J’ai rencontré 30° Couleur

Share

Son premier film, première étoile, avait été un vrai succès populaire encensé par la critique (certes pas Télérama) et le public qui s’était déplacé en masse dans les salles obscures pour découvrir le premier contact d’une famille antillaise avec les pistes de ski verglacées de métropole… Lucien Jean-Baptiste présentait hier soir en avant-première son second film, 30° Couleur qui sortira en salles le 14 mars prochain.

Le réalisateur-acteur reprend les ficelles de ce qui a fait son succès avec plus de finesse et de profondeur pour nous plonger dans les réalités de la Martinique, non pas celles des cartes postales et des conflits sociaux, mais la Martinique qui résonne dans le cœur de chaque Martiniquais qu’il vive aux Antilles ou en métropole.

Il joue le rôle de Patrick, parisien typique, rigoureux, borné toujours pressé. Élève brillant aux Antilles, sa mère l’a envoyé à l’âge de dix ans pour faire ses études en “France”. Nous sommes 30 ans plus tard. Patrick a coupé tout lien avec les Antilles où il n’a jamais remis les pieds. Devenu un historien réputé et fier il doit aller au chevet de sa mère mourante ; confrontant ainsi ce qu’il est devenu, un blanc dans un corps de noir, avec ce qu’il fut jadis et qu’il a oublié … un Martiniquais. Si je vous dis qu’il débarque à Fort de France en plein carnaval cela peut vous paraître comme un détail mais si vous connaissez les Antilles ne serait-ce qu’un peu alors vous saurez que c’est un point d’importance. Carnaval ce sont quelques jours  durant lesquels tout s’éclaire et tout s’arrête. Trois jours de folies et d’abandon qui, pour notre héros, se transformeront en un véritable voyage initiaque pour retrouver son identité.

Le film est Antillais jusqu’au bout des doigts. Certaines situations, certaines répliques nous font sourire, nous les métropolitains, quand elles font hurler de rire les Antillais tant elles retracent avec exactitudes des réalités locales. C’est en cela que l’expérience de voir ce film entouré de Martiniquais et de Guadeloupéen fut pour moi enrichissante. Aucune exagération, pas de cliché on est plongé dans la réalité locale au-delà de ce que le touriste blanc peut rêver de découvrir en débarquant dans un camp de vacance aseptisé.

La comédie fonctionne parfaitement et l’on ne peut que saluer l’exercice d’acteur d’Edouard Montoute qui d’un travestissement à l’autre porte sur ses épaules l’énergie du film.

Un film à voir, à savourer sans modération avant peut être de prendre un billet d’avion pourla Martiniqueà l’occasion du prochain carnaval.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *