Le nouveau Paris, vers le renouveau de la ville lumière

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Voici un condensé de deux articles du Monde.fr sur le nouveau visage architectural de Paris. Sous l’impulsion de l’Etat et de Bertrand Delanoë, maire depuis 2001, la ville lumière tente d’oublier les stigmates des catastrophes architecturales des années 70 et de redonner une chance aux architectes, profession la plus haie du parisien. Sur les quelques projets présentés il y a de tout, du bon gout et du moins bon… je persiste néanmoins à croire, malgré la réussite de la pyramide du Louvre qu’on ferait mieux de s’attaquer aux quartiers en perdition de la capitale et de ses banlieues plutôt que de s’acharner à laisser des traces de modernité sur les plus beaux chefs oeuvres des temps anciens…

articles du Monde.fr

Les deux immeubles dans le quartier Masséna (13e arrondissement). Le projet audacieux de l’architecte Jean Nouvel, dont le chantier doit commencer en 2014, devrait voir le jour d’ici à 2018 dans la zone d’aménagement concerté (ZAC) Paris-Rive Gauche, à la limite d’Ivry-sur-Seine. Les tours Duo, en verre et en partie inclinées, abriteront des bureaux, des commerce et un hôtel. (Budget : entre 500 et 600 millions d’euros.)

Des silhouettes déhanchées, des façades colorées et vibrantes, des jardins en terrasses, 175 mètres de hauteur pour l’une et 115 mètres pour la seconde : la paire de gratte-ciel conçus par l’architecte Jean Nouvel et qui devraient être érigés dans le quartier Masséna, à Paris, d’ici à 2018, va, à n’en pas douter, susciter la polémique.

Dévoilé en début de semaine par la Mairie de Paris, ce projet signe, en effet, le retour des constructions de très grande hauteur dans la capitale. Depuis l’inauguration de la tour Montparnasse, en 1976, les gratte-ciel ont en effet été bannis du paysage parisien, ratiboisés par des règlements draconiens qui limitaient sans pitié la hauteur maximale autorisée des constructions.

Depuis que Bertrand Delanoë a rouvert le débat, il y a une huitaine d’années, cette sempiternelle bataille des Anciens et des Modernes n’a pas cessé. Le maire de Paris avançait pourtant de solides arguments : une capitale enserrée dans ses frontières historiques, dépourvue de terrains à construire, étouffant sous les prix du mètre carré, quand manquent les logements autant que les équipements collectifs. Comment répondre à ces besoins sans faire pousser la ville en hauteur ? Et M. Delanoë ajoutait, prudemment, que Paris ne saurait renouer avec les gratte-ciel sans exigences esthétique, environnementale et sociale.

Un tapis volant doré va se poser sur le tout nouveau département des arts de l'Islam du Louvre. Près de 3000 oeuvres de la collection du musée seront exposées dans ce nouvel espace, qui occupera la cour Visconti. Le projet doit être bouclé d'ici à l'été 2012. (Budget : 98,5 millions d'euros.)

Rien n’y fait, pourtant. Depuis des lustres, les tours ont rebuté les amoureux de Paris. Il y a plus d’un siècle, déjà, Dumas et Maupassant s’offusquaient de l’édification en bord de Seine d’un très haut bâtiment en forme de cheminée – la tour Eiffel – promis, depuis, à une belle postérité. Dans les années 1960 et 1970, encore, la révolte fut vive contre la tour Montparnasse ou les quartiers des Olympiades ou Beaugrenelle.

Il est vrai que leur modernisme naïf et intempestif ne plaidait pas en leur faveur et a fourni, pour longtemps, des arguments à tous les conservatismes et à toutes les frilosités. Il n’en manque pas : les heureux habitants d’une capitale embourgeoisée et “boboïsée”, ces privilégiés de l’intra-muros, capables d’assumer des prix de logement de plus en plus inabordables, entendent plus que jamais protéger cet entre-soi.

Comment ne pas comprendre, pourtant, que la défense à tout prix d’un urbanisme à taille humaine et le plaidoyer sans nuance pour la préservation du patrimoine parisien menacent d’embaumer la ville, de stériliser sa vitalité et son développement, de la transformer dans une sorte de ville-musée, séduisante mais figée. A la mode Amélie Poulain…

A cet égard, le projet de Jean Nouvel, comme ceux qui s’échafaudent laborieusement à la porte de Versailles avec la Tour triangle ou aux Batignolles avec le projet de tribunal de grande instance, apportent des réponses encourageantes.

Les gratte-ciel ne sont pas la seule expression d’une intelligence architecturale. Mais ils démontrent que, dans la compétition internationale des grandes capitales, Paris n’a pas abdiqué toute audace, tout désir d’innovation architecturale, toute capacité de réinventer son propre paysage.

Les autres grands projets parisiens

La Philharmonie de Paris, à la Villette : Le plus grand auditorium de France dédié à la musique - dessiné par l'architecte Jean Nouvel - ouvrira à l'automne 2014 à la porte de Pantin. Il accueillera quelque 250 concerts par an. (Budget : 219 millions d'euros.)

La tour Triangle à la porte de Versailles : La crise financière de 2008 a bien failli avoir raison du projet, mais cette impressionnante tour pyramidale (180 mètres) imaginée par le cabinet suisse Herzog et de Meuron devrait bien être livrée début 2017 dans le parc des expositions de la porte de Versailles (15e arrondissement). Son atrium et ses deux belvédères avec vue panoramique, café et restaurant seront accessibles au public. Les travaux doivent commencer en 2013. (Budget : plus de 500 millions d'euros.)
Des berges de Seine bucoliques : Le projet de réaménagement des quais de Seine voulu par la Mairie de Paris concernera surtout la rive gauche, où le trafic automobile sera fermé sur 2,3 km. A la place, de nouveaux équipements publics doivent voir le jour à l'été 2012 : des terrains de sport, un skate-parc ou encore un escalier-gradin devant le Musée d'Orsay. A terme, un archipel d'îles artificielles avec bars et restaurants doit être créé sur la Seine.
La place de la République révolutionnée : Au carrefour des 3e, 10e et 11e arrondissements de Paris, elle se veut un nouveau lieu de promenade. Le projet de l'agence TVK de Pierre-Alain Trevelo et d'Antoine Viger-Kolher accorde 50 % d'espace supplémentaire aux piétons, avec une esplanade arborée reliée à un côté de la place. Les travaux ont commencé au printemps 2011, pour une fin prévue au printemps 2013.
La Samaritaine revisitée : Fermé en juillet 2005 pour vétusté, le grand magasin parisien (1er arrondissement), propriété du groupe LVMH, prépare sa mue. Le projet de l'agence japonaise Sanaa prévoit des équipements mixtes dans les différents espaces (bureaux, commerces, crèche, logements sociaux) et un hôtel de luxe face à la Seine dans l'immeuble Art déco de Henri Sauvage. Les travaux doivent commencer fin 2012, pour une ouverture en 2014.

 

A la sortie de Paris, la friche industrielle de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) doit elle aussi être réaménagée par l'architecte Jean Nouvel. Les constructions font encore débat et le coût final dépendra des choix effectués. Le projet initial prévoit cinq tours, 7 hectares d'espaces verts, deux salles de concert, un pôle consacré à l'art contemporain et un autre au cinéma et aux arts numériques. Les travaux devraient démarrer fin 2013-début 2014, pour s'achever en 2018.
Les Halles, le nouveau cœur de Paris : D'ici à 2016, les Halles seront recouvertes de leur "Canopée" - le terme, en écho à la partie supérieure des forêts, désigne ici une structure de verre ondoyante qui laissera filtrer la lumière naturelle. Le nouvel espace des Halles disposera d'axes de circulation complètement repensés et d'un jardin de 4 hectares, boisé et ponctué d'équipements. Les travaux ont commencé début 2011. (Budget : 802 millions d'euros.)

 

 

 

 

 

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