Carnets de campagne : faire sauter la République part 4

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Les épisodes précédents sont ici : 1er épisode 2ème épisode 3ème épisode

Nous sommes le 6 mai 2012, il est 20H10

Henri Guaino

Henri Guaino domine le Président de son mètre 90 et déclame le projet de discours que devra prononcer Nicolas Sarkozy dans quelques heures « la France a besoin d’un Président à temps plein » il n’est pas très inquiet, aucune chance qu’il reconnaisse le plagiat du discours que Richard Nixon prononça le 9 aout 1974. Et puis celui là n’est pas un discours de renoncement mais de résistance. Il veut que Sarkozy se batte, qu’il montre aux Français que le capitaine ne faiblit pas dans la tempête et que quoi qu’il arrive, il les aura défendu jusqu’au bout.

Le capitaine … il est là défait et en rage. Lui qui mena la bataille internationale contre la crise économique, le sauveur de l’Europe et de l’Euro, le pourfendeur des injustices et de la délinquance… lui dont le destin présidentiel est mis en cause par ceux là même qu’il a tant servi.

Il grommelle dans sa barbe naissante, ces poils poivre et sel qu’il déteste tant : «  tu te rends compte quand même comme ils sont cons ? Ils se foutent eux même dans la merde. La seule chose qu’ils méritent c’est que je me casse, que je les laisse tomber, que je les abandonne aux mains de ce fils de pute et de ses communistes à la con. ». Le Président est pris d’un hoquet et laisse tomber à ses pieds son verre de Virgin Cola Diet sans caféine

Guaino à l’habitude des crises présidentielles, il continue comme si de rien n’était : « Aujourd’hui, la peur est revenue.  Chacun de nous la sent cette peur. Celle qui détruit la confiance, qui nous mène parfois aux pires extrémités. Mais je vous le dis dans les yeux, mes chers compatriotes, n’ayez pas peur de l’avenir, n’ayez pas peur de la liberté parce que quoi qu’il advienne, je ne vous abandonnerai pas »

Pendant ce temps 15 millions de français assistent ahuris à la soirée électorale inédite qui se déroule sur les plateaux de télévision. 15 millions…Nonce Paolini, président de TF1 n’en revient pas, c’est plus que la finale de la coupe du monde et pour un programme quasiment gratuit. Il hurle littéralement sur Laurent Solly, Directeur Général de TF1 Publicité pour qu’on renégocie immédiatement le cout de la minute de publicité en seconde partie de soirée. Sur M6, Nicolas de Tavernost a fait interrompre la retransmission de Déco pour créer de toute pièce une soirée électorale « alternative, décalée et 2.0 ». Les journalistes reçoivent Hervé Morin, l’homme qui à renoncer à faire don de sa personne à la France quand en janvier 2012 les sondages le créditaient de 0,1% des voix avec une marge d’erreur de … 3%.

Une soirée électorale inédite aussi de par son contenu car si France 2 et Arte restent bloquées sur un 50/50 dans l’attente des résultats des grandes villes, TF1 donne la victoire à Nicolas Sarkozy avec 51% des suffrages alors même que France 3 annonce le même score pour Jean-Luc Mélenchon. Sur le plateau de la chaine des régions Laurent Fabius et Alain Juppé ont la mine grave. Chacun se déclare prêt à assumer les responsabilités qui leur incomberont de par leur « expérience » et leur « légitimité ».

Fabius ne fait pas dans la dentelle : « chacun sait maintenant que le vainqueur de cette élection ne sera qu’un président par défaut, un homme de passage, fruit d’illusion mensongères ou de peurs incontrôlables. Chacun sait désormais que nous entrons dans une période de turbulences pour la démocratie, une période qu’il ne faudra pas voir s’achever dans la rue. Un retour aux urnes sera nécessaire dans les plus brefs délais et ce jour là, au nom de la gauche de gouvernement, j’assumerai mes responsabilités d’héritier de François Mitterrand. »

 

 

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