Etats-Unis, une élection pour les nuls

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Herman Cain et Rick Perry
Herman Cain et Rick Perry

C’est une grande tradition des candidatures républicaines à l’élection présidentielle américaine : c’est toujours le plus con qui gagne. Certains se rappellent peut être du candidat qui affrontait Bill Clinton en 1996, Bob Dole , et qui dans sa fougue épistolaire avait répondu à une invitation de l’institut Goethe : « Cher Monsieur Goethe » … no comment

A ce petit jeu là il y a, cette année, de sérieux prétendants du coté du parti éléphantesque : Rick Perry et Herman Cain. Rick Perry est le gouverneur du Texas depuis 2000, poste auquel il a succédé à George W. Bush. A l’origine il est membre et élu du parti démocrate qu’il quitte en 1989. C’est de cette expérience que date une certaine méfiance à son égard de l’aile conservatrice du parti républicain. Et pourtant Perry donne des gages, il est opposé au mariage homosexuel, favorable à la peine de mort, défenseur des droits des Etats contre l’union fédérale et surtout adepte du conservatisme fiscal, en d’autres termes « ultra-libéral ». Enfin, il a fait adopter une loi au Texas obligeant tout médecin de l’État à montrer l’échographie de son fœtus à une femme voulant pratiquer une IVG, et à lui faire écouter ses battements de cœur… glauque non ?

Jusque là rien de bien anormal pour un candidat républicain, il a l’expérience du pouvoir et les convictions relativement bien ancrées mais le problème apparait quand il prend la parole en public. Ainsi, il y a cette vidéo du gouverneur du Texas qui apparait tellement en forme lors d’un discours que certains ont cru qu’il était ivre.

Une semaine plus tard, le 9 novembre il a pour le coup vécu un énorme moment de solitude en plein débat télévisé sur la chaîne CNBC.
Interrogé sur ses solutions pour réduire les dépenses publiques, il annonce qu’il souhaite fermer trois ministères. Mais au moment de les citer, il est pris d’un énorme trou de mémoire. “Je peux vous dire qu’il y a trois agences gouvernementales que je supprimerai : le commerce, l’éducation et… Quel est la troisième déjà ? Il y a le commerce et voyons… Non, je ne me souviens pas de la troisième. Désolé” Il en conclut “Oups”.

“RIP Rick Perry” : Les détracteurs du gouverneur texan reprennent massivement la bourde du républicain. A l’instar de Ron Paul, les rivaux de Rick Perry à la primaire républicaine ont diffusé la vidéo sur leur page de campagne YouTube. La bourde de Rick Perry engendre même quelques détournements. Pour illustrer les secondes de silence, des internautes se sont amusés à placer des extraits du célèbre même Keyboard cat, entre les blancs de l’intervention du gouverneur. Sur Twitter, les internautes ont repris le mot “Oups” et ironisent sur l’explosion en plein vol de sa campagne électorale, rapporte The Daily Beast. “RIP à la campagne présidentielle de Rick Perry. Heure de sa mort : 20 h 15. Last words : ‘Oups’.”

C’est en suite au tour d’Herman Cain; Mais si vous savez qui c’est! Il s’agit de l’autre candidat noir, le conservateur, celui qui pour le coup ne nous fait pas rêver du tout ! Patron de Godfather’s pizza, il ne connait rien à la politique et pourtant il rattrape son retard à partir de septembre 2011 et talonne de peu le favori des sondages Mitt Romney à partir d’octobre. Conservateur, il séduit le mouvement Tea Party tout en faisant vibrer la fibre américaine sensible aux parcours de self-made man.

Sa campagne commence à prendre l’eau avec des accusations de harcèlements sexuels. Il aurait ainsi cherché à obtenir des faveurs sexuelles contre des offres d’emplois à l’époque où sa seule ambition était de vendre plus de pizzas …

Cette semaine, Cain n’est plus apparu simplement comme un potentiel obsédé sexuel, il a montré une autre facette de sa personnalité, il ne connait rien de rien à l’actualité internationale !

Ainsi le site Europe 1 nous relate l’affaire :

Herman Cain, l’un des favoris à l’investiture républicaine pour la Maison-Blanche, a trébuché lundi sur la question d’un journaliste portant sur la Libye et la politique adoptée par Barack Obama lors du soulèvement contre le dictateur Kadhafi. Et l’interview de cinq minutes menée par leMilwaukee Journal-Sentinel publié dans le Wisconsin a très vite fait le tour d’Internet et du site de microblogs Twitter avec le mot-clé#cainwreck (le naufrage de Cain, ndlr).
A la question de savoir s’il approuvait ou non la politique de Barack Obama en Libye, Herman Cain a d’abord répondu par un long silence. Puis par un “Ah, la Libye”… “Le président Obama a soutenu le soulèvement. C’est bien ça ? Le président Obama a demandé le départ de Kadhafi. Je veux juste m’assurer que nous parlons bien de la même chose avant de dire si je suis d’accord ou non”, a-t-il dit ensuite.
“Je ne suis pas d’accord avec la manière dont il a géré et pour la raison suivante”, a-t-il repris avant de s’interrompre de nouveau : “non, non c’est autre chose. Il faut que je recommence et que je rassemble toutes les informations qui bouillonnent dans ma tête”.

L’incapacité d’Herman Cain à répondre à une question élémentaire d’actualité a stupéfait bon nombre d’experts…
Voici en tout cas une campagne électorale qui promet d’être de haut niveau !

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