La réponse de Nicolas Sarkozy à François Bayrou

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Nicolas Sarkozy et François Bayrou

Nicolas Sarkozy lance son opération de charme en direction de l’électorat centriste en répondant longuement à la lettre de François Bayrou. Cette réponse en forme de long plaidoyer en faveur du bilan et des perspectives d’un nouveau mandat Sarkozy s’accompagne d’une critique directe des propositions socialistes. Le candidat sortant insiste sur sa détermination à imposer la règle d’or et la réduction des dépenses, ouvre la porte à un hypothétique référendum institutionnel mais rejette franchement l’idée de donner un droit de vote aux salariés dans les conseils d’administration des grandes entreprises.

Dans l’attente de la réponse de François Hollande, vous trouverez ci-dessous les engagements du président sortant à l’égard des 3 millions d’électeurs de François Bayrou

Paris, le 27 avril 2012

Monsieur le Président,

Vous avez bien voulu me faire part des préoccupations prioritaires des électeurs qui ont porté leur suffrage sur votre nom dimanche dernier, et je vous en remercie,

Dans cette élection historique pour notre pays, le débat a besoin de clarté, et c’est donc bien volontiers que je réponds à vos questions. Les deux projets qui se présentent à la décision des Français sont à ce point différents dans les mesures qu’ils comportent et les valeurs qui les sous-tendent, qu’il est fondamental que chaque Français soit pleinement éclairé avant de faire son choix.

 Avec un taux de participation de près de 80%, les Français ont prouvé qu’ils étaient parfaitement conscients de l’importance des enjeux de ce scrutin. Avec plus de 30% des suffrages qui se sont portés sur des candidats dits protestataires, ils nous ont adressé un message d’inquiétude face à un monde en plein bouleversement.

Au terme de quatre années de crise d’une intensité sans précédent, nos concitoyens se demandent avec lucidité si la France est capable de conserver les grands équilibres de son modèle de société : des services publics de grande qualité, mais qui exigent une gestion rigoureuse des finances publiques ; un régime de protection sociale généreux, mais qui pèse exclusivement sur le coût du travail alors que la compétition internationale devient de plus en plus rude ; une société ouverte et accueillante, mais qui s’interroge sur la préservation de son identité face à des phénomènes migratoires de plus en plus difficiles à maîtriser…
Les Français ont exprimé un besoin non pas de murs, mais de frontières : frontières géographiques, pour rester un pays accueillant, mais à un rythme compatible avec nos capacités d’intégration ; frontières culturelles, pour rester une société ouverte, mais qui ne renonce pas aux valeurs essentielles de son identité et de sa cohésion nationale ; frontières économiques, pour participer au libre-échange, mais sans mettre en péril nos emplois ; frontières éthiques, pour réaffirmer quelques règles simples, mais importantes de la vie commune, en particulier les valeurs d’autorité, de responsabilité, de mérite, de travail, Nous avons un mode de vie et une identité. Nous avons des valeurs. Nous avons des racines intellectuelles et philosophiques qui mettent l’homme, la famille, la justice, la civilisation au centre de l’action publique. Au cours des années récentes, une certaine course à la mondialisation, à la libéralisation des échanges, à la financiarisation de l’économie, à la suppression des frontières, y  compris par I’Europe, a pu donner le sentiment de reléguer l’humain au second plan. Tel est, je crois, l’inquiétude que ressentent beaucoup de nos compatriotes.

Vous évoquez dans votre lettre l‘héritage du Conseil National de la Résistance, Comme vous le savez, cette plate-forme politique, née d’une des périodes les plus dramatiques de notre histoire, m’est chère. Elle nous donne une leçon dont la force traverse les âges : une nation qui veut préserver l’essentiel de ses valeurs doit avoir le courage de se réformer. Il fallait avoir le courage de réformer les retraites si nous voulions garder notre système par répartition, Il fallait avoir le courage de réformer l’université si nous voulions rester une grande nation de savoir, de sciences et de pensée. ll fallait avoir le courage de réformer l’hôpital si nous voulions continuer à soigner avec un très haut niveau de qualité sans mettre en péril le financement de l’assurance-maladie. ll fallait avoir le courage de rendre nos administrations plus efficientes si nous voulions garder nos services publics protecteurs tout en retrouvant la maîtrise de nos finances publiques.

Comme vous, je reconnais les efforts des Français dans la crise. Comme vous, je ne leur dissimule rien de ce qu’il reste à faire. Mais je veux également leur faire partager ma conviction la plus totale, que notre pays peut s’en sortir, qu’il peut rester une grande puissance industrielle, qu’il a toutes les cartes en main pour rester maître de son destin. Je veux tracer avec les Français un chemin d’effort, de confiance et d’espérance.

Si les Français m’accordent leur suffrage, je vous confirme mon intention d’inscrire dans notre Constitution une règle d’or qui empêchera les générations actuelles de s’endetter sur le dos des générations futures. Comme vous le savez, j’ai déjà soumis ce texte au Parlement, mais les résultats du scrutin ne m’ont pas permis de pouvoir convoquer le Congrès à fin d’adoption de cette règle. Cette situation devrait-elle se produire à nouveau après l’élection présidentielle, je soumettrai alors au référendum l’adoption de la règle d’or…

 L’INTEGRALITE DE LA LETTRE DE NICOLAS SARKOZY EST DISPONIBLE EN CLIQUANT ICI

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