Tribune en faveur du droit au divorce pour toutes … les cigarettes

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Vous souvenez vous de votre première cigarette? Cette rencontre improbable qui vous amène sans même que vous puissiez le réaliser à un mariage catastrophique qui vous pourrit la vie, fait saigner vos gencives, tomber vos cheveux, rend votre teint jaune et donne une odeur nauséabonde à tous vos vêtements… Bizarrement je n’en ai qu’un souvenir vague et imprécis, comme un effort pour faire comme les autres, participer moi aussi à ces moments de détente où un homme, un vrai, place cette petite barre de papier, de tabac et de poison entre ses lèvres, laisse un ami y mettre le feu et aspire en fermant les yeux, laissant une fumée blanche pénétrer son corps et se répandre en une jouissance morbide. Être comme les autres même si on trouve que c’est dégueulasse, même si l’on tousse et que l’on est obligé de penser à autre chose, un sourire au lèvres, en lâchant quelque peu crânement “c’est vachement bien” alors que l’on sait pertinemment que c’est une horreur… la première fois avec une cigarette ne laisse pas un souvenir impérissable mais finalement on s’habitue et avec le temps (va) l’habitude se mue en affection puis en “addiction”.

Bien sur les gens bien intentionnés ne cessent de vous le dire en métaphore ou directement sous la couverture de cette insupportable franchise portée en étendard et qui masque souvent le manque d’éducation : elle te fait du mal, elle n’en veut qu’à ton argent… oui en gros ce n’est pas une drogue pour moi !

Puis les années passent, les murs jaunissent à leur tour et un jour, au détour d’un couloir, une collègue vous hèle dans le couloir : elle vous a reconnu à votre toux, ce grattement au fond de votre gorge que seule la cigarette matinale arrive à calmer et là vous savez qu’il vous faudra le courage de regarder la mégère droit dans le paquet et de lui dire de faire ses valises et d’aller bouffer l’atmosphère de quelqu’un d’autre … ailleurs !

Le plus difficile est peut être de ne pas la rappeler cette vieille crapule dans les moments où l’on se dit que finalement un tout petit câlin à la nicotine calmerait les angoisses de la nuit, une béquille pour mieux accepter les vicissitudes matinales, un truc pour s’occuper quand assis derrière le volant on doit attendre qu’une vieille charrue daigne démarrer entre deux feux rouges. Et là chers amis c’est le drame parce que je suis là pour lire les articles invisibles à vos yeux pressés. C’est le drame car j’ai lu l’article du Figaro Santé sur les méfaits de notre petite addiction quand on se soulage discrètement en voiture. croyez le si vous voulez mais en fait, fumer en voiture expose à une pollution par les particules fines trois fois supérieure à la norme fixée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la qualité de l’air intérieur et contrairement à une croyance répandue, le fait d’ouvrir la fenêtre ou de mettre la ventilation en marche ne permet pas de revenir à un taux inférieur. Ce résultat issu d’une étude écossaise publiée dans le Tobacco Control Journal conduit les chercheurs à alerter les fumeurs sur les conséquences pour la santé de leurs passagers.

Vous voulez vous faire peur pour la motivation? lisez les lignes qui suivent :

La présence de particules fines PM2.5 (de taille inférieure à 2,5 micromètres), qui pénètrent profondément dans les poumons, est en effet un facteur de risque de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, ainsi que de cancer du poumon. Les enfants, qui ont «une fréquence respiratoire plus rapide et un système immunitaire moins développé», sont particulièrement vulnérables, souligne le Dr Sean Semple de l’université d’Aberdeen. Chez les bébés et les enfants, la fumée secondaire peut notamment provoquer des problèmes respiratoires, de l’asthme ou des infections de l’oreille.

Éviter l’exposition des enfants à une pollution excessive

Pour cette étude réalisée en Grande-Bretagne, les chercheurs ont placé sur les sièges arrière des voitures des capteurs enregistrant la concentration de particules fines dans l’habitacle. En tout, 83 trajets d’une durée moyenne de 27 minutes ont été étudiés. Dans les voitures de fumeurs, le taux de pollution s’est élevé à 85 microgrammes/m3 en moyenne, soit 10 fois plus que chez les non-fumeurs. Le seuil moyen de concentration de particules fines sur 24 heures est fixé à 25 µg/m3 maximum par l’OMS.

«Une interdiction de fumer en voiture permettrait d’éviter l’exposition des enfants à un tabagisme passif excessif», concluent les chercheurs. Cette mesure a été adoptée par l’Afrique du Sud, mais aussi par certains États canadiens et américains lorsque des enfants sont à bord. En France, les associations de lutte contre le tabagisme y sont favorables. Une proposition de loi en ce sens a d’ailleurs été déposée à l’Assemblée nationale en 2008, mais elle n’a pas été votée.

«En évitant l’exposition au tabagisme passif, on protège les non-fumeurs, surtout les plus fragiles, et on aide les fumeurs à arrêter», indique le Pr Albert Hirsch de la Ligue contre le cancer, rappelant que la fumée de cigarette contient aussi du monoxyde de carbone qui est toxique pour le cœur et le cerveau. Soulignant «la complexité d’une intrusion du législateur dans un lieu privatif», l’association Droits des non-fumeurs préconise de son côté l’installation dans les voitures de voyants lumineux pour alerter les fumeurs sur la présence de particules fines dans l’habitacle.

Selon une étude québécoise menée en 2011, 14 % de la population fume en voiture et 25 % des jeunes adultes de 15 à 24 ans sont exposés, chaque jour ou presque, au tabagisme passif en voiture.

via le Figaro

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