Génocide arménien : politique et histoire ne font pas bon ménage

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le génocide arménien
Le génocide Arménien

Une proposition de loi d’une députée UMP des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, vise à réprimer la contestation des génocides reconnus par la loi, dont le génocide arménien (1915-1916). Elle sera étudiée par l’Assemblée nationale le 22 décembre. Il s’agit là d’une nouvelle incursion de la politique dans les domaines très particulier de l’histoire, de la liberté de pensée et d’étudier.

Ainsi, non contents de nous dire ce à quoi nous avons le droit de croire, certains élus veulent pouvoir nous faire condamner quand nous exprimons des idées divergentes, devenues déviantes.

 Derrière la question de principe s’affiche un combat politique plus ancien. Avant son élection en 2007, Nicolas Sarkozy avait promis aux représentants de la communauté arménienne de France de faire voter une loi réprimant spécifiquement la négation du génocide de 1915, reconnu en 2001 par la loi française. Il avait accompagné cette promesse d’une autre plus spécifique : il s’opposerait par tous les moyens à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

 Si la première promesse fut abandonnée au grand dam de la communauté arménienne de France (un demi millions d’électeurs) la seconde est appliquée à la lettre par le Gouvernement qui bloque inlassablement les négociations d’adhésion.

Voici qu’à six mois de la présidentielle la loi réprimant la non-reconnaissance du génocide arménien refait surface … certains diront qu’il était temps mais je ne suis pas l’un de ceux là. Si j’ai bien conscience de la douleur ressentie par ceux qui sont nés avec pour seul héritage le massacre de leurs ancêtres ; un génocide nié et impuni ; je ne peux concevoir que l’Histoire soit dictée dans des institutions politiques par nature injustes et inéquitables. Pour se clarifier l’histoire a besoin d’objectivité, de calme, de la sérénité des chercheurs et pas des passions de la vengeance et de la haine.

 Réprimer le refus de reconnaître ce génocide est aussi vain que de vouloir fixer par la loi le bilan de la colonisation de l’Algérie. C’est vain et dangereux car au-delà de la flatterie de quelques électeurs reconnaissants cela enferme nos relations diplomatiques dans le passé et les douleurs de l’histoire commune.

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