Aux Etats-Unis le parti républicain se tourne vers sa droite

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Article via les échos écrit par Pierre de Gasquet

Rick Santorum et Mitt Romney

Le « sauveur » des JO de Salt Lake City sera, ce week-end, dans son fief mormon. Dix ans après les JO d’hiver, Mitt Romney a tenu à marquer l’anniversaire de sa présence dans la capitale de l’Utah. Mais le vrai test pour ses ambitions présidentielles sera plutôt le 28 février dans le Michigan, le berceau de l’industrie automobile traumatisé par la récession.

Bien que devancé par son rival ultra-conservateur Rick Santorum dans les derniers sondages (Pew center), à 30% contre 28%, c’est dans cet Etat-bascule, dont son père fut le gouverneur dans les années 60, que Mitt le Mormon va devoir prouver qu’il reste le candidat le « plus éligible » dans la course à la nomination républicaine.

Après trois revers successifs, Mitt Romney a remporté de justesse le caucus du Maine, le 11 février, face à son rival Ron Paul. Prévisible (dans un Etat voisin du Massachusetts), ce succès lui a permis de sauver la face après l’humiliation de sa triple défaite dans le Colorado, le Minnesota et le Missouri, où il s’était fait devancer, par le chouchou des Evangéliques et du Tea Party, Rick Santorum. Mais on est encore loin de la consécration.

D’abord, parce qu’il a remporté le Caucus du Maine de justesse, à 39% contre 36% pour Ron Paul. Ensuite, parce que ce vote des militants du Maine, sans conséquence directe en termes de gains de délégués, ne préjuge pas de la suite des opérations. Mitt Romney doit encore pencher à droite pour rassurer le parti avant de pouvoir amorcer son virage centriste. Il faudra attendre les primaires du Michigan et de l’Arizona, le 28 février, et même les résultats du « Super Tuesday » du 6 mars (10 Etats), pour s’assurer que « Mitt le Manager » sera bien l’homme qui affrontera Barack Obama le 6 novembre.

Certes, Mitt Romney a été conforté par le résultat du vote de la conférence annuelle des conservateurs, la Conservative Political Action Conference, organisée ce week-end à Washington, où Mitt Romney a également recueilli 38% des votes, devant Rick Santorum (31%), Newt Gingrich (15%), et Ron Paul (12%). Mais, en dépit de ses succès dans le New Hampshire, en Floride et dans le Nevada, Mitt Romney semble avoir toujours du mal à s’imposer.

Le problème majeur de Mitt Romney, c’est qu’il fait toujours figure de candidat par défaut. Et qu’il souffre toujours de son image de centriste mou aux yeux d’une bonne partie des militants républicains. Sa marge de succès relativement limitée à la conférence des conservateurs montre bien qu’il a encore du mal à rassembler au delà du « tout sauf Obama » qui lui garantit une partie des suffrages. L’accueil chaleureux réservé par les militants à Sarah Palin, l’ancienne égérie du Tea Party, à la conférence des conservateurs, montre bien le hiatus persistant entre la base du parti et Mitt Romney.

S’il est considéré comme le plus « éligible », il est loin de susciter l’engouement au sein de son propre camp. Il reste notamment pénalisé par ses fluctuations sur le thème de l’avortement où dix sept ans après s’être présenté comme un défenseur du libre choix pour tenter de ravir un siège de sénateur face à Ted Kennedy, il fait tout pour convaincre aujourd’hui l’aile droite du parti qu’il est un candidat « pro-life », anti-avortement, dans la grande tradition de la religion mormone.

Même si certains analystes n’excluent toujours pas l’émergence surprise d’un troisième homme, du type Michael Bloomberg ou Jeb Bush, le jeune frère de George W, il y a fort à partier que Mitt Romney finira par s’imposer comme le nominé républicain au final, à l’issue du « super Tuesday » du 6 mars. Ne serait-ce que grâce à sa force de frappe financière qui lui a déjà permis d’écarter un certain nombre de rivaux putatifs tels que Newt Gingrich… Outre le soutien de l’establishment républicain, il peut rallier une partie des indépendants grâce à son image de faux modéré pragmatique.

Malgré les attaques sur son passé de co-fondateur de Bain Capital et sa feuille d’impôt, son image de ploutocrate n’est pas vraiment un handicap aux Etats-Unis où le succès financier reste une valeur sûre. En revanche, la grande inconnue reste sa capacité à connecter avec l’Amérique profonde et à tomber son masque de patricien indéchiffrable, comme le note le « New York magazine ». Sans compter l’inconnue de l’impact de son mormonisme et de ses dons répétés à l’église de Jésus Christ des saints des derniers jours révélés par la récente biographie sur « The Real Romney ». Car comme le montre un sondage Gallup, 22% des Américains, -qu’ils soient démocrates ou républicain-, se déclarent encore résolument allergiques à l’élection d’un Président mormon.

PIERRE DE GASQUET, BUREAU DE NEW YORK

1 thought on “Aux Etats-Unis le parti républicain se tourne vers sa droite

  1. I love to see someone stand up to the peorws that be. The patriot Act is their great accomplishment to control our every move. Ron Paul has real cojones, but I am afraid for him, especially if he gets elected and tries to do what he promises. He will be JFK'd

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