Le tyran et le dissident

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Kim Jong Il

L’actualité nous offre parfois des moments uniques où l’histoire se joue de nos sentiments et de nos réactions. L’humour de comptoir propre à quelques hurluberlus en manque de reconnaissance sociale inonde depuis ce matin les pires ondes radiophoniques et les échanges entre internautes sur la disparition du plus grand tyran asiatique de ces dernières années … Kim Jong Il auto proclamé « Cher Leader » d’un peuple opprimé par une même famille depuis 1949… Un homme qui a asservis une population entière, brimée, séquestrée sur sa propre terre, violée idéologiquement depuis la plus tendre enfance. Imaginez que dans ce pays, selon le rapport publié en avril 2009 par l’Institut coréen pour l’unification nationale, le gouvernement pratique l’eugénisme : les nains devaient subir une vasectomie et être mis en quarantaine et dans les années 1980, des opérations contraceptives se pratiquaient aussi sur des femmes de moins de 1,50 mètre. Le travail forcé serait très fréquent au sein « d’un grand nombre de camps de détention ». Les premières photos satellites de ces camps ont été rendues publiques en 2002. En2003, le nombre de travailleurs forcés est estimé entre 150 000 à 200 000. En 2009, des associations, qualifiant ces camps de camp de concentration, estiment le nombre de ces travailleurs à 300 000.

Aujourd’hui le nazi nord coréen est mort laissant derrière lui la tristesse contrainte d’un peuple qui regarde sans espoir monter sur les marches du pouvoir le dernier rejeton de cette sombre dynastie. Imaginons un instant le fils d’Hitler se présenter en leader incontesté sur les marches du Reichstag pendant que toute l’Asie rigole aux blagues potaches de Twitter…

Dans le même temps on en oublierait presque que ce symbole de l’infamie humaine a été emporté dans un souffle juste derrière un symbole européen de renaissance et de démocratie. Un homme qui fut tout à la fois Président, dissident, dramaturge, prisonnier, écrivain, laborantin… Václav Havel … la liberté en tchèque !

Vaclav Havel

Icône de la dissidence anticommuniste, symbole du renouveau de la démocratie en Europe de l’Est, Vaclav Havel a incarné la “Révolution de velours” de 1989 qui a mis fin sans violence au régime totalitaire à Prague. Premier président de la Tchécoslovaquie post-communiste (1989-1992) puis de la République tchèque (1993-2003), il pilota la démocratisation de son pays, puis son adhésion à l’OTAN (1999) et les préparatifs pour l’entrée dans l’UE, conclue en 2004. Ce n’est plus un parcours c’est simplement une épopée politique au service du peuple et de ses droits

Aujourd’hui, les larmes doivent être de remerciements pour un mythe et de crainte pour un peuple.

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