Intouchables : le racisme français vu par l’Amérique

Share
Mr JAY WEISSBERG who thinks that the french audience is stupid enough to not realize that Untouchable is a racist movie
Mr JAY WEISSBERG who thinks that the french audience is stupid enough to not realize that Untouchable is a racist movie

En fait je n’avais pas envisagé de parler du phénomène « Intouchables » parce qu’on n’enfonce pas une porte ouverte : oui c’est un film sympathique, drôle et plein de sensibilité. Oui c’est un vrai succès qui n’a certainement pas besoin que mon jugement rejoigne celui de millions de français et de milliers de blogueurs patentés… En gros on passe un bon moment de cinéma, ni plus, ni moins… et pourtant il y a des tristes sires …

Non je ne vous parle pas des critiques de Télérama, du Monde ou de Libération … même si c’est un article que ce dernier journal qui a attiré mon attention … Non cette fois je vais vous parler des critiques américains qui nous sortent le grand jeu du politiquement correct : tenez vous bien le film Intouchables est … Raciste !

Je cite Jay Weissberg dans Variety : « Though never known for their subtlety, French co-helmers/scripters Eric Toledano and Olivier Nakache have never delivered a film as offensive as “Untouchable,” which flings about the kind of Uncle Tom racism one hopes has permanently exited American screens. The Weinstein Co., which has bought remake rights, will need to commission a massive rewrite to make palatable this cringe-worthy comedy about a rich, white quadriplegic hiring a black man from the projects to be his caretaker »

En français dans le texte cela donne « Bien qu’ils n’aient jamais été connus pour leur subtilité, les réalisateurs et scénaristes français Eric Toledano et Olivier Nakache n’ont jamais produit un film plus offensant qu’Intouchables, qui flirte avec un racisme digne de la Casede l’Oncle Tom, qu’on avait espéré ne plus jamais revoir sur les écrans américains». The Weinstein Co., qui a acheté les droits en vue d’un remake, aura besoin de procéder à une réécriture totale afin de rendre acceptable cette comédie repoussante où un riche blanc tétraplégique embauche un homme noir comme homme à tout faire. »

Jay Weissberg en rajoute des tonnes considérant que le personnage de Driss est « traité comme un singe de compagnie (avec toutes les insinuations racistes que comporte ce mot), qui apprend au blanc coincé à s’amuser, en remplaçant Vivaldi par Boogie Wonderland, et en lui montrant comment on bouge sur la piste de danse. C’est pénible de voir Sy, un acteur joyeusement charismatique, dans un rôle qui se détache à peine de l’époque de l’esclavage, dans lequel il divertit le maître blanc, en endossant tous les stéréotypes raciaux, et de classe»

Ah oui quand même notre ami critique voit bien loin et cela même s’il oublie que si la France a sa place honteuse dans l’histoire de l’esclavagisme, elle n’est pas comparable à celle qu’occupe la ségrégation dans l’imaginaire de chaque américain. Aucun Français vivant de nos jour n’a connu l’esclavagisme où son corollaire moderne, la ségrégation, alors que chaque américain de plus de 50 ans a cette situation inscrite dans sa mémoire. Mais pour Jay Weissberg la cause de notre myopie amorale est ailleurs …«Tout est fait pour provoquer les rires, et comme Sy est un acteur très performant, que les blagues ne déçoivent pas,Intouchables pourrait séduire un public qui ne réfléchit pas trop, le tout dans une atmosphère détestable». Et vlan dans ta face public Français, tu aimes un film raciste mais ce n’est pas de ta faute c’est parce que tu es stupide

Allez n’en faisons pas des tonnes je vous propose simplement de retrouver la fin de l’excellente et juste critique du film par Sylvie Granotier publiée dans Libération :

« Trouver Intouchables à la fois sadique et mièvre (lire «Intouchables, Cendrillon des temps modernes», dans Libération du 29 novembre) est un paradoxe qui m’a laissée songeuse, à moins que cela ne pointe un véritable tour de force dont je n’étais pas consciente.

Je ferais bien un détour par une analyse du cliché, dont l’essence même est d’être banal parce que reposant sur du banalement vrai, et de l’intérêt des variations qu’il permet mais je manque d’espace pour cela.

En revanche, je n’aime pas être jugée, moi et sept millions de mes camarades spectateurs, assez sotte pour confondre conte de fées et réalité. Mon goût pour la réalité n’empêche pas que j’aime les contes de fées.

J’ai la naïveté de croire, c’est vrai, qu’il faut rêver la vie pour la transformer et que représenter, comme Capra l’a fait, un monde qui n’existe pas, peut le rendre meilleur, tel qu’on est heureux de se retrouver si nombreux à le souhaiter.

Je conseille à tous de regarder le très divertissant cours d’éducation civique qu’est la série A la Maison Blanche qui nous montre avec intelligence ce que pourrait être la politique et d’aller voir l’Exercice de l’Etat qui, sans manichéisme, raconte ce qu’elle est. Ce sont des bons films. Comme Intouchables. »

12 thoughts on “Intouchables : le racisme français vu par l’Amérique

  1. Euuuh explique moi tu veux quoi au fait ?!!! C'est pas de la philo ici c'est un débat donc va là-bas

  2. Euuuh Vérity tu crois vraiment que ce que t'as dit c'est intelligent hein ?!! Tu te crois frais tebei !!

  3. En tant que cinéphile américain, je vous assure que la fausseté des propos de Mr. Weissberg vont être démontrée dès la première projection du film devant un public noir américain.

  4. Je viens d’aller voir ce film aujourd'hui au cinéma, après avoir temps entendu parlé de ce film.

    Je ne vois pas une once de racisme dans ce film, il est magnifiquement orchestré, j'ai été très ému par ces acteurs.

    Ce journaliste n'a rien compris du cinéma français, ce film est un pur chef-d’œuvre, on verra en été les autres critiques US !

  5. Intouchables : pourquoi fallait-il un noir en face de ce blanc tétraplégique ?

    ——-

    Une vraie dynamique, quelques idées de cinéma, d’aucuns parleront de « bon boulot » à propos du film « Intouchables ».

    Mais… si les réalisateurs ont su le plus souvent éviter les pièges tendus par un scénario à haut risque – ceux, entre autres, du pathos, des larmes et des stéréotypes raciaux et de classes -, contrairement à ce qui a pu être écrit ici et là, pas de bien-pensante dans ce film pour la simple raison qu’on n’y trouvera aucune pensée, et c’est déjà ça de gagner ou de sauver s’empressera-t-on d’ajouter car, le travail passé des scénaristes-réalisateurs est là pour l’attester, si par malheur ces derniers avaient souhaité y prétendre… c’est bien avec une catastrophe qu’on aurait eu rendez-vous.

    Dans « Intouchables » sans doute pourra-t-on y voir en toute bonne foi, outre le souci de se remplir les poches, le désir sincère de raconter avec honnêteté une histoire… vraie.

    Conte de fée sans morale (1) – référence au fait qu’il n’y a pas de pensée -, on pourra quand même regretter que les réalisateurs Toledano et Nakache aient pour les blacks de banlieue (2) qu’un seul projet : qu’ils torchent, lavent et essuient le cul des blancs…

    Parce que ça, c’est quand même pas très nouveau !

    Sans oublier l’incontournable : « Touche pas à la femme blanche ! » – même sous le prétexte qu’elle puisse être lesbienne.

    Quant à aborder la réalité du handicap et ses implications économique et sociale – conditions de vie, ou bien plutôt… conditions de non vie (3) -, les réalisateurs s’y sont refusés en mettant en scène un handicapé millionnaire.

    Mais alors… à quoi et à qui sert ce film qui n’aborde pas non plus les conditions de vie et perspectives d’avenir d’un français issu de l’immigration d’Afrique noire – hormi le commerce du shit ?

    ***

    Certes, pour l’adaptation au cinéma de La case de l’oncle Tom, les volontaires n’ont jamais manqué à l’appel, et Omar Sy (4) semble fin prêt pour une nouvelle adaptation du roman de l’écrivain américaine Harriet Beecher Stowe dont les premières feuilles ont été publiées en 1852…

    Mais qu’en 2011 un acteur prête son concours à un tel projet, c’est déjà en soi une belle déception car enfin… difficile de ne pas se poser la question suivante : pourquoi fallait-il un noir en face de ce blanc tétraplégique et millionnaire de surcroît ?

    ————————-

    1 – Personne ne sortira "meilleur" de la projection de ce film. On peut sans doute, et tout juste, affirmer que les spectateurs ont été heureux de s’être laissés porter ( balader ?) par un conte pour adultes certainement pas, et de loin, aussi naïf que ces mêmes clients-spectateurs.

    Le cinéma, et la fiction, ce grand sommeil, nous console de la réalité.

    Aussi s’est-il très certainement agi d’une naïveté relative… comme concédée, pour un temps seulement : le temps du film.

    2 – Banlieue dont on ne sait pas quoi faire et que l’on commence à peine à savoir filmer… semble-t-il !

    3 – Une pension de 670 euros par mois, loin des millionnaires qui ont tout le loisir de s’équiper de fauteuils high-tech, sans oublier des soins à domicile 24h/24, entourés d’une flopée de larbins – des femmes en l’occurence ; le film en regorge.

    4 – Canal+ oblige : génération grandes gueules et petites têtes avec un Omar Sy au sourire banania ! (banania -oncle Tom : tout se tient !) Sans aucun doute, le gendre dont nombre de parents rêveront pour peu qu’ils soient contraints d’accepter qu’il soit noir.

  6. pour en revenir à TWW, voici une scène dont ce critique américain aurait bien fait de s'inspirer avant de voir du racisme dans un film où il n'y en a justement pas :

    http://www.youtube.com/watch?v=I0CrZPoXdeE

    dans "intouchables", le personnage noir (arabe dans l'histoire réelle) n'est pas méprisé, il est engagé honnêtement et traité avec respect. Le fait qu'il soit noir (ou arabe) n'a aucune importance, la différence se situant dans le milieu social des deux protagonistes, l'un riche mais paralysé, l'autre pauvre mais plein de vie. Et ce qui importe c'est le choc culturel entre les deux mondes, qui tend à s'amenuiser quand les deux personnages apprennent à se connaître.

  7. @Lina mon sentiment perso c'est que le passage d'arabe à noir entre la réalité et la fiction relève simplement du choix d'acteur, Omar étant la révélation du film … cela t'aurait paru moins choquant si cela avait été avec Djamel? le racisme est il donc réservé aux blacks?

    @Olivia je partage assez ton opinion 🙂

  8. Il ya une grande incomprehension entre l'histoire des Etats Unis qui a connu l'apartheid dans les années 50 et l'histoire de la France….Nous n'avons pas la même vision des choses,on peut juste parler de différence sociale,mais pas de racisme dans le film "intouchables".Je comprends que certains Americains soient encore imprégnés par des clichés liés à l'esclavagisme que nous n'avons pas connus chez nous…. Ce Monsieure doit revoir sa copie!

  9. Une fois j'ai entendu que les français sont prêts à défendre la liberté mais pas l'égalité. C'est très facile de voir les étasuniens comme racistes et ignorer la face caché de la France. Vous allez répondre certainement que la France dans le XX siècle n'a pas connu de ségrégation pareille. Alors je vous réponde que dans l'histoire réel le personnage de Driss était un maghrébin. On ne peut pas penser que le changement opéré est anodin. Je me demande alors quel est le sens. Si c'est un arabe les gens rigolent pas? ou c'est que être drôle est "normal" chez les blacks?

  10. quand je lis ça je vois surtout le racisme américain : au sens où toute leur analyse n'est basée que sur la race, notion qu'ils ne savent pas dépasser, puisqu'ils vont jusqu'à la faire figurer sûr leurs papiers officiels

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *