En vrac mais pas par hasard … Un regard plein de quiproquo

Share

Cela faisait longtemps que je n’avais pas ajouté beaucoup d’articles à cette catégorie de mon blog mais les choses vont comme elles le veulent dans mon esprit fatigué et voici donc deux articles coup sur coup qui viennent repeupler mes regards outranciers.

François Hollande

Il s’agit donc aujourd’hui de « quiproquo », de malentendus malheureux, de méprises temporaires, d’incompréhensions partagées. L’écrivain italien Luigi Pirandello disait du quiproquo que « c’est d’abord la vie qui en est un, et probablement le plus compliqué de tous ». C’est un peu mon sentiment quand je vois se multiplier ici ou là les manipulations de l’opinions qui n’ont pour seul objectif que de surfer sur un malentendu pour justifier sa propre fourberie…

Le quiproquo politique : Souvenez-vous de la campagne pour l’élection présidentielle… François Hollande avait présenté un calendrier pour le moins précis des mesures qu’il prendrait entre le 6 mai et le 29 juin, fin de la session ordinaire du Parlement. Elles étaient au nombre de 11 et vous pourriez les retrouver sur le site de campagne du candidat devenu président si le dit site n’avait déjà été supprimé de la toile …

  1. la baisse de la rémunération du président et des ministres : c’est dès le 17 mai que ces salaires ont été baissés de 30%. La promesse est donc tenue et cela même si on note avec désinvolture que l’augmentation du nombre des ministres fait que le cout global des salaires du Gouvernement est in fine 25% plus élevé que pour l’ancien Gouvernement…
  2. L’allocation de rentrée scolaire revalorisée de 25 %… promesse tenue le 30 mai.
  3. Retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler jeune. Le décret a été pris le 6 juin et on ne peut que saluer cette mesure d’équité sociale qui coutera néanmoins entre 1 et 3 milliards d’€ par an…
  4. La circulaire Guéant sur les étudiants étrangers a bien été abrogée le 31 mai.
  5. Le retrait des troupes françaises d’Afghanistan a été annoncé pour la fin 2012, comme promis.
  6. La renégociation du traité européen… finalement François Hollande signera le traité grâce à l’ajout d’un pacte de croissance qui, en gros, dit « vive la croissance » … C’était donc ça le gros changement dans la politique européenne ou c’était simplement d’emmerder Angela ?
  7. la caution solidaire pour les jeunes doit permettre aux « jeunes » d’accéder à la location avec la caution de l’Etat… ce devait être fait au 1er juillet, nous sommes le 2 et la ministre du logement ne donne plus signe de vie … il y a quelqu’un ?
  8. Le doublement du plafond du Livret A, c’était annoncé pour fin juin mais depuis le ministre des finances, Pierre Moscovici a dit « cette décision n’est pas arbitrée » et moi qui pensait que les Français l’avait « arbitré » le 6 mai dernier…
  9. La lutte contre le délit de faciès lors des contrôles d’identité était une annonce choc du candidat Hollande pour redonner confiance à la jeunesse désabusée. La promesse a été presque tenue mais la circulaire a provoqué une telle réaction de rejet auprès des syndicats de policiers qu’elle a été remise au défenseur des droits qui doit trouver une solution plus équilibrée … décision repoussée « à la rentrée »
  10. la moralisation des salaires des patrons dans les entreprises publiques a été annoncée en grandes pompes le 13 juin mais le décret lui se fait tellement discret qu’il n’est toujours pas sorti du bureau de son rédacteur …
  11. le blocage des prix du carburant … a été abandonné

Cette lecture des résultats des deux premiers mois est surement le fait d’une méprise ou d’une incompréhension de ma part … j’ai du mal comprendre et le candidat devenu président voulait probablement vouloir dire que c’est la réflexion sur la mise en place de ces mesures qui serait réalisée avant le 29 juin et non les mesures elles mêmes … quiproquo vous dis-je…

Quiproquo encore samedi dernier, le saviez vous, se déroulait à Paris la GayPride, cette festivité qu’on aime tant détester et critiquer, votre serviteur le premier, mais qui est tellement nécessaire dans cette période venimeuse où les promesses peuvent être reportées aux calendes grecques si l’on ni prête attention…

Gay Pride Paris via http://www.olivier-autissier.com

La Gay Pride parisienne se tenait donc samedi dernier. Entre 4 Drag Queen, quelques chars et des milliers de gens qui « passaient par là par hasard », des citoyens ordinaires défilaient bruyamment pour défendre un principe basique : l’égalité de tous les citoyens. Cette marche a un parcours qui semble immuable et qui mène systématiquement les manifestants à passer devant Saint Nicolas du Chardonnet, l’église des catholiques intégristes. Alors que le défilé poursuivait lentement sa route au rythme de Lady Gaga et autre sons du diable, l’église (ou les manifestants ?) était protégée par une dizaine de mini cars de CRS qui formaient un cordon sanitaire entre les intégristes et les suppôts de Satan. Parmi les premiers on notera la présence d’une charmante jeune femme, jupe bien comme il faut et le serre-tête d’occasion dont la maman, habitant Passy ou Neuilly ou encore Boulogne, aurait surement été très fière en voyant sa princesse faire un doigt d’honneur très distingué et hurlant « bande de pédérastes » aux passants … Quiproquo peut être quant au message d’amour porté par Jésus Christ ? Surement… Le comble du quiproquo réside peut être alors dans la suite des évènements … Les dits « pédérastes » ainsi stigmatisés répondirent à la charmante jeune femme par des salutations du genre « enc*lés », « fachos » et quelques gestes obscènes… un des manifestants s’offusqua, s’approcha de ses co-défilants sortant une carte de policier et expliquant « quand tu insulte la police tu m’insultes moi aussi… » Le charmant jeune homme pensait que les vitupérations de la foule s’adressait … aux CRS. Probablement ne savait il pas ce qu’était cette église, peut –être le cerveau chahuté par la musique et les rythmes des corps dénudés ne réalisait il pas quelle était la scène jouée devant lui cette année comme toutes les précédentes. La situation dûment résumée, le blond policier rentra dans les rangs lâchant un peu penaud … « désolé je crois qu’il y a eu quiproquo »… résumant en une phrase les intentions, les effets, la réalité et le ressenti de ce qu’est la gay pride.

L'empereur Napoléon III

Quiproquo enfin mais celui-ci « historique ». Certains connaissent mon attachement à la personne et au bilan de Napoléon III… OUI ENCORE ! Encore et toujours grâce à un site absolument passionnant que je viens de découvrir et qui s’appelle simplement http://www.napoleontrois.fr . Ce souverain est aussi celui du quiproquo, sur son accession à la présidence, son coup d’Etat, son règne, sa formidable énergie réformatrice et sa chute militaire…

Vous y découvrirez des tonnes d’articles fouillés sur cette période méconnue et par exemple celui-ci analysant la première cohabitation de l’Histoire dela Républiquefrançaise « l n’y a pas si longtemps, on disait que pour certains Français l’Histoire de France commençait àla Révolutionet que pour d’autres au contraire, elle s’arrêtait en 1789.

Aujourd’hui, à écouter les débats politiques, à lire la presse, à entendre même les analyses des politologues les plus avertis, on a le sentiment que pour tout le monde, ce qui advint avantla Grande Guerre n’existe pas. Il est fréquent de se référer à l’Entre-deux-guerres, aux ligues, au 6 février 1934 et au Front populaire comme à Munich ou à Vichy. Mais remonter à l’Affaire Dreyfus est exceptionnel et semble relever d’une érudition rare. Quant à citer Jules Ferry, c’est à peu près comme si l’on évoquait Vercingétorix ou Saint-Louis. En un mot, l’Histoire de France commence sousla Troisième République. Avant, c’est de la préhistoire.

Notre siècle est replié sur lui-même, égocentrique, amnésique. Il oublie, ignore ou méprise ceux qui l’ont précédé et que l’on n’enseigne plus dans les lycées. Peut-être, d’ailleurs, est-ce là l’explication du désarroi de nos contemporains face à leur temps et de l’incapacité dans laquelle ils se trouvent de résoudre les problèmes qui se posent à eux.

Pourtant, avec la naissance dela Cinquième Républiquepour la politique intérieure, avec la chute du mur de Berlin pour les relations internationales, le dix-neuvième siècle, pour le moins, a repris toute son actualité. Sa connaissance est redevenue indispensable à l’honnête homme et au citoyen.

Ainsi la Deuxième République, avec son président élu au suffrage universel direct, est-elle beaucoup plus proche de nous, plus «moderne», que la Troisièmeet la Quatrièmequi lui ont succédé. Son expérience, et pas seulement sa mort violente le 2 décembre 1851, nous fournit quelques clefs d’analyse et peut nous inspirer quelques parallèles utiles avec notre vie politique et constitutionnelle. Y compris en matière de «cohabitation»… » La suite c’est par ici en cliquant sur le lien

2 thoughts on “En vrac mais pas par hasard … Un regard plein de quiproquo

  1. 1er quiproquo : je réagirai davantage en prenant le temps de le lire (je suis en double-file là tout de suite).
    Le 2ème : rare pertinence. Pas un mot sur le mariage ? (oui c'est sous-entendu, faudrait large prendre pour une buse des Carpates !)
    Le 3ème et celui qui m'intéresse le plus : vive Guernesey et son illustre et temporaire hôte en retraite ! À bas le petit !!! (cette dernière injonction est en effet très proche de celle que j'ai récemment et souvent utilisée à propos d'un squatteur de la Ve… je suis d'accord sur la proximité démocratique et ses errances…)
    À plus tard for sure, bises San Franciscaines

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *