Le retour des politiques ou la fin des vacances

Share
françois hollande
François Hollande attend le changement

Quoi ca y est ? Tout est fini ? Les bikinis, les torses nus, les maillots de bain sexy et les propos fleuris du bord de l’eau où résonnent comme un air de pastis un peu dense ? Ils sont de retour dans nos journaux les cadors du printemps, François Hollande et sa normalité un peu trop affirmée pour être honnête, Martine Aubry et ses fausses sorties quelque peu aigries, Ségolène Royal et son absence toujours plus pressante, François Fillon et son amnésie de 5 ans, Jean-François Copé et ses certitudes de dans 5 ans… et même, tenez vous bien, Nicolas Sarkozy qui aura quitté la vie politique à peine deux mois… Oui pour eux aussi, it’s so good to be back !

Il y a comme un air de foutage de gueule qui règne dans notre doux pays. A gauche la réforme peine à venir. On nous répète à l’envie que François Hollande est l’héritier non pas de l’agitation sarkozyste mais de temps des cerises de François Mitterrand… Ah le « il faut laisser du temps au temps » redevient à la mode. C’est un peu oublier que ce fut le leitmotiv du second mandat de notre sphinx national et non du premier. Les plus anciens dont je ne suis pas se souviendront de l’été 1981 comme d’un moment de grande euphorie où le changement s’imposait « maintenant » et pas « plus tard ». Mai à aout 1981 : quatre mois de rêve, d’intense bonheur pendant lesquels souffla le vent du changement. Quatre mois, et peut-être plus, durant lesquels nos parents (enfin ceux de gauche !) crurent enfin que tout était possible. Les 39 heures acquises à la mi-juillet, l’augmentation du smic, la régularisation de 300000 sans-papiers , la création du ministère du temps libre… Un sentiment qui fit long feu puisque à la fin de l’été 1981, Jacques Delors, alors ministre de l’Economie, annonçait une pause dans les réformes. Il fallait désormais compter avec « le temps »…

Mai à Aout 2012 : le changement se limite à quoi ? le détricotage des réformes fiscales des 5 années précédentes et l’annonce de nombreuses table-rondes pour préparer « le changement » structurel.

Impatience de ma part ou réalisme ?

Qu’importe finalement car l’on sait d’expérience qu’aucun président n’a jamais réformé dans la durée et que ce qui marque l’identité profonde d’une présidence, ce sont justement ces 4 premiers mois, ces 100 jours qui impulsent ou qui ensablent. Désormais, François Hollande est condamné à faire mentir cette tradition en faisant des 4 prochains mois une intense période de réformes.

Pendant ce temps, le reste de la classe politique est tournée de manière outrageante vers 2017 et le prochain rendez vous présidentiel. Quelle ne fut pas ma surprise en entendant la 1ère secrétaire du parti socialiste réclamer « deux mandats pour François Hollande » alors même que le premier se refuse à débuter … Elle compte les années la Martine, ces années pendant lesquelles sont unique obsession sera de piquer la place de son camarade Nantais à Matignon… tout un programme…

l’ancien premier ministre François Fillon (G) et le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé

A droite l’obsession présidentielle parait plus légitime puisqu’ils n’ont finalement que ca à faire. Le combat de coqs a débuté entre Fillon et Copé et là encore il ya de quoi s’étouffer. Quand je lis dans le Point une interview de celui qui fut Premier ministre pendant 5 ans et qui déclare comme si de rien n’était « Il faut des réformes radicales » je n’arrive même pas à y croire tant il faut de culot pour oser prononcer ces mots… Quand à notre bon Copé, le roquet mielleux de Meaux il semble ne plus savoir à quel saint se vouer. Chantre de l’indépendance vis-à-vis de Sarkozy quand ce dernier était à l’Elysée, il ne cessait de faire savoir que Lui il ferait différemment, qui Lui il réformerait vraiment, que Lui il était sur une autre voie … le voici transfiguré en héritier fidèle et loyal arborant presque fièrement un tee shirt « I Love Nicolas »…

Les deux prétendants aiment si fort Sarkozy que c’est finalement ce dernier qui pourrait remporter la timbale et faire la nique à tout le monde pour finalement reprendre sa place en 2017 surfant sur l’échec annoncé (et par la droite espéré) du Président normal…

Définitivement en cette fin de mois d’aout … It’s good to be back !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *