Le syndrome du rugby : menaces de mort pour le pape Benoit XVI

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Le Pape Benoit XVI

“A chaque fois que le pays de Galles réalise le Grand Chelem en rugby, un pape meurt, à l’exception de 1978, année où les rugbymen gallois avaient été particulièrement brillants, et où deux papes sont morts.” Cette légende urbaine qui associe les résultats du Tournoi des six nations de rugby au destin de la papauté a la vie dure. Elle vient d’être relancée vendredi par un courrier publié dans le British Medical Journal (BMJ), et ce alors que le pays de Galles a réalisé un Grand Chelem en début d’année, le onzième de son histoire.

En 2008, des médecins gallois avaient déjà examiné cette curieuse association statistique dans une étude publiée dans le BMJ. Pour la démonter aussitôt :

“Depuis 1883, huit souverains pontifes sont morts, dont cinq au cours d’une année de Grand Chelem [un grand chelem est un tournoi au cours duquel le vainqueur gagne tous ses matches]. Léon XIII (1903), avec le Grand Chelem de l’Ecosse, Pie X (1914), avec celui de l’Angleterre, et Paul VI (1978), Jean Paul Ier (1978), et Jean Paul II (2005) avec ceux du pays de Galles. Les morts de Benoît XV (1922) et de Pie XI (1939) coïncident avec des victoires galloises, mais sans Grand Chelem”, écrivent les auteurs, qui ont réalisé un tableau récapitulatif entre 1883 et 2007 :

Rien de bien concluant, donc. Si ce n’est, relève l’étude, que chaque mort papale coïncide avec la victoire d’un pays majoritairement protestant (Angleterre, Ecosse et pays de Galles). Il faut dire que deux concurrents à dominance catholique ont rejoint le tournoi des années plus tard, en 1910 pour la France, et en 2000 pour l’Italie, le Tournoi des cinq nations devenant alors Tournoi des six nations.

“La théorie rugbistico-papale n’est rien de plus qu’une légende urbaine qui se fonde principalement sur deux Grands Chelems du pays de Galles dans l’histoire récente”, notent les auteurs. “Néanmoins, poursuivent-ils avec humour, en tenant compte des données depuis 2008, notre modèle de la théorie générale du rugby papal prédit que le pape a trois chances sur cinq de mourir cette année […]. En se fondant sur des faits historiques, nous ne pensons pas que le staff médical du Vatican puisse pleinement relâcher son attention avant l’année prochaine.”

Mais les mythes ont la vie dure. Et dans un courrier au BMJ, vendredi, un pédiatre de l’hôpital pour enfants de Sheffield, en Angleterre, estime que l’analyse aurait dû inclure les papes coptes. “Cette année a vu la mort du pape copte Chenouda III, le jour même où le pays de Galles a remporté le Grand Chelem”, note-t-il. A noter que le chef de l’Eglise copte orthodoxe d’Egypte avait succédé à Cyrille VI, mort en 1971, année où le pays de Galles avait déjà réalisé le Grand Chelem. “Bien qu’on ne comprenne pas bien l’association entre ces morts et les événements sportifs”, l’analyse publiée en 2008 “a créé un sentiment de fausse sécurité et peut faire peser un risque sur la vie des autres papes”, assure ce médecin.

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