Le vert est dans le fruit

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A tous mes horrifiés orthographiques merci de ne pas hurler à la mort encore une fois … la seule erreur (dans ce titre) est d’avoir laisser un vert (et même deux) accéder à des responsabilités gouvernementales !

Daniel Cohn-Bendit fondateur d'Europe Écologie claque la porte, le coup d’État des Verts est terminé

Voyez vous, on peut s’en lamenter ou s’en amuser, François Hollande semble en passe d’obtenir la médaille d’or du plus mauvais début de mandat pour un Président de la Vème République ; pour autant rien n’est perdu, on le sait, l’important n’est pas la chute mais l’atterrissage … dans 5 ans.

On ne reviendra pas sur l’ensemble des péripéties qui font dire aux esprits les plus attachés à la mélodie du changement que l’impatience est certes normale mais que tout se passe comme prévu et donc que tout va très bien Madame la Marquise. Pour le reste on s’amusera un instant des derniers reniements des Verts ou, pour être plus exact, de ce qu’il reste d’Europe Écologie – les Verts.

On a écrit ici même, en un autre temps, il y a en fait un peu moins d’un an : « Europe Écologie est morte. Vive Les Verts et l’échec de la recomposition de l’écologie politique », point d’anticipation dans cette phrase, juste une froide analyse qu’à l’époque des esprits chagrins auraient encore pu considérer  comme de « la mauvaise foi ». Pourtant, à coups d’anathèmes, de revirements, de débats enchevêtrés et de gauchisme rougeoyant, les Verts ont réussi à voler l’âme et le nom d’un mouvement politique prometteur pour en faire une officine au service de quelques oligarques en mal de postes et de mandats… un parti de notables.

Mon esprit a du mal à saisir la subtilité des prises de positions verdoyantes : comment peut on refuser de voter un traité européen parce qu’il impose la rigueur budgétaire et, dans le même temps, voter un budget qui justement instaure une politique économique de rigueur ? Et si par le plus grand des hasards, les Verts prient d’une subite envie de cohérence politique se décidaient à aligner leurs positions pour les deux votes, comment peut on être membre d’une majorité et refuser le budget présenté par cette même majorité, budget qui est par principe le cœur même de toute politique publique ?

En leurs temps les communistes ont défendu l’idée d’un soutien à la majorité sans participation au Gouvernement (1984-1986 puis 1988-1993), c’était là une mise en application d’un principe vieux comme le monde à savoir choisir le moindre des maux. En 2012, les Verts ont quant à eux inventé la participation sans le soutien. Ils prennent les postes ministériels, ils acceptent les investitures du parti socialiste aux élections législatives mais une fois venue l’heure des choix politiques, ils font défaut à la majorité et au président de la République. Que voilà donc de tristes sires qui promettaient une autre manière de faire de la politique et qui sont finalement plus avides de pouvoir et de privilèges que leurs anciens maitres.

Daniel Cohn-Bendit s’en est allé, encore une fois. Il claque la porte et éructe sous le regard amusé de l’insupportable Jean-Vincent Placé, sénateur de l’Essonne élu par une majorité socialiste et 2e vice-président de la région Île-de-France, élu grâce à l’héritage électoral laissé par un certain Cohn-Bendit à l’occasion des élections européennes… Mais qu’importe tout cela parce Dany a lui aussi changé d’avis comme de chemise sur la question du fameux traité. Ainsi en novembre 2011 il fustige sur France-Inter un traité dangereux et invente à l’occasion une expression qui aura un beau succès : “le traité Merkozy”. C’est à l’été 2012 que le député européen change définitivement d’avis à cause, ou grâce, au volet croissance imposé par François Hollande et qui prévoit en effet le déblocage de 120 milliards d’euros pour soutenir les grands projets européens, et la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières avant la fin de l’année, cette dernière mesure étant depuis de nombreuses années l’une des propositions phares de Dany qui, une fois encore, est mis en minorité dans son propre mouvement et tire sa révérence.

Comme je l’entendais ce matin sur ma radio préférée … le Ver(t) est désormais dans le fruit … bon appétit !

 

4 thoughts on “Le vert est dans le fruit

  1. via G+
    C’est à désespérer de la clairvoyance de la majorité des électeurs alors. A moins que ces valeurs ne leur paraissent pas nécessaires pour ce type de responsabilité, ce qui me semble pire comme explication !

  2. via G+
    On en a de ce genre d’hommes et de femmes politiques sauf qu’en général ils perdent les élections …

  3. Via G+
    Eh oui, ça m’interroge beaucoup sur le sens de l’engagement politique : agir pour le bien commun ou obtenir des postes pour son bien personnel ?
    Oui je sais, je suis sans doute naïf, mais je préfère dire idéaliste.
    Après tout rien ne m’interdit (encore) de rêver à avoir en France des responsables politiques honnêtes, courageux et soucieux du bien-être du pays et de de ses citoyens…
    Vous croyez que ça existe ?

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