Carnets de campagne : la lassitude du matraquage médiatique

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Il y de cela quelques jours, alors que je regrettais la campagne à sens unique des médias qui favoriserait une pensée unique quelque peu galvaudée et qui pourrait se transformer en un vote en sens unique on me retourna ma légendaire agressivité rhétorique en m’expliquant benoitement que chacun avait la parole et que, je cite, « Que celles et ceux qui ont des choses à dire parlent ! Que celles et ceux qui ont des projets à porter les portent ! Et que celles et ceux qui se contentent de jouer les éoliennes intellectuelles se cassent les pales et nous foutent définitivement la paix ! »

Que de louables intentions qui tentent de faire oublier que parler sans être entendu ne sert à rien et que pour être entendu et bien il faut qu’on donne la parole à chacun. C’est ainsi que j’entends une « élection présidentielle » dans un Etat démocratique. Mais ma vision des choses médiatiques doit être le fait d’une certaine mauvaise foi qui égare parfois mes propos.

Plutôt que de vitupérer dans le vide sur la manière dont on prive, à mon sens, les Français d’un véritable débat de premier tour ; plutôt que de m’appuyer sur la révolte des journalistes de médias nationaux qui dénoncent la politique menée par leurs directions respectives ; j’ai décidé de me rendre sur le site du CSA pour constater de mes yeux que mes propos précédents relevaient du délire paranoïaque et que chaque candidat était traité de manière relativement équitable par les médias nationaux. Voici donc les chiffres du temps de parole dans les médias nationaux …

Ces chiffres sont ceux qui sont officiellement consultables au format PDF sur le site du CSA. J’ai bien à l’esprit que vouloir donner le même temps de parole au Président sortant et à un candidat inconnu qui n’aura probablement pas ses 500 signatures serait ridicule mais est il vraiment impossible de garantir, à défaut d’égalité, une certaine “équité” dans le traitement de l’information politique ?

Nicolas Sarkozy et François Hollande bénéficient de plus de 63% du temps d’antenne dans les médias nationaux… un score qu’ils n’atteignent même pas en additionnant leurs scores dans les sondages. Quelle peut être la justification d’un tel matraquage médiatique dans un pays où un organisme censé être indépendant, le CSA, a pour mission première de garantir la démocratie médiatique ?

Je ne connais pas la raison de cette manipulation de masse mais j’en connais la conséquence… la lassitude démocratique des citoyens. Une lassitude qui le jour du vote peut se transformer en abstention ou en séisme politique … Une fois encore … aux urnes citoyens !

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