j’ai rencontré un merveilleux cocu

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François berléand magnifique cocu dans quadrille
François Berléand

C’était un soir de décembre, nous prenions le métro jusqu’à la station Opéra et après quelques pérégrinations venteuses et frigorifiantes, nous trouvâmes le Théâtre Edouard VII car, n’en déplaise aux babines alléchées par le titre à la Ici Paris, c’est bien de théâtre et d’art dont il s’agit.

Le Théâtre Edouard VII, disais-je donc, la maison de Sacha Guitry, celui là même qui tout au long de la première moitié du XXème siècle fut l’inventeur et le réinventeur de la langue française, celui qui fit du « bon mot » un art à part entière.

Auteur prolifique, Guitry a écrit 124 pièces de théâtre et 36 films dont la quasi-totalité, bien qu’étrillés par la critique rencontrèrent un indéniable succès public. Quadrille fut l’un de ces succès au théâtre puis au cinéma qui fera par la suite l’objet de multiple reprises plus ou moins réussies…

C’est pour ma part chez Guitry que j’ai décider d’aller redécouvrir cette pièce de boulevard qui date de 1938 et qui nous rappelle que finalement, mis à part les technologies, nos sociétés n’ont pas beaucoup évoluer.

Le synopsis est le suivant : Le jeune acteur américain Carl Erikson est la sensation du moment. De passage à Paris, il est sollicité de toutes parts et donne un peu par hasard un autographe à Paulette Nanteuil, elle-même actrice reconnue en France mais inconnue de lui. Sous le charme de la jeune femme, il espère la retrouver mais elle lui a donné un faux nom, celui de son amie Claudine André, journaliste. Il se trouve que Carl Erikson a rendez-vous pour une interview avec Philippe de Morannes, rédacteur en chef de “Paris-Soir” et par ailleurs, amant de Paulette. Pour le remercier de lui avoir accordé un entretien, Philippe se fait malgré lui le complice du destin en lui offrant une place pour aller voir le soir même le spectacle dans lequel joue Paulette. Carl va la voir dans sa loge, et Paulette, séduite, passe une nuit avec lui. Doit-elle quitter Philippe ou rompre avec Carl ? Et Philippe succombera-t-il aux charmes de Claudine, laquelle n’est elle-même pas insensible au charme du jeune acteur ?

Alors bien sur, des portes claques ; c’est un boulevard, encore un direz vous mais vous vous égarez. Coincé entre deux manteaux de fourrures et derrière une perruque mal accrochée j’ai assisté à l’origine du Boulevard, pas à sa mièvre copie. On est là à la fondation de cette mode avec la qualité des œuvres d’autres stars du genre tel Anouilh. Oui Monsieur Télérama, j’aime Guitry ! J’aime son style, son phrasé déjà précieux dans les années 30. J’aime son cocu magnifique Berléand qui, loin des abonnés à ce rôle, donne une malice qui sonne juste, porte un regard amusé mais pas dédaigneux à la Arditi.

Sacha Guitry sera en haut de l’affiche au moins aussi longtemps qu’il y aura des cocus à Paris, autant dire qu’il y sera éternellement…

« Ce qui m’exaspère, c’est de penser que ce Monsieur sait maintenant de quoi je me contentais. » Sacha Guitry

 

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