Un regard sur 2011 : la liberté أبحث في عام 2011 : الحرية

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le printemps arabe
Le printemps de la liberté pour les peuples arabes

Adieu 2011 ! voici venir le moment qu’on aime détester … le réveillon sorte de fantasme collectif où chacun est heureux de conclure une année de merde et d’ouvrir ses petits bras à la nouvelle année qui ne pourra pas être pire que la précédente … et pourtant ! A l’heure du bilan il ne saurait être question de faire un choix entre blanc et noir, vous le savez j’apprécie les teintes de gris … j’ai choisi quelques thématiques qui feront l’objet d’articles séparés.

 2011 est l’année des printemps arabes, de ces révoltes saluées voire accompagnées par l’Occident au service de la démocratie dans de nombreux pays de culture et de tradition arabe. Alors bien sur, comme vous, j’ai rencontré ce sentiment merveilleux de vivre l’histoire en direct. De la chute de Ben Ali au procès d’Hosni Moubarak ; de l’assassinat de Mouamar Kadhafi aux révoltes avortées dans les monarchies du Golfe ; j’ai vibré, j’ai craint parfois et surtout je me suis affligé de nos réactions occidentales, de notre incapacité à regarder en face des réalités différentes de celles qui construisent nos certitudes locales.

Comment les observateurs européens ont-ils pu passer du regard angélique glorifiant le phénomène révolutionnaire à la critique des premières élections libres en Tunisie, au Maroc et en Egypte ? Comment n’ont-ils pas réalisé que les statues de commandeurs renversées par les peuples étaient celles de leurs plus sures alliés dans la région et que par conséquent les votes démocratiques allaient porter au pouvoir des partenaires moins malléables aux intérêts occidentaux ?

On hurle avec les loups pour abattre des dirigeants corrompus mais modernistes, on pleure avec les agneaux quand la liberté se livre à une nouvelle génération d’hommes d’Etats idéologiquement incompatible avec nous. Mais l’est-elle vraiment ?

L’exemple de la Turquiedoit être en l’occurrence retenu. Depuis des années maintenant le seul Etat laïc du monde musulman est dirigé par une majorité « islamiste ». J’utilise ce qualificatif à bon escient, au même titre qu’il y a en Italie, en Allemagne ou en France des partis « chrétien » et démocrate. La Turquie est elle pour autant devenue un Etat « islamiste » au mauvais sens du terme ? Pas de nouvel Iran de ce côté-là du monde, ni même d’Afghanistan, juste un choix politique qui se fonde sur deux idées phares : une politique « sociale » et une action « morale ». En d’autres termes, le Maroc,la Tunisieet l’Egypte ont tous trois fait le choix d’un « conservatisme social » comme nous autres, occidentaux, avons pu le faire à différentes périodes de notre histoire.

Nous pouvons tout à fait, en tant qu’observateurs extérieurs regretter ce choix politique mais ce « regret » doit s’appuyer non pas sur notre vision du monde et de nos intérêts mais sur la réalité sociale et politique du pays concerné. Ainsi la vraie question n’est elle pas de savoir si moi, petit parisien j’aurais voté pour les frères musulmans mais si cela est un bon choix pour un cairote !

A titre personnel je comprends pleinement cette volonté des peuples arabes de mettre en avant l’opposition de toujours aux dictateurs. Je comprends ce choix sur le fond et sur la forme car finalement ils ont voté pour les partis qui depuis des années, en silence, s’occupent vraiment des gens sans se soucier de ce que nous autres nous pouvons penser.

En 2012 il faudra s’habituer à une chose nouvelle : les peuples arabes se sont saisis de leur propre destin.

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