Le Sida entre dépistage et traitement la science poursuit son combat

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On ne sait plus vraiment comment parler du Sida. Une maladie de l’amour qui tue, dont on ne guérit pas mais qui peut être endiguée. On voudrait à la fois relativiser le sida car aujourd’hui, en occident, on peut vivre presque normalement avec, comme on le fait avec n’importe quelle maladie chronique. Et d’un autre côté on ne veut pas banaliser par le discours ce mal qui n’est pas une maladie chronique comme les autres. Le Sida est différent parce que tout d’abord il n’est pas une fatalité. Il est évitable à certaines conditions, pour peu qu’on accepte d’enfermer le désir dans une cage de latex. Il est aussi le symbole d’une injustice sociale, culturelle, géographique et générationnelle.

Situation dans le monde. SIDA : situation dans le monde

Injustice sociale et culturelle parce que évidemment nous ne sommes pas égaux devant la maladie selon le milieu dont nous sommes issus, selon la civilisation à laquelle nous appartenons. Une injustice géographique qui est au cœur de la capacité à accéder aux soins pour les malades ; une injustice générationnelle puisque la maladie a profondément changé la conception des rapports sexuels et amoureux de chaque génération concernée. On a ainsi constaté une augmentation significative du nombre d’infection dans les maisons de retraites, auprès d’une population qui redécouvre une certaine liberté sexuelle mais qui ne sait pas se protéger.

Le Sida c’est aussi un combat scientifique. On chasse le vaccin d’un côté, la cure de l’autre.

Un combat scientifique où tous les pays ne marchent pas dans la même direction : tests de dépistage rapides et à domicile, pilule de traitement unique voici au travers de deux articles, les nouveautés du moment qui font parler et parfois espérer :

Via Le Monde : C’est une première. Aux Etats-Unis, il est maintenant possible d’effectuer un test de dépistage du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez soi. Une procédure simple (réalisée à partir de collecte de salive sur les gencives), rapide (entre 20 et 40 minutes) et surtout qui ne nécessite aucun contrôle médical.

Mardi 3 juillet, l’Agence américaine des médicaments (FDA) a en effet autorisé la vente libre de ce test, OraQuick In-Home HIV, du laboratoire américain OraSureTechnologies, pour favoriser “les efforts visant à empêcher la propagation du virus”. Une décision à la fois prometteuse et inquiétante, pour Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon de Paris et spécialiste du VIH. (pour retrouver l’interview cliquez sur le lien).

Via le Figaro : Une pilule contenant quatre médicaments, dont un nouvel anti-VIH et son booster, est apparue au moins aussi efficace que deux traitements couramment utilisés.

Bien qu’il existe déjà près d’une trentaine de molécules contre le VIH, l’arsenal pourraient s’étoffer encore d’un nouvel arrivant. Il s’agit d’un nouveau comprimé «tout en un» associant deux anti-VIH déjà commercialisés à deux nouvelles molécules. La première est l’elvitégravir et la seconde le cobicistat, une molécule sans action sur le VIH mais qui «booste» l’effet de l’elvitégravir. Baptisé «Quad», ce comprimé est donc, contrairement à ce que suggère son nom, une trithérapie fixe (trois anti-VIH + un booster).

Ce nouveau traitement est destiné aux patients dont la séropositivité au VIH vient d’être découverte et qui n’ont encore jamais été traités. Il a donc été comparé à deux des traitements actuellement recommandés dans cette indication. Quad s’est révélé pas moins efficace sur la baisse de la charge virale après onze mois de traitement. Les résultats de ces essais de phase III (dernière phase avant commercialisation) été publiés le 30 juin dans le Lancet. Pour lire l’article dans sa totalité cliquez sur ce lien.

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