J’ai rencontré les mémoires d’un pénis

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Les mémoires d'un Pénis
Les mémoires d’un Pénis

Le titre n’est pas anodin mais il est trompeur. Non je ne vais pas partager avec vous une histoire un peu glauque de racolage sexuel. Tu peux respirer chère lectrice, c’est de théâtre dont il s’agit, au risque de décevoir momentanément les sourires narquois de quelques lecteurs débonnaires perdus sur ces pages à la recherche de mode d’emploi pour parties plus ou moins fines.

Je l’écrivais ici même il y a quelques jours, c’est l’été à Paris. Une période pendant laquelle et bien ma foi on peut se laisser un peu aller à réduire ses horaires de travail et flâner le long de la Seine ou du Canal Saint Martin. C’est aussi le moment de profiter de ce que Paris peut offrir de sympa et pas trop cher… le théâtre. Alors, dans ces moments là, on peut réviser ses classiques ou se délecter de l’écriture de ces nouveaux auteurs reconnus et parfois complexes, mais on peut également se laisser aller à la comédie qui nous vient des boulevards. On a le droit de se laisser porter par les rires faciles de la blague potache, du cliché bien senti et de l’auto-portrait un peu hésitant.

Puisque j’en suis aux blagues potaches il est bien normal que je vous parle de cette pièce découverte il y a peu au Théâtre Le Temple et qui s’intitule “Les mémoires d’un Pénis”. Le pitch le voici : On reproche souvent aux hommes de penser avec leurs sexes plutôt qu’avec leur tête… C’est pas faux… Mais après tout, les pénis de ces messieurs ont peut-être bien des choses à raconter.  Que diraient-ils si nous leur donnions la parole… La surprise est de taille. C’est dans la célèbre émission ” Personne n’en parle mais Tout le monde le fait” que deux pénis, Patrick et David, vont venir se confesser sur la difficulté d’avoir une érection matinale, sur le risque de la panne , leur vision du couple et particulièrement de la “salle de jeux” de madame. A quoi pensent-ils ?. Les pénis sont-ils vraiment à l’aise dans les soirées libertines?…

Tony Barnes, l’auteur, ouvre nos braguettes pour partager les anecdotes croustillantes sur l’épisode catastrophique du dépucelage, les erreurs de destinations et toutes ces petites choses qui nous apprennent que la vie d’un pénis est une dure lutte quotidienne.

Alors ne nous le cachons pas, cette pièce, c’est du lourd, du potache sans jamais pourtant s’abandonner à la vulgarité. Dans la digne lignée de l’humour à la sauce Canal +, les mémoires d’un Pénis sont une sorte de réminiscence de tout ce que les hommes ont pu imaginer comme dialogue solitaire quand ils avaient 15 ans et notamment le jour J quand ils s’adressent à leur sexe en cherchant à le rassurer, chacun selon sa méthode personnelle : le propriétaire paternaliste “n’aie pas peur  tout va bien se passer, il n’y a aucune raison que tu n’y arrives pas, tu t’es entraîné toute ta vie” ou le coach sportif “ne me fais pas honte … droit au but, on marque et on s’en va!”.

C’est donc une heure de blagues gentilles sur le sexe, une heure d’explication de texte sur le mâle et son mode d’emploi, le tout interprété joyeusement et efficacement par Pierre Marquez, Cyril Damet et Nicolas Gille. Ce n’est pas parce que c’est un ami, mais je dois dire que ce dernier est particulièrement bon dans son rôle (de composition, faut il le préciser?) du pénis frustré et mal dans sa peau qui semblerait hésiter entre l’abstinence papale et l’homosexualité refoulée.

Vous l’avez bien compris cette comédie est drôle, bien faite, bien interprétée et elle garantie un bon moment estival entre amis  comme un apéritif au bord du Canal Saint Martin: on vient, on s’amuse et on rentre content. C’est tout le mois d’août au théâtre du Temple et on peut réserver en cliquant sur le lien.

7 thoughts on “J’ai rencontré les mémoires d’un pénis

  1. En réponse à Madame Marie.

    Que vient faire de la politique, sur un commentaire pour du divertissement. Les mémoires d'un pénis, ce n'est ni une tribune politique, ni une tribune machiste, c'est juste un divertissement. Je ne comprend pas la dérive de vos pensez.

    Voir de l'engagement partout, c'est oublié le plaisir de jouer ou de voir.

  2. [On reproche souvent aux hommes de penser avec leurs sexes plutôt qu’avec leur tête… C’est pas faux… ]: ) À mon humble avis mais je ne suis pas sexopsychomasculinologue, à ce stade c’est souvent pulsionnel et c’est seulement après que les hommes commencent à penser, à l’inverse de nous les nanas. Je me demande si dans cette pièce les femmes ont ri en même temps que les hommes ….moi j’aime bien avoir l’ambiance de la salle. C’est toujours un laboratoire de « sciences humaines » 😉 intéressant. En somme, nos amis la refont « monologue du vagin » version pénis http://www.3tcafetheatre.com/spectacle.php?idspec… ben oui ! Quand je vous dis qu’on pense avant nous, pour les spectacles c’est pareil, voilà pourquoi aussi les hommes ne veulent pas de nous en politique … des fois qu’on aurait des idées géniales avant eux. Non mais ! LA politique c’est forcément viril …ben alors pourquoi c’est féminin itsgoodtobeback : )

    1. Ayant vu la pièce, j'ai pu apprécier les répliques drôles et le texte efficace pour cette pièce populaire (mais pas vulgaire). Et oui les femmes riaient comme les hommes. Et non rien à voir avec les Monologues du Vagin. Ce n'est ni une question de politique, ni de féminisme, ni de machisme, il n'est pas question ici d'opposer les hommes et les femmes, il s'agit d'un divertissement frivole, d'un jeu. Et pour avoir l'ambiance de la salle, rien de tel que de se déplacer voir de ses propres yeux plutôt que de camper sur ses positions. Après en effet, rien n'empêche le débat 🙂

  3. Je n'ai pas vu la pièce, mais le sujet me rappelle l'excellent livre de Jacques Biolley : "Comme un ciel de Chagall : Chroniques extraordinaires d'un pénis ordinaire".

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