Modem ou UDI : rétablissons quelques vérités part 2

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Première partie c’est par ici

A l’heure de l’union rien n’a jamais valu davantage que la création de sa propre chapelle. On fonde son propre parti en jurant la main sur le coeur que notre seule volonté, notre espoir ultime est le rassemblement un peu à la manière du général qui jure que le coup d’Etat perpétré et l’assassinat du président démocratiquement élu n’ont pour autre objet que le rétablissement de la démocratie.

 On nous le dit et on nous le répète tout est, au centre, de la faute de François Bayrou, l’illuminé du Béarn qui aurait sacrifié l’UDF sur l’autel de son ambition démesurée.

Raymond Barre : la vérité quel qu'en soit le prix

Rétablissons quelques vérités: François Bayrou prend la tête de l’UDF en 1998 en s’opposant au mouvement Démocratie Libérale d’Alain Madelin et en s’appuyant sur l’autre composante de l’UDF, le parti Force démocrate qu’il préside et qui est né en 1995 de la fusion du CDS et du Parti social démocrate d’André Santini. C’est cette même année que l’UDF implose à la suite des élections régionales. En effet,  la direction de Démocratie Libérale, qui comprend plusieurs anciens militants de groupes étudiants d’extrême droite, soutient l’élection de présidents de régions UDF avec les voix du FN (Jean-Pierre Soisson en Bourgogne, Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon, Charles Baur en Picardie et Charles Millon en Rhône-Alpes), contrairement à la consigne de François Bayrou qui décide d’exclure Jacques Blanc, de l’UDF. Démocratie Libérale décide pour sa part de maintenir l’élu dans le parti ce qui mène à la scission entre les deux mouvements.

Lors des élections européennes de 1999 les principales têtes de listes ne sont pas pour nous des inconnus : François Hollande pour le PS, Nicolas Sarkozy allié à Alain Madelin pour la liste RPR-DL et François Bayrou pour l’UDF. Avec 9,5 % des voix ce dernier semble réaliser un score pathétique pour un scrutin habituellement extatique chez les centristes. C’est néanmoins oublier que l’alliance droite-centre droit dirigée par Nicolas Sarkozy obtient pour sa part le score ridiculement historique de 12,5 % des voix. Les causes de l’échec doivent dès lors être cherchées ailleurs que dans l’indépendance de l’un ou le ralliement de l’autre.

En fait François Bayrou a pris la tête d’une famille politique exsangue et en déshérence. Une famille qui n’a pas pris la mesure de l’échec de la stratégie d’alliance à droite mise en place par Valéry Giscard d’Estaing puis reprise, à contre-coeur, par Raymond Barre en 1988. Ce dernier en refusant de prendre la tête de l’UDF et de la rassembler en un parti unique a pris la responsabilité de laisser vivoter des micro-parti, clubs de soutiens à des hommes de petite ou moyenne envergure tels François Léotard, Alain Madelin, André Santini, Gérard Longuet ou Pierre Méhaignerie. Pire encore l’UDF est devenu le point de ralliement de la “vraie droite” dans ce qu’elle avait de plus conservateur voire de réactionnaire puisque à ses côtés la tutelle du Général de Gaulle préservait la plupart du temps le RPR du libéralisme outrancier ou du conservatisme abusif. Des valeurs du centre ne persistent finalement que l’européanisme béat de la démocratie chrétienne du lendemain de la seconde guerre mondiale. Pour le reste, les valeurs d’équités sociales, de progrès sociétal sont abandonnées au profit d’un parti socialiste qui lui même a sagement laissé tomber dès 1984 le programme commun d’obédience communiste au profit d’un programme de centre gauche teinté d’un peu d’écologie politique.

Dès 1998, François Bayrou pose les fondations de son projet politique : rendre son indépendance au centre et rassembler au delà de la droite. Ce n’est pas une révolution, c’est une restauration. C’est rendre au centre son identité politique quitte  à l’affaiblir un temps. Dans un premier temps il fallait laisser partir toutes celles et tous ceux qui idéologiquement n’était pas centristes ni même de centre droit mais tout simplement de droite. Cela fut rapidement fait. Dès les bases de l’indépendance posées; dès que le risque se fit sentir de perdre un siège aux élections européennes de 1999, de nombreux élus de droite quittèrent l’UDF pour s’allier d’abord de manière autonome puis organisée au RPR. Le mouvement aurait du s’achever en 2002 avec la création de l’UMP qui voit bien des élus abandonner encore le siège de la rue de l’Université pour rejoindre le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

François Bayrou n’a pas affaibli le centre, il en a permis la purge de ses cadres et de ses élites. François Bayrou n’a ni exclu, ni imposé. Les choix stratégiques qu’il a proposé ont tous été soumis au vote des adhérents de l’UDF puis du modem. Tous les cadres qui ont quitté le mouvement à un moment ou à un autre l’ont fait contre l’immense majorité des militants et, on le verra, des électeurs. Quelques chiffres marquent le décalage hallucinant entre le peuple des militants et l’aristocratie des élus centristes. Lors du dernier congrès de l’UDF en 2007, le motion proposant la transformation de l’UDF en mouvement démocrate indépendant de la droite a recueilli l’unanimité des votes moins 4 voix… quelques jours plus tard 23 des 29 députés annonçaient quitter le mouvement pour rejoindre la droite… D’un point de vue électoral, à l’élection présidentielle de 2007, il obtient un score supérieur à celui de Raymond Barre en 1988 et en 2012, bien qu’en forte diminution par rapport aux résultats de 2007, il reste 2 points au dessus de 2002 et exactement au même niveau que lors du scrutin des européennes de 1999 qui sont ses premières élections en tant que chef de file du centre mais qui était alors un centre rassemblé.

Ce n’est donc pas la stratégie de François Bayrou qui aurait affaibli le centre. Ce sont les lâchetés des uns et les trahisons des autres qui ont empêché le modem de rendre au centre toute sa place dans notre vie politique.

 à suivre

4 thoughts on “Modem ou UDI : rétablissons quelques vérités part 2

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