J’ai rencontré The Iron Lady

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The Iron Lady, la Dame de Fer,

L’exercice visant à réaliser un film biographique sur une personnalité encore en vie et à l’image sulfureuse telle que Margaret Thatcher n’était pas gagné par avance. Que dire de la Dame de Fer qu’il est de bon ton de détester et de mépriser surtout de ce côté ci de la Manche où elle symbolise pour tout ce qui a compté dans l’intelligentsia des années 80, la haine, le mépris et la discorde.

Fort heureusement la réalisatrice, Phyllida Lloyd, n’est pas Française mais sujet loyale de sa gracieuse Majesté et c’est avec cette légitimité qu’elle affronte l’ogre du libéralisme anglo-saxon à tel point méconnu dans nos contrées. Bien que Premier ministre conservatrice, Margaret Thatcher a une histoire. Celle d’une fille d’épicier qui progresse au mérite, s’impose face au machisme et au snobisme de la société britannique et plus particulièrement du parti conservateur jusqu’à en devenir le leader ce qui fera de ce petit bout de femme entêté, voire borné, la première femme Premier ministre d’Angleterre et la seule, avec Winston Churchill et Lloyd Georges a avoir son portrait au 10 Downing street.

The Iron Lady n’est pas une biographie filmée conventionnellement tel que le titre ou la bande annonce le laissent présager. Si l’on s’attend à cela, c’est la déception assurée … On ne démarre pas à la naissance et l’on n’est pas emportés dans les premiers affres de la vie politique, par les 11 années de pouvoir menant à une chute aussi inattendue qu’inéluctable.

Non, la réalisatrice a choisi de retracer cette vie au travers du regard de la femme la plus puissante du monde qui, au bout du chemin, est victime d’Alzheimer… d’une femme qui avança seule mais dont la vieillesse solitaire l’oblige à se reconstruire un présent au travers de ses souvenirs. C’est par ces flashes sans cesse plus nombreux et la présence continuelle du fantôme de son défunt mari que Margaret Thatcher retrace devant nos yeux ébahis son parcours, sa vie ou plutôt le regard qu’elle porterait sur elle-même et son cheminement.

Le traitement est historiquement et politiquement exact. On est loin de l’hagiographie, on ne tombe pas dans le piège de la présentation à charge. Certains libres-penseurs condamnent un traitement trop équivoque qui ne montrerait pas le « délabrement » qu’ils croient voir dans l’état de la Grande-Bretagne post Thatchérienne. Ils se trompent sur la forme comme sur le fond. Le film ne porte pas sur la réussite ou l’échec de Thatcher mais sur son personnage. Il cherche à l’expliciter, à faire comprendre l’impact de sa réalité privée sur son action publique.

Bien sur on est ému par cette vieille dame qui parle à une assiette vide, par sa fille qui ne sait plus comment s’en occuper, par cet amour sans fin qu’elle porte à un mari mort et trop oublié du temps où la vie circulait encore dans ses veines. On est porté par cette femme qui souhaite remettre le mot « Great » avant celui de « Britain »… par cette fresque qui est plus historique que politique.

Il reste une chose à ajouter sur cette couronne cinématographique, son plus beau joyau : Meryl Streep.

L’actrice est bouleversante dans son jeu de femme ambitieuse abandonnant sa famille dans sa conquête du siège d’Edward Heath. Elle est simplement magique dès qu’elle bascule dans le rôle d’une Margaret Thatcher vieillissante abandonnée à la maladie.

Mes autres posts sur Margaret Thatcher :

– L’ombre de Margaret Thatcher le 25 novembre 2010

– The Iron Lady le 14 octobre 2011

2 thoughts on “J’ai rencontré The Iron Lady

  1. Merci pour cette excellente critique qui sait faire la part des choses. C'est un film que j'ai hâte de voir (je dois attendre encore quelques jours !) et ta critique va dans le sens de l'idée que je me faisais de ce film ; je ne pense donc pas être déçu ! Merci !

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