l’inquiétante volte face de Hollande sur la moralisation de la vie publique

Share
François Hollande et le référendum sur la moralisation de la vie publique : ptet bien que oui, ptet bien que non

François Bayrou a dénoncé lundi à Lyon le revirement de François Hollande à propos de son projet de référendum sur la moralisation de la vie publique, suggérant que le candidat socialiste avait subi “une influence” pour changer d’avis.
En effet, dans un premier temps le candidat socialiste avait dit que l’idée d’un référendum sur la moralisation de la vie publique était “une très bonne idée”… mais patatra, dimanche il se rétracte et estime que c’est aux parlementaires de trouver des règles différentes pour l’avenir de l’organisation de la vie publique…

Ce référendum, c’est un peu l’alpha et l’oméga de l’union avec les centristes au lendemain du 1er tour; c’est LA révolution démocratique de François Bayrou. On y retrouve l’essence même de ce nouveau départ républicain réclamé par tant de nos concitoyens.  L’idée du référendum organisé le jour même du premier tour des élections législatives est d’imposer tout de suite les réformes nécessaires et de le faire par le peuple car « il est vain de demander aux abuseurs de limiter les abus. »

Le projet vise notamment la composition d’un gouvernement resserré, composé de moins de vingt ministres, il interdit les cumuls de mandat pour les députés et les limitera pour les sénateurs. Il crée une règle nouvelle pour la participation effective des députés au vote de la loi. Comme au Parlement européen, le vote ne pourra pas être délégué. Il obligera à la présence effective du député et tous les votes seront publics. Il réduit le nombre de députés de 577 à 400 avec 100 d’entre eux élus à la proportionnelle. Il reconnait le vote blanc comme un vote légitime et exprimé, met un terme aux dérives du financement de la vie publique, aux pratiques abusives et aux détournements illicites en définissant pour les hommes politiques ET les hauts fonctionnaires le “conflit d’intérêt”. Il propose d’interdire le retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption et fixe le statut du garde des Sceaux et des procureurs de la République pour une justice indépendante … etc etc … (cf mon article du 29/02)

La volte face de François Hollande sur cette thématique qui est la pierre angulaire de tout changement institutionnel n’est pas seulement inquiétante, elle est significative de ce qui pourrait nous attendre pour les 5 prochaines années : revirements et atermoiements. Peu importe finalement que Hollande et Bayrou s’unissent au 2nd tour mais pourquoi renoncer à donner la parole au peuple qui est le souverain de notre République? même Mélenchon a compris cela  avec son projet de retour à la IVème République, “cette machine à crise ministérielle à qui Dien Bien Phu semblait annoncer une grande nuit funèbre”. (Malraux)

“Pourquoi” disais je : parce qu’une caste de hauts fonctionnaires vaniteux et corrompus s’apprête à laisser la place à une nouvelle caste issue des mêmes familles, des mêmes écoles, du même milieu; une caste avide d’avoir enfin sa part du gâteau après 10 longues années de disette gouvernementale. Ils sont là, devant les portes ministérielles, à faire le pied de grue en attendant qu’enfin nous, les citoyens, levions les barrières qui les séparent de ces maroquins ministériels, de ces postes de cabinet, de ces hautes responsabilités en administration centrale… de droite, comme de gauche, aux extrèmes ou au centre (et oui) tous pareils, partout le même modèle produit en batterie dans les grandes écoles de la République et face à cela mes chers amis une seule solution : la parole au peuple par le biais de la démocratie directe !

 

 

4 thoughts on “l’inquiétante volte face de Hollande sur la moralisation de la vie publique

  1. Je n’arrête pas de dire que la technocratie soviétique couplée au piston des incompétents dignes des chefs de brousse de l’empire colonial d’hier sont une plaie béante dans ce pays …La meilleure thérapie nationale serait effectivement le référendum de BAYROU !

  2. D'accord avec toi. Il y a une proposition qui me pose problème : réduire le nombre de député de 577 à 400. Ça signifie qu'un député va représenter encore plus de citoyens, alors que c'est le contraire qu'il faudrait faire à mon avis (en tout cas, garder au moins le même nombre de députés).

    1. On ne manque pas d'élus dans ce pays … près de 600 000 sièges sont répartis entre les Français … pour les parlementaires c'est 577 députés et 343 sénateurs soit un "congrès" de 920 élus pour 60 000 000 d'habitants (1 élu pour 65217 hab) contre 535 élus au Congrès des Etats Unis (1 élu pour (581 308 hab) ou 690 élus en Allemagne soit ( 1 élu 117 391) il y a donc de la marge … disons pour faire simple que nous sommes le pays démocratique qui a le plus d'élus par habitant imaginons que je partage ton sentiment sur l'idée de représentativité (ce qui n'est pas le cas 🙂 ) je te dirais que la mise en place du mandat unique permettra aux députés d'être beaucoup plus actifs sur ce mandat et pourra alors justifier la diminution du nombre global 🙂

      ps j'ai ajouté le "s" demandé 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *