Les primaires républicaines, la course est lancée en Iowa (2012)

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Rick Santorum crée la surprise en Iowa
Rick Santorum crée la surprise en Iowa

Ce matin, en vous réveillant, vous avez probablement entendu sur votre radio préférée des annonces successives de vainqueurs différents de la toute première primaire en vue de l’élection présidentielle américaine de 2012.

Finalement, c’est Mitt Romney qui a été déclaré vainqueur avec 8 voix d’avance par le patron des républicains de l’Iowa à 8h37. Il l’emporte avec 30 015 voix, vs 30 007 pour Rick Santorum, candidat réactionnaire et religieux.

La spécificité des primaires de cette édition est qu’elles se déroulent uniquement dans le camp républicain puisque personne ne s’est présenté contre Barack Obama en vue d’obtenir l’investiture du parti démocrate.

Alors une primaire, comment ça marche ?

Comme l’élection du Président, la désignation du candidat se fait au suffrage universel indirect, ainsi, dans chaque Etat les électeurs votent pour des grands électeurs qui eux-mêmes désigneront symboliquement le candidat lors de la convention nationale du parti républicain à la fin du mois d’aout. Jusqu’à l’année dernière chez les républicains, le vainqueur d’un état raflait la totalité des délégués. (The winner takes all). Cette année, le principe est un peu différent, des « éléments de proportionnalité » ont être ajoutés ce qui peut in fine faire la différence si deux candidats arrivent au coude à coude ce qui a donc été le cas lors de la 1ère primaire dans l’iowa ou les deux candidats arrivés en tête ne sont séparés que de 8 voix. Le truc à savoir c’est que tant du côté démocrate que républicain, le vainqueur de la primaire de l’Iowa n’est pas toujours celui qui gagnera la primaire nationale. Ainsi en 1992 Bill Clinton n’obtient que 3% des voix contre 76% à Tom Harkin…

Traditionnellement c’est néanmoins dans ce petit Etat plutôt conservateur du Middle west que les primaires républicaines débutent le 3 janvier. Depuis 1932, les 7 grands électeurs de l’Iowa ont été 9 fois du côté des Démocrates, notamment en 2008 pour Obama, et 11 fois du côté républicain. Dans l’Iowa il ne s’agit néanmoins pas d’une « primaire » mais d’un « caucus ». La différence entre les deux est relativement simple : dans le premier cas on va dans un bureau de vote et on glisse un bulletin dans une urne. Dans le second on vote avec ses pieds !

Les électeurs se réunissent en soirée dans des centaines de gymnases ou écoles ; ils se répartissent dans la salle en fonction de leurs affinités. Le coin Mitt Romney, le coin Ron Paul, le coin Newt Gingrich etc… Le capitaine de Caucus lance le vote: Il compte le nombre de personnes dans chaque coin. Chez les Républicains, ça s’arrête au premier tour. Les démocrates ont pour leur part un sens plus aiguisé du suspens et des retournements de situation, en tout cas quand ils organisent des primaires. Les candidats qui récoltent le moins de voix sont hors course pour le tour suivant. Au second tour les candidats encore en lice (ou leurs représentants) vont à la pêche aux voix pour faire venir, à coups de promesses, souvenirs d’enfance ou de gâteaux, ceux qui avaient voté au 1er tour pour un candidat éliminé. Les électeurs se déplacent alors dans le coin de leur second choix. Et ainsi de suite. C’est une procédure qui a lancé la campagne d’Obama en 2008 au détriment d’Hillary Clinton partie en tête et qui finit à la 3ème place.

Le calendrier

Pour cette année les prochaines étapes sont le New-Hampshire qui vote le mardi 10 janvier puis, le 21 janvier, viendra le tour de La Caroline du Sud et celui de la Floride le 31 janvier. Le tournant de la campagne aura lieu cette année le 6 mars lors du super Tuesday. Ce sont 10 états qui votent le même jour. Le processus de désignation se poursuit jusqu’en juin même si, sauf cas exceptionnel comme au sein du parti démocrate en 2008, le vainqueur est déjà connu et peut entamer bien avant la convention nationale sa campagne contre le président sortant.

Obama peut il perdre ?

Vu de ce côté-ci de l’Atlantique Barack Obama est déjà réélu. Le souvenir de son prédécesseur a laissé pour très longtemps aux européens un sentiment de dégout pour le parti républicain et ses candidats. Mais une fois encore les Américains ne partagent pas ce sentiment. Si Obama est largement en tête dans les sondages, il doit affronter une situation économique sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. Son bilan social et économique est jugé mauvais par la majorité des américains et s’il devait affronter une personnalité républicaine jugée économiquement fiable tel Mitt Romney alors il pourrait être en difficulté.

Le « Yes we can » s’est écrasé sur le mur de la crise économique mondiale et a été freiné par la victoire des Républicains au Congrès en 2010. Beaucoup de réformes n’ont pas abouti et le bilan en termes de politique étrangère est faible. La guerre en Afghanistan s’enlise, le retrait des troupes d’Irak se fait dans une atmosphère quasi-Vietnamienne et le Président Obama n’a pas été capable de faire avancer les choses en Palestine.

Ainsi, si Obama est le favori du scrutin, comme n’importe quel président sortant, il n’a pas « course gagnée ». Pour mémoire, en janvier 1992, Georges Bush père, auréolé de la victoire lors de la première guerre en Irak, caracolait en tête des sondages avec un taux d’approbation de son action proche de 80%. En novembre il fut battu par Bill Clinton, bien que cela fut dans le cadre assez exceptionnel d’une triangulaire.

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