De la fiscalité et de l’équité

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Joseph Caillaux créateur de l’Impôt sur le revenu

Chers amis j’étais hier à une rencontre politique locale où une vieille connaissance à ré émerg2 du plus profond d’Europe Ecologie les Verts, venue comme votre serviteur, en observateur bienveillant de ce que les militants actifs et présents avaient à raconter. Au bout de quelques minutes d’échanges techniques sur la réalité des programmes de François Hollande et François Bayrou sur la thématique fiscale, je n’ai pu retenir entre mes lèvres quelques phrases d’agacement.

Oui mes amis quand j’entends « le premier objectif d’une fiscalité est l’équité sociale » je sors mon pistolet et je tire à vue car si l’on a le droit d’être de mauvaise foi, comme moi parfois, ou incompétent dans un domaine, toujours comme moi, mais qu’on a quand même envie de participer, comme moi toujours, alors on le fait avec des pincettes et on ne balance pas à la face des autres ses grands principes pitoyables qui font trop souvent office de programme politique dans quelques officines partisanes de la rive gauche.

La fiscalité ça sert à quoi ?

A la base, et excusez-moi de le rappeler ici, la fiscalité sert à faire fonctionner l’Etat c’est là sa raison d’être et cela quelles que soient les missions que l’on donne à l’Etat. Qu’on soit César, Philippe IV le Bel, Necker, Napoléon III, Aristide Briand, Paul Deschanel, Charles de Gaulle, Lionel Jospin ou Nicolas Sarkozy et même si on s’appelle Eva Joly on doit bien reconnaitre que si on lève un impôt c’est d’abord et avant tout pour que l’argent récolté serve à payer quelque chose … pour l’un des spadassins, pour l’autre la création d’une ambassade, pour construire un Opéra, développer l’arme atomique ou fermer la centrale nucléaire créée par le précédant …. L’argent à un but, un objet, une destination…

Le deuxième principe qui définit la fiscalité c’est l’efficacité… non je ne parle toujours pas d’équité mais tout arrive un jour … patience.

L’impôt doit être suffisant pour atteindre son objectif ou, en d’autres termes, il est censé couvrir les dépenses que l’on souhaite engager. Suffisant sans être excessif pour ne pas ponctionner l’économie plus qu’elle ne peut le supporter au risque de limiter, voire anéantir, la croissance nationale car l’argent que nous autres citoyens versons est autant de sommes que nous retirons à notre épargne (investissement) et à notre consommation.

Enfin il doit être équitable. C’est naturellement un paramètre fondamental que nos dirigeants ont plus ou moins bien intégré au terme de plus d’un millénaire d’histoire fiscale, merci monsieur Caillaux !

Équitable pour être efficace… et non l’inverse… l’impôt doit être équitable afin d’être suffisant chez les uns et non excessif chez les autres …

Un impôt qui se limiterait à de la redistribution serait inefficace car ponctionner à un coût, redistribuer aussi et l’argent dépensé en fonctionnement de la contribution n’aurait aucune utilité économique … d’où le coup de génie de M. Caillaux qui a intégré l’équité comme une des composantes d’une fiscalité efficace … Bien sur n’importe quel étudiant en économie vous expliquera que les choses sont bien plus compliquées que tout cela mais qu’importe je vous le disais, j’aime aussi à parler de choses dont je ne suis point spécialiste… je vous laisse finalement entre les mains de Joseph Caillaux car d’une crise à l’autre il ne faut qu’attendre en relisant Montaigne :

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