Quand La FEHAP assassine la CCN51… vers la fin des conventions sociales

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CCN 51 il faut désamorcer la crise

Connaîssez-vous chers amis la FEHAP  ? Non ? Il s’agit de la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la personne. Association loi 1901 créée en 1936, elle regroupe 2 850 établissements et services de santé et d’accueil rassemblés autour de règles communes qui sont fixées par la  Convention Collective Nationale du 31 octobre 1951 (convention CCN51 pour les intimes), véritable charte des droits et des devoirs pour tous ses membres et dont dépendent totalement 250 000 salariés.

Si vous allez vous balader sur son site vous découvrirez qu’outre son action assumée de lobby auprès de l’Etat,  elle revendique le rôle « d’organisation professionnelle auprès des établissements adhérents pour les aider à remplir le mieux possible leur mission dans le souci partagé d’une amélioration constante de la qualité et de la performance au service de l’usager »  vaste programme au demeurant quand on connaît les graves carences dont sont non pas coupables mais victimes les professionnels du monde hospitalier français depuis désormais de trop nombreuses années.

En cette période de crise économique où le lien social se tend jusqu’à la rupture, des plans sociaux s’affichent à la une des journaux nationaux. On se scandalise depuis notre canapé pour des hommes et des femmes qui, après des années de bons et loyaux services, se retrouvent abandonnés en rase campagne par des actionnaires avides de préserver leur statut et leurs revenus au risque de sacrifier l’humain et la petite part d’humanité qui pouvait subsister dans les relations sociales… Au même moment, dans l’assourdissant silence médiatique, notre chère FEHAP a décidé de dénoncer sa convention collective… la fameuse CCN51 que je vous ai présenté quelques lignes plus haut avec effet au 1er décembre 2012 et ce dans un seul objectif : réduire son coût.

La CCN51 aura survécu aux grandes crises des années 70 et 80, elle n’aura pas souffert de la récession de 1993, aux surchauffes de 2008 mais voilà que l’atmosphère antisociale semble justifier l’impensable, la fin de la pierre angulaire qui, seule, pouvait justifier l’existence de la FEHAP et dont, répétons le encore ici 250 000 salariés dépendent.

Ainsi donc toutes les règles fixées par cette convention, c’est-à-dire au travers d’un accord social et partenarial sur le mode du gagnant-gagnant, seront remises en cause. Il ne s’agit pas là de la perte « d’avantages » ou de « privilèges » mais purement et simplement de la négation de toutes les avancées permises par le progrès technologique et social de ces 60 dernières années. Cette dénonciation conduirait à un retour au droits minimaux fixés par le Code du Travail et un changement des règles concernant notamment (mais pas seulement) les jours fériés, les promotions, La reprise de l’expérience professionnelle, le déroulement de carrière lié à l’ancienneté, les indemnités de départ à la retraite, les indemnités de licenciement…

La dénonciation de cette convention collective est d’une ampleur inégalée, puisqu’elle englobe non seulement la totalité des grilles de classification mais également l’ensemble du système de rémunération, foulant aux pieds l’ensemble des traditions de dialogue social dans ce secteur d’activités.

Alors bien sûr on peut s’interroger… comment en est on arrivé là ?

On pourrait croire que la FEHAP a dû faire face à un blocage de syndicalistes bolchéviques et aveugles, incapables de négocier ou d’incarner une juste évolution des droits et devoirs des salariés dans une période difficile de réduction des budgets… On pourrait mais pourtant l’interlocuteur privilégié en la matière n’est autre que la CFE-CGC Santé Social, autrement dénommée Fédération Française de la Santé, de la Médecine et de l’Action Sociale. On est loin du syndicalisme buté et vieillot mais plutôt dans le cadre d’un rassemblement de tous les professionnels de la santé, de la médecine, du social et du médico-social au sein d’une Fédération qui est elle-même composée de différents syndicats dont les adhérents sont regroupés selon leur profession, leur catégorie, ou leur secteur d’activité.

Malgré une année pleine de tentatives de négociations, la FEHAP refuse tous les compromis proposés et bloque aujourd’hui toutes les négociations jouant la montre jusqu’à la date fatidique du 1erdécembre prochain.

La CFE-CGC ne réclame pas l’abandon du projet de la FEHAP, elle souhaite juste obtenir des négociations justes et équilibrées et, pour ce faire, un report de la date de dénonciation de la convention CCN51 afin que ce mot « convention » ne soit pas un mensonge mais la promesse d’un avenir choisi conjointement.

Au-delà du symbole, au-delà même de la situation de nos 250 000 concitoyens directement impactés, cette remise en cause des rapports sociaux équilibrés, du droit conventionnel nous concerne tous directement car, d’une manière ou d’une autre, nous sommes tous des enfants du progrès social et du compromis entre nécessités budgétaires légitimes et justice sociale.

Si vous souhaitez en savoir plus n’hésitez pas à vous rendre sur http://cfecgc-santesocial.fr/component/content/article/332

 

 

 

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