J’ai rencontré les jeunes ostéopathes français

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mal de dos

Je remontais ce midi la rue menant à ma boulangerie habituelle quand, attiré par le bruit des hauts parleurs je tombais sur une manifestation de jeunes étudiants en médecine qui en quelques mots me résumaient leur combat : la reconnaissance de l’ostéopathie !

Leurs blouses blanches volaient au vent emportant dans un élan les slogans de professionnels inquiets de leur avenir.

« L’ostéopathie est en crise » m’explique le premier manifestant que je croise me tendant son tract avec un grand sourire. Il est membre de la FFO, la Fédération Française de l’Ostéopathie. Le problème dénoncé est récurrent car si c’est par la loi du 4 mars 2002 que l’ostéopathie est reconnue, les décrets d’application du texte auront attendu 5 ans avant d’être pris, en 2007. Cette loi bénéfique pour la reconnaissance de l’activité a néanmoins eu un effet pervers en ouvrant une brèche quant à la formation des ostéopathes de demain.

La France compte aujourd’hui une soixantaine d’écoles contre 8 seulement au Royaume-Uni. Le nombre de praticiens devrait ainsi passé de 8000 en 2007 à 45 000 en 2020. Avant la loi de 2002, tous les ostéopathes étaient des médecins qui voulant se former à la pratique de la médecine manuelle ostéopathie suivaient, pendant leur internat (à partir de la 7e année d’étude de médecine) l’enseignement d’un diplôme inter-universitaire. La formation était assurée par des médecins professeurs d’anatomie, de rhumatologie, de neurologie, etc.

Depuis 2002 le nombre d’écoles privées s’est démultiplié. Dans ces écoles, les étudiants sont diplômés après un minimum de 2660H, soit environ 3 années d’études à temps plein. Pour les professionnels de santé (kinésithérapeute, sage-femme), les étudiants sont diplômés après 4 à 6 ans d’études, généralement à temps partiel. Les enseignants sont des ostéopathes non-médecins et des médecins, voire des chercheurs, en ce qui concerne l’apprentissage des disciplines médicales (anatomie, physiologie, pathologie, radiologie, etc.).

On comprend mieux l’inquiétude de nombreux ostéopathes formés en 5 ou 6 années dans des écoles existant avant la loi de 2002, quelle que soit leur formation d’origine (post-bac, paramédical ou médicale).

Pour les professions de santé, la loi définit un nombre minimal de 1 200 heures de formation pratique et théorique dans le cadre universitaire ou de formation médicale continue (ce chiffre est à comparer aux exigences européennes de 5 000 heures). Pour les personnes titulaires d’un baccalauréat, la formation légale est de seulement 2 660 heures d’enseignement des sciences fondamentales, de la biologie, de la théorie, et de pratique de l’ostéopathie. Les techniques se rapportant aux sphères crânienne et viscérale n’ont pas été supprimées par les décrets, bien qu’une très forte pression fût exercée en ce sens.

 Le Ministère de la Santé, conscient du problème, a préparé plusieurs textes réglementaires pour encadrer la profession et plus particulièrement la formation et la délivrance du diplôme nécessaire pour exercer mais depuis presque 5 ans ces textes sont bloqués par une force obscure qui semble empêcher les ministres concernés d’y apposer leurs contreseings…

Pourtant l’ostéopathie n’est pas anodine. Si l’on utilise ce cher wikipédia on découvre que L’ostéopathie est une approche thérapeutique non conventionnelle qui repose sur l’idée que des manipulations manuelles du système musculo-squelettique et myofascial permettent de soulager certains troubles fonctionnels.

Créée le 22 juin 1874 par le médecin américain Andrew Taylor Still (1828-1917), l’ostéopathie est fondée sur des techniques manuelles visant à la conservation ou la restauration de la mobilité des différentes structures de l’organisme. Méthode thérapeutique à visée préventive et curative, elle se base sur l’idée selon laquelle toute perte de mobilité naturelle des organes les uns par rapport aux autres apparaît au niveau des muscles, des tendons, des viscères, du crâne ou des enveloppes (fascia) et induit des dysfonctionnements.

Moi j’aime mon ostéopathe, les torsions qu’il opère sur mon corps le libèrent, je ne sais comment, des douleurs perpétuelles qui font souffrir mon dos… Maintenant je veux être bien certains qu’à l’avenir ceux qui auront la chance de lui succéder seront des professionnels bien formés et pour ce faire il est indispensable d’écouter ce que ces jeunes ont à nous dire.

Tant que j’y suis-je découvre sur le site de la FFO qu’à ce jour seul le Modem a pris position sur cette question et cela pendant que d’autres se chamaillent autour de la viande halal … Jean-Marie Vanlerenberghe, vice-président du Mouvement démocrate en charge des questions sociales, a reçu début février une délégation de représentants de  la Fédération Française des Ostéopathes venue présenter à François Bayrou les inquiétudes de leur profession. 

En France, le nombre d’ostéopathes est en train d’exploser sans contrôle. Il est urgent de relever les critères d’agrément des établissements de formation en ostéopathie et d’établir un référentiel de formation opposable, conformément aux recommandations de l’OMS. François Bayrou soutient leurs revendications concernant la régulation quantitative et qualitative de la formation et demande la réouverture rapide d’un dialogue avec le Ministre de la Santé.

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