François Hollande et les 6 milliards perdus

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 L’institut Montaigne est un think tank indépendant qui à l’occasion de l’élection présidentielle passe au crible les programmes des candidats en partenariat avec ‘Les Echos’. Je tacherai de rendre fidèlement compte de ses analyses sur ce site pour l’ensemble des candidats analysés.

passages de l’article des Echos:

François Hollande

Dernièrement il s’est penché sur celui de François Hollande, et en a conclu qu’il surestime assez nettement ses rentrées fiscales. Le “think tank”  a ainsi chiffré l’ensemble des recettes proposées par le candidat du PS à 38,6 Milliards d’Euros et non à 44,5 MdsE comme l’a calculé le PS, soit un écart de 15%…

Il faudrait donc que François Hollande, s’il est élu, trouve près de 6 MdsE supplémentaires de recettes s’il veut tenir ses promesses (réforme des retraites, emplois d’avenir, etc…), tout en réduisant le déficit public dans les délais prévus pour revenir à 0% en 2017. L’écart entre les résultats de l’Institut Montaigne et ceux du PS tiendrait à des méthodes de calcul différentes, notamment pour les heures supplémentaires, la réforme des droits de succession et la taxation des revenus du capital, dont la complexité rend le chiffrage difficile, précisent le quotidien économique.

Le 27 février dernier, l’Institut Montaigne avait estimé que du côté des dépenses, le projet François Hollande avait été en revanche bien évalué, à l’exception des 150.000 emplois d’avenir, dont le coût serait sous-estimé de 50% (3,2 MdsE estimé par le “think tank” au lieu de 1,6 MdE prévu par le PS). M. Hollande a indiqué la semaine dernière qu’il tablait sur une hausse limitée à 1% par an des dépenses publiques, un chiffre conforme aux engagements du gouvernement actuel auprès de Bruxelles.

Alors que le projet économique du PS est en grande partie chiffré, l’UMP en revanche entretient toujours le suspense sur son propre plan, qui n’a pas été détaillé par le président-candidat Nicolas Sarkozy, à cinq semaines du premier tour de la présidentielle… Un flou artistique qui a amené de nombreux experts à s’inquiéter ces dernières semaines des engagements insuffisants des deux principaux candidats à réduire les dépenses publiques. Des mesures, il est vrai, particulièrement impopulaires à annoncer en ces temps de campagne électorale…

—– fin de citation

Le Figaro, seul organe de presse à soutenir officiellement le Président sortant a naturellement sauté sur l’occasion pour compléter le chiffrage avec les dernières annonces du candidat socialiste qui alourdissent encore la note :

«Mes propositions sont connues, j’en ai fait 60, ce qui ne m’empêchera pas d’en ajouter une ou deux pendant la campagne», a prévenu François Hollande mardi, en déplacement dans la Drôme. Mercredi soir, lors de son meeting à Marseille, le candidat PS a ainsi annoncé que la banque publique d’investissement qu’il veut créer aurait «une filiale dédiée aux quartiers» et que les jeunes sans quali­fication bénéficieraient de vingt ­heures de formation par an. Des promesses qui viennent compléter celles dévoilées la semaine passée.

L’Institut de l’entreprise, qui chiffre les projets des principaux candidats (hypothèses et calculs sur www.debateco.fr), a évalué ces annonces de la semaine dernière, qui portent sur l’enseignement supérieur, le droit des femmes, les associations et les bas salaires. Verdict: de 3,9 à 6,5 milliards de dépenses annuelles supplémentaires, qui s’ajoutent aux 20 milliards de dépenses incluses dans le programme dévoilé en janvier.

Un véritable service public de la petite enfance

Le plus gros morceau concerne la création de places d’accueil pour les jeunes enfants, avec l’objectif de «créer un véritable service public de la petite enfance». Le cercle de réflexion fait l’hypothèse de 200.000 à 400.000 places en plus, dont la moitié en crèche et la moitié chez des assistantes maternelles (à titre de référence, le plan 2009-2012 du gouvernement prévoit 200.000 places créées). Résultat: de 1,8 à 3,7 milliards de dépenses par an, à l’horizon 2017.

Ces sommes incluent la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje, versée par les caisses d’allocations familiales en cas de garde par une «nounou» agréée), la construction des crèches et leurs frais de personnel, les crédits d’impôts sur le revenu, déduction faite des économies sur les allocations versées aux parents en congé parental. «Cette mesure favorisera le retour des parents sur le marché du travail, avec des effets positifs sur la création de valeur ajoutée et contrastés sur le taux de chômage», souligne l’Institut de l’entreprise.

Deuxième dépense importante: le changement de calcul du smic. À la formule actuelle, basée principalement sur l’inflation, s’ajouterait un «bonus» correspondant à la moitié du taux de croissance. Les entreprises supporteront l’essentiel du coût, mais les finances publiques seront affectées, essentiellement par deux biais: hausse des salaires des fonctionnaires – qui ne peuvent pas être inférieurs au smic – et des allégements de charges accordés entre 1 et 1,6 smic. Le coût total estimé est compris entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros en 2017.

«Ces mesures, dont le candidat socialiste n’a pas indiqué le financement, viennent s’ajouter à d’autres, contenues dans le projet (…), dont le coût n’apparaît pas dans le détail des 20 milliards de dépenses nouvelles communiqué par le PS», note l’Institut: transition écologique, évaluée à 1,8 milliard pour l’État, très haut débit sur 100% du territoire (1 milliard), embauches à Pôle emploi (de 0,8 à 1,2 milliard), rénovation énergétique d’un million de logements par an et mise en place d’une cinquième branche de la Sécurité sociale pour financer la dépendance (à chiffrer).

 

 

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