'est ce qui doit se faire pendant l'entre-deux-tours et pas avant. Et je me demande : les marchandages ne vont que dans un sens, à savoir que EELV rallierait le PS en cas de victoire au premier tour, ou ils réfléchissent aussi à l'hypothèse du PS qui rallierait EELV s'ils passaient le premier tour ?

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