J’ai rencontré un Bambou et le SERNAM juste avant la faillite !

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Une année en plus porte en son sein son lot de plaisirs et de désolations mais votre serviteur, contrairement à certaines apparences, aime à se repaître des premiers pour mieux oublier les secondes. Dans ce cadre je peux toujours compter sur l’originalité des cadeaux d’anniversaire de mes chers parents qui, cette année, sentirent le besoin de remplir mes quelques m2 parisiens, d’1m80 de verdure… un bambou semi naturel, semi artificiel qui saurait survivre à l’atmosphère de catacombes de mon appartement.

perdu dans les bambous

L’idée étant agrée voici donc que la pérégrination du Bambou, acheté en lointaine province française commence. Commandé sur Internet le jeudi soir, une livraison express m’est annoncée pour le samedi matin, livraison qui sera annoncée par un coup de téléphone afin que nous puissions prendre rendez-vous…

 Le vendredi, étant en vacance comme n’importe quel fainéant (définition sarkosienne du terme fonctionnaire), je me rends sur les coups de 11h00 au Club med gym le plus proche de chez moi. Une fois arrivé dans les vestiaires voici que résonne à mes oreilles la musique agressive de mon droid… « Bonjour j’ai un paquet à vous livrer » m’annonce une voix peu entrainante … « ah oui et bien à quelle heure comptez-vous venir ? » « Ben maintenant jsuis en bas de chez vous ! » « je vois… il me semble que vous deviez me livrer demain et que vous étiez censé me prévenir avant d’arriver … » « Ecoutez moi j’en sais rien j’ai un colis à vous livrer soit vous le réceptionnez maintenant soit je repasserai la semaine prochaine car le samedi je travaille pas ! » … (souvenez-vous ce sont les fonctionnaires qui sont les fainéants dans ce pays …) « ok attendez moi 5 minutes j’arrive ».

Une fois remballées mes affaires de sport et m’être exercé à la course à pieds le long du Canal Saint Martin me voici devant ma porte à attendre mon gentil livreur qui apparait comme par magie au bout de 10 minutes pose devant la porte de l’immeuble le paquet d’1m80 et m’assène un : « vous signez ici je suis pressé ! »

Gentil consommateur un peu débile, je signe le bordereau et engage mon exercice de musculation pour monter la bête (le bambou) jusqu’au 2ème étage. Nous passons convenablement le test d’effort et la porte d’entrée et là, comme un enfant, je déballe et attrape le premier tronc qui apparait pour extirper l’engin de sa boite quand … le tronc veut bien venir mais pas le socle qui lui est en mille morceau au fond du paquet… le coté artificiel du Bambou a rendu l’âme entre les mains de mon livreur !

J’appelle donc la société expéditrice à l’autre bout du pays pour lui expliquer mon drame, mon livreur peu aimable, ma livraison à la mauvaise date et mon bambou explosé ce à quoi la dame au bout du fil m’explique qu’il faut déballer AVANT de signer le bordereau … certes… mais qu’elle fera une exception. J’envoie une photo du bambou explosé à la boutique je remballe le tout et j’attends un coup de téléphone qui doit m’annoncer l’arrivée prochaine de mon ami le livreur qui récupérera le vieux bambou en échange d’un tout nouveau…

Le vendredi suivant, il est 13h00 et je suis devant la machine à café (oui je suis fonctionnaire) quand le droid se remet à sonner « bonjour j’ai un colis à vous livrer » « oui en effet » « je suis en bas de chez vous » et là je commence à être quelque peu agacé « c’est bien mais vous réalisez peut être que j’ai un travail et que j’ai autre chose à faire que d’attendre chaque jour votre visite ! vous êtes censé m’appeler pour prendre rendez vous ! » « AH ouais faut prendre rendez vous ?? » « oui » « ok ben ce sera pour la prochaine fois » et mon livreur de me raccrocher au nez… nez où la moutarde est désormais bien installée…

En deux temps trois mouvements me voici de retour dans mon bureau d’où j’appelle la société expéditrice à l’autre bout du pays pour partager mon courroux. La dame semble un peu dépitée de la qualité du travail du transporteur SERNAM puisque c’est bien de cette société dont il s’agit ce qui m’explique bien pourquoi elle s’apprête à être déclarée en cessation de paiement … l’incompétence a un cout quand on est une société de services ! Quoi qu’il en soit elle me promet qu’elle va tout régler et en effet quelques dizaines de minutes plus tard le droid s’excite à nouveau mais cette fois je ne peux pas répondre et je découvre sur mon répondeur un message du même livreur dont le ton semble avoir changé « Bonjour monsieur, c’est le livreur j’ai un paquet à vous livrer pourriez vous s’il vous plait appeler le 0150…… pour prendre rendez vous. Merci et bonne journée » … comme quoi il sait aussi parler normalement !

J’appelle le dit numéro et au bout d’une dizaine de tentatives j’arrive à joindre une dame qui me fixe rendez-vous le mercredi suivant pour une livraison entre 10h et 16h … ok je pose une journée de RTT merci Martine Aubry !

Mercredi midi : le droid sonne ! « bonjour c’est le livreur j’ai un paquet pour vous, je suis devant chez vous par contre je vous préviens je monte pas les étages ! » ca commence bien ! « certes mais comment je fais je dois le déballer avant de signer votre papier » « ben non vous signez ca suffit » « ok écoutez je descends » … Je retrouve mon aimable livreur avec un paquet deux fois volumineux que la fois précédente et couvert d’étiquette rouges « TRES FRAGILE » (tu m’étonnes). « Vous signez ici » « Ecoutez je vais monter ce paquet le déballer, vérifier que tout va bien et APRES je signerai votre papier… d’ailleurs vous avez un paquet à récupérer car c’est un échange » « non j’ai rien à prendre » « si je vous assure vérifiez vos documents » le gars retourne au camion revient l’air penaud et me dit « oui j’ai un paquet chez vous » … je me retourne attrape mon bambou et commence à avancer quand le type du SERNAM réalise la bêtise de la situation et se décide à m’aider à monter la bête !

Une fois à la maison, je déballe et pendant ce temps le livreur prévient une charmante dame au téléphone qu’il a son paquet, qu’il arrive mais « je monte pas les étages….. je sais madame… ouais ben si vous êtes pas contente appelez La Redoute… » …cessation de paiement le SERNAM quelle surprise …

MAJ : Le 31 janvier 2012, l’entreprise, propriété de Butler Capital Partners depuis 2006, est placée en redressement judiciaire après une perte de 15 millions d’euros en 2010 pour un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros. Le tribunal de commerce de Nanterre prononce le 13 avril 2012, la reprise des actifs de l’entreprise par Geodis Calberson (groupe SNCF) qui conserve environ 800 postes sur 1441. La marque Sernam n’est pas conservée, les activités étant désormais liées à la marque Geodis Calberson.

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