J’ai vu Les adieux à la Reine

Share
Diane Kruger et Virginie Ledoyen dans Les adieux à la Reine

Oui je suis un affreux adepte des fresques historiques, des films en costumes d’époques et quand j’ai vu fleurir ici ou là des affiches avec Diane Kruger en Marie Antoinette je n’ai pas su résister … Il fallait que j’y aille. L’idée me parait excellente : vivre les premiers jours de la Révolution française vus de l’intérieur du palais de Versailles… ressentir ce monde qui s’écroule, la fin des certitudes et une cour royale en déshérence… que de promesses qui furent, je ne vous le cacherai pas déçues. Peut être entre autres raisons parce que je n’avais pas lu le livre de Chantal Thomas et que bêtasse comme je suis j’ai pu croire que qu’il s’agissait d’un film historique…

On nous annonçait ceci : En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastillearrive àla Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient… Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée àla Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés.

On attend une fresque intimiste où se mêlent l’Histoire et le récit du rapport entre une reine de France et sa lectrice. Au bout du compte on a droit à un téléfilm historique digne d’un samedi après midi sur France 3.

Qu’on résume quelques mois d’une Révolution en 3 jours (14, 15 et 16 juillet 1789) ne prête pas à conséquence mais qu’on enferme Marie-Antoinette dans un rôle de lesbienne obsédée par son amour pour Mme de Polignac est pour le moins pathétique. Pourquoi diable reprendre des personnages historiques et des faits avérés pour y coller une histoire à l’eau de rose sans commune mesure avec la réalité ?

Bien sur j’avais oublié de vérifier, avant, le nom du réalisateur : Benoit Jacquot pour qui l’esthétisme prime sur tout et qui n’a jamais hésité à balancer l’Histoire et le récit au profit d’une qualité photographique. Comme de nombreux artistes vieillissant le réalisateur s’abandonne avec délice à son obsession non seulement pour le corps des jeunes femmes mais aussi pour leurs relations saphiques. Il construit un film exclusivement féminin où la vieillesse est synonyme de vilénie. La caméra se fait voyeuse au travers des yeux de Léa Seydoux pour découvrir le corps (sublime) de Virginie Ledoyen et de Diane Kruger qu’il fait baver d’envie devant une Lea Seydoux mise à nu. Elle poursuit son cheminement jusqu’à la scène voulue centrale par le réalisateur : le baiser saphique entre les deux actrices… Soit !

Pour une fois je suis d’accord avec les Cahiers du Cinéma, seul journal à ne pas avoir aimé : “”Les Adieux à la reine” perd sur les deux tableaux : trop loin de son prétexte (la Révolution), pas assez près de son horizon réel (une affaire de couloirs amoureux), il en devient presque aussi aveuglé que son héroïne, figure passive qui n’a pas le coup d’oeil et l’intuition des vrais bons témoins.”

En dehors des deux actrices principales, les autres sont anecdotiques avec une mention spéciale à Xavier Beauvois qui semble faire ce qu’il peut avec ce qu’on lui laisse de Louis XVI…

Le positif dans tout ça ? Et bien c’est esthétiquement une réussite : Versailles c’est beau et les actrices sont belles ; voilà tout.

3 thoughts on “J’ai vu Les adieux à la Reine

  1. Donc on ne voit même pas la tête de l autrichienne rouler sur les pavés de la place de la concorde?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *