La France va-t-elle sauver la peau de WikiLeaks

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Par MARC LEPLONGEON via Le Point

Grâce à une spécificité du système bancaire français, une association contourne les blocus pour renflouer les comptes d'Assange.
Julian Assange, le Jeanne d'Arc de WikiLeaks

Alors que la santé financière de WikiLeaks est au plus mal, le système bancaire français vient – malgré lui – à sa rescousse ! À la différence des autres pays, la France a constitué en 1984 un groupement des cartes bancaires. Toutes les transactions transitent par ce groupement d’intérêt économique (GIE). Cela empêche, par exemple, Visa ou Mastercard de rompre unilatéralement un contrat, comme cela a pu être le cas avec Julian Assange.

Le 28 septembre 2010, WikiLeaks publie une série de documents diplomatiques secrets. Plus de 250 000 câbles diplomatiques américains en provenance du plus haut échelon fédéral et des consulats répartis un peu partout dans le monde, dont presque la moitié classés “secret” ou “confidentiel”, sont dévoilés. Le “cablegate” fait évidemment scandale aux États-Unis. Plusieurs grands groupes bancaires, Visa, Mastercard ou encore American Express bloquent alors les comptes de WikiLeaks, mettant ainsi l’organisation en difficulté financière.

La particularité du système français

“La structure juridique française n’est pas la même que celle des autres pays”, précise Benjamin Bayart, fondateur du Fonds de défense de la neutralité du net (FDNN). “Les commerçants ne passent pas directement de contrat avec Visa ou Mastercard. Eh bien, pour les paiements en ligne, c’est pareil”, souligne-t-il avec malice. Les dirigeants de WikiLeaks n’y ont pas pensé tout de suite. “Allez dire à un Australien ou à un Américain qu’en France toutes les transactions bancaires passent par un seul et unique organisme. Ils vont se croire en Union soviétique !” plaisante le fondateur du FDNN.

Reste que c’est certainement ce système issu, d’après Benjamin Bayart, “des vieilles habitudes jacobines centralisatrices françaises”, qui va sauver la peau de WikiLeaks. Le fonctionnement du FDNN, déjà en place pour la Quadrature du Net ou encore Framasoft, une sorte de répertoire de logiciels libres, est plutôt simple. “On collecte les dons et on les redistribue, quand les projets que nous défendons en ont besoin. Nous ne prélevons que trois centimes par transaction pour couvrir nos frais généraux”, explique Benjamin Bayart.

“Aucune raison de ne pas les aider”

“Je ne sais pas si nous adhérons à toutes les activités de WikiLeaks, mais on peut légitimement considérer qu’ils travaillent à défendre la liberté d’expression sur Internet, et cela entre dans notre projet”, constate Benjamin Bayart. Le FDNN a été approché par un mail de sunshine press productions, une société appartenant à WikiLeaks, la seule à s’être dotée d’une structure juridique. “Est-ce que cela représente un risque ? Va-t-il y avoir des pressions ? Pour l’instant, aucune. Mais s’il y en a, on assumera”, soutient-il.

Dans un communiqué paru mercredi matin, le FDDN tient à replacer les choses dans leur contexte : “Depuis le 7 décembre 2010, un blocus financier est imposé à WikiLeaks par de grandes institutions financières américaines. Le blocus a supprimé 95 % des revenus de l’association. Bien que le gouvernement ait conclu qu’il n’y avait pas de motifs légitimes pour ajouter WikiLeaks à un blocus financier américain, le blocus continue.”

L’aide apportée par le FDDN est donc une bouffée d’oxygène pour Julian Assange. La semaine dernière, WikiLeaks avait déjà remporté une bataille judiciaire en Islande. La justice islandaise avait alors ordonné à Visa et à Mastercard de lever leur blocage, une décision valable uniquement à l’intérieur des frontières. D’après un communiqué de sunshine press productions, WikiLeaks aurait besoin d’un million d’euros pour continuer ses activités.

Le système de donation du FDDN permet de contourner les blocages de Visa et de Mastercard.

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