Carnets de campagne : comment dire Au Revoir

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Ted Kennedy

Dans 11 jours exactement huit candidats à l’élection présidentielle seront amenés à prononcer un discours pour reconnaître leur défaite. C’est toujours un moment intense et difficile pour des hommes et des femmes qui souvent sont allés au bout de leurs forces et qui tournent ainsi la page la plus importante de leur vie professionnelle, voire de leur vie tout court.

A ce petit jeu les candidats n’ont jamais été particulièrement brillants. On se souvient naturellement du « je vous demande de vous arrêter » d’Edouard Balladur de 1995 ou du « J’assume pleinement la responsabilité  de cette échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique » d’un Lionel Jospin défait en 2002 avant de tenter un dernier come-back avorté cinq ans plus tard.

On a beaucoup moqué la mise en scène de Valéry Giscard d’Estaing qui quittait le plateau au soir de sa défaite de 1981. Un départ accompagné pourtant de mots brillants « Avant de vous quitter, je vous souhaite bonne chance à chacune et à chacun d’entre vous. Oui, bonne chance du fond du cœur, sans amertume vis à vis des uns et avec une chaude reconnaissance pour les autres. Mes vœux vont aussi à celui que les français ont choisi pour être le premier d’entre eux. Et dans ces temps difficiles, où le mal rôde et frappe dans le monde, je souhaite que la Providenceveille surla France, pour son bonheur, pour son bien et pour sa grandeur. Au revoir. »

A 11 jours de ces huit discours, qui seront rejoins par un neuvième deux semaines plus tard j’ai décidé de venir en aide de celles et ceux qui, dans les bureaux des QG de campagne, préparent déjà la base du texte qui sera lu par les perdants lors de leurs derniers moment de gloire médiatique.

Pour ce faire je vous propose de retrouver ce que je considère comme les plus beau discours de défaites électorales et je commence aujourd’hui par le discours prononcé par Ted Kennedy, le troisième et dernier frère de la célèbre fratrie, à la convention démocrate de 1980 où il concède la victoire au Président sortant Jimmy Carter (qui sera écrasé par Ronald Reagan).

Il s’agit d’un court extrait (la fin du discours en fait) mais l’intégrale peut être vu en bonne qualité sur le site CSPAN :

« I congratulate President Carter on his victory here.

I am — I am confident that the Democratic Party will reunite on the basis of Democratic principles, and that together we will march towards a Democratic victory in 1980.

And someday, long after this convention, long after the signs come down and the crowds stop cheering, and the bands stop playing, may it be said of our campaign that we kept the faith.

May it be said of our Party in 1980 that we found our faith again.

And may it be said of us, both in dark passages and in bright days, in the words of Tennyson that my brothers quoted and loved, and that have special meaning for me now:

“I am a part of all that I have met
To [Tho] much is taken, much abides
That which we are, we are —
One equal temper of heroic hearts
Strong in will
To strive, to seek, to find, and not to yield.”

For me, a few hours ago, this campaign came to an end.

For all those whose cares have been our concern, the work goes on, the cause endures, the hope still lives, and the dream shall never die. »

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