2011 un regard sur l’outre-mer

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Peut être ne le saviez vous pas mais l’année2011 aété dédiée parla Républiqueà l’outre-mer français dans toute sa diversité. L’expression exacte est d’ailleurs « 2011, année DES outre-mer » sans « s » final par une subtilité orthographique qui m’échappe par ailleurs.

Aimé Césaire, poète symbole de l’outre-mer, décrivait ces petits bouts de France ainsi : « Ce ne sont pas des paysages, ce sont des pays, ce ne sont pas des populations, ce sont des peuples ». Diversité et reconnaissance des différences sont ainsi les maîtres mots de ces festivités qui sont, reconnaissons-le, passées relativement discrètement aux yeux de nos concitoyens métropolitains. Et pourtant l’outre-mer est une richesse trop délaissée par la métropole. Pour Daniel Maximin, « Ce que l’Année des Outre-mer peut contribuer à éclairer tout au long de 2011, aux « six coins » de l’Hexagone comme partout en Outre-mer, c’est la place ancienne de ces régions dans l’histoire de la France, leur présence établie depuis l’avènement de la République et de la citoyenneté, et la création d’identités culturelles spécifiques tissées des rencontres transocéaniques entre les deux, trois ou quatre continents de leurs origines, selon qu’elles se situent dans l’Atlantique, l’Océan indien ou le Pacifique. »

l'outre-mer place de la Nation
Place de la Nation, le SMA le 14 juillet 2011 (par IGTBB)

L’outre-mer dépassé l’indifférence de la multitude culturellement feignante pour distiller ici ou là les marques de son existence. Souvenez vous le 14 juillet dernier, place de la Nation à Paris, le Service Militaire Adapté se présentait aux parisiens petits et grands. Ils découvraient que l’Etat et l’Armée poursuivaient à des milliers de km de là une véritable action de réinsertion sociale avec pour fondement des valeurs aujourd’hui souvent oubliées : la discipline, le travail, le drapeau … des mots qui sont en Europe abandonnés par les progressistes au seul profit des réactionnaires mais à quel prix…

Ce même 14 juillet chacun a pu s’émouvoir du Haka de l’armée française du Pacifique qui faisait quand même plus sérieux que le numéro de nos chers pompiers moulés dans des shorts dignes d’un porno des années 70.

Quelques jours plutôt, en cette belle journée du 10 mai, loin des commémorations de la première alternance politique dans la France de la Vème République, notre mémoire est remontée plus loin. Elle est allée auprès de ces hommes, de ces femmes et de ses enfants qui, pendant des siècles, ont été traités comme des bêtes. Bannis de la race humaine depuis la controverse de Valladolid; essentiellement africains; ils sont le symbole de la honte des pays occidentaux; de cette certitude inébranlable d’être toujours la lumière du monde quand, en fait, on transforme ce dernier en un enfer. Oui le 10 mai est avant tout la journée commémorative des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

 Dans le Pacifique on s’est souvenu, on a discuté on s’est battu. Le sang a à nouveau coulé en Nouvelle-Calédonie alors que se mêlaient les discordes socio-économiques et oppositions tribales. On s’est souvenu de l’histoire commune et de ses drames. Oui, l’Ordre et la Morale n’a pas été un grand succès de cinéma, peut être à cause de la piètre qualité des acteurs, surement parce que les Français sont las du malheur. Et pourtant il faut se souvenir, reconnaître nos errements communs pour mieux construire un avenir collectif…

L’outre-mer n’est pas un confetti d’Empire, c’est la France, une France qui se revendique, une France non pas par habitude mais par choix. Mayotte en est le brillant exemple. Voici un territoire qui se bat depuis les années 70 pour qu’on lui reconnaisse le droit de choisir son destin, le droit de choisir la France… c’est chose faite aujourd’hui mais pour combien de temps ?

 Si 2011 a été une année de mise en avant pour l’outre-mer, je formule un vœu pour 2012 ; que ce soit l’année qui engage le processus de normalisation ; que nos compatriotes ultra-marin soient enfin à égalité avec ceux de métropole, en droits comme en devoirs. J’espère que l’on cessera de glorifier la différenciation, maître mot de l’action de l’Etat et des élus locaux depuis 2003 au profit de l’égalité.

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