Je ne vous écrirai plus

Share
Celui qui aspire à une vie paisible s’est trompé en naissant au XXème siècle.
Celui qui aspire à une vie paisible s’est trompé en naissant au XXème siècle.

Les fins d’années se suivent et se ressemblent. Derrière les sapins, les regards émerveillés d’enfants en recherche de rêves ; il y a des lumières qui s’éteignent, des souvenirs qui disparaissent et des vies qui s’arrêtent. C’est une génération qui s’en va comme elle a vécu, tout en discrétion, avec grâce.

 C’est cette génération née pendant ou au lendemain de la première guerre mondiale. Celle qui a survécu à la crise de 29, qui s’est mariée sous l’occupation allemande et qui a construit le miracle économique des années 50 et 60. Cette génération qui élevée par la troisième République fut si heureuse de s’abandonner aux bras protecteurs de la Vème avant d’observer, de loin, la déchéance dans laquelle elle est plongée par ceux qui n’ont que le titre mais pas la stature de successeurs du général de Gaulle.

 Une vie faite de croyances, de certitudes, d’amour sincère, de succès et de petites lâchetés ; une vie qui appartient totalement au siècle précédant, qui le regardait avec regrets ; une vie qui aimait tant partager ses expériences et ses leçons avec les générations suivantes, naturellement pas vraiment au niveau ; une vie simple et joyeuse s’est éteinte.

 En l’apprenant hier soir dans mon appartement douillet de l’est parisien, j’ai fermé un instant les yeux en repensant à cette vie et j’ai eu comme un frisson « je ne vous écrirai plus… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *