Un regard sur Bertrand Delanoe, le bilan vu du Xème arrondissement de Paris (1)

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Maire de 2001 à 2014
Maire de 2001 à 2014

Time is fleeting chantait Riff Raff… un voyage qui contrairement aux contes cinématographiques des années 70  s’achève toujours quand il est de nature politique. Ainsi en est il également du voyage engagé par Bertrand Delanoë à la tête de la mairie de Paris en 2001 qui prendra fin dans moins d’un an et demi, en mars 2014. Monsieur le Maire aura fait honneur à cette ville en maintenant d’une main de fer le navire amiral des communes françaises à flots pendant 13 ans… Fluctuat Nec Mergitur nous répète t’on à l’envie place de l’Hotel de Ville où l’on défend un bilan politique rose bonbon qui fait abstraction de nombreuses zones d’ombre, de sujets dont on ne peut traiter sans voir s’échauffer le maire autocrate d’une administration qui est au bord de la crise de nerf.

A Paris, personne ne parle de bilan.

L’équipe municipale se cache derrière l’icone, l’homme de cette conquête improbable, son image de personnalité intègre qui est élu sur un malentendu. Revenons en mars 2001. Au second tour des élections municipales les listes menées par Bertrand Delanoë obtiennent la majorité des sièges au Conseil de Paris grâce à la division de la droite qui elle a obtenu la majorité des suffrages exprimés dans la capitale.

Vélib, Paris Plage, les nuits blanches, un attentat et une intransigeance réaffirmée à chaque prise de parole suffiront à inscrire dans l’imaginaire populaire ce mythe devenu réalité : Bertrand Delanoë est un maire populaire dans sa commune. Populaire certes mais à quel point et pour quel bilan?

Ce sont ces questions auxquelles nous allons tenter d’apporter quelques éléments de réponse en travaillant le bilan du maire désormais sortant thématique après thématique mais au travers de plusieurs articles.

La popularité de Bertrand Delanoë est pour moi un mystère car au delà des militants socialistes qui tombent par principe en pâmoison devant n’importe lequel des candidats désignés par le parti, même s’il s’agit d’un cochon dinde; qui peut donc trouver cet homme agréable et sympathique. Autoritaire, froid, distant, snob et cassant sont en fait les premiers mots qui me viennent à l’esprit quand je pense au caractère du maire de Paris. Il se cache derrière ce petit personnage fluet des rêves de grandeur inassouvis, des frustrations d’enfance qui laissent au personnage désormais vieillissant comme des marques contradictoires  mêlant ses complexes d’une infériorité inavouée et d’une supériorité incomprise.

La comparaison entre Bertrand Delanoë et Jacques Chirac est sans appel

Bertrand Delanoë n’est en fait pas à proprement parlé “populaire”. Élu, je l’ai dis, sur un malentendu en 2001; il est par la suite apparu, avec justesse, comme le plus compétent des candidats qui se présentaient à la mairie de Paris; comme le seul candidat “sérieux”. Pour autant les résultats des élections municipales de 2008 démontrent que Delanoë n’est jamais qu’un vainqueur par défaut; l’homme qui parvient à rassembler une majorité sur une ambition commune de conquête mais pas sur un projet réellement ambitieux. Permettez un instant la comparaison avec le maire historique de Paris, Jacques Chirac. En 1977, Chirac est lui aussi élu dans le cadre d’une triangulaire mais qui ne divise pas ses opposants mais son propre camp. Au terme du 2nd tour ses listes s’imposent dans 13 arrondissements contre 1 aux candidats UDF et 6 à la gauche (4e, 11e, 13e, 18e, 19e et 20e arrondissements).

Six ans plus tard, en 1983, en pleine domination socialiste sur le pays, les listes menées par Jacques Chirac emportent la majorité dans la totalité des 20 arrondissements de Paris alors même que le parti socialiste présentait comme candidats des personnalités de premier plan telles que Jack Lang ou Lionel Jospin.

Six ans plus tard, en 1989 et à peine 1 an après une cinglante défaite aux élections présidentielles, Jacques Chirac emporte à nouveau la majorité dans la totalité des 20 arrondissements de la capitale. Il faudra attendre 1995 pour que la gauche revienne et emporte 6 arrondissements sur 20 mais cette fois face à Jean Tiberi ce qui tend à démontrer que les grand chelem de la droite en 1983 et 1989 se faisaient d’abord et avant tout sur la personnalité du maire sortant dont la popularité garantissait une écrasante majorité au conseil de Paris.

A titre de comparaison, en 2008, dans ce que l’on a considéré comme une “grande victoire personnelle” de Bertrand Delanoë et face à une droite parisienne exsangue et divisée, la gauche obtient la majorité dans 12 arrondissements contre 8 à la droite.

En un mot, la popularité du maire de Paris est un souffle éphémère porté par une politique de coups médiatiques

Des coups qui n’en finissent pas de lasser la population qui attend l’émergence de nouveaux élus ancrés dans la réalité des territoires et des drames qui s’y jouent. Au delà d’Auto-Lib les parisiens s’interrogent sur l’absence de plan d’ensemble concernant la politique des transports, au delà de excuses toutes faites, ils attendent des réponses sur la problématique du bruit, véritable fléau diurne et nocturne; par delà les marchés bio du dimanche matin ils espèrent des promesses tenues sur la qualité des produits servis dans les cantines scolaires; au delà de la l’auto satisfaction d’une majorité sans programme, les parisiens espèrent autre chose qu’un homme, ou une femme, dont la seule ambition serait de s’installer dans le fauteuil de Jacques Chirac.

Vous me trouvez injuste avec Bertrand Delanoë ? Peut-être mais dans ce cas je vous propose que nous tournions ensemble quelques pages du bilan de 13 ans de gouvernance à Paris …

La suite La folie fiscale du maire de Paris

5 thoughts on “Un regard sur Bertrand Delanoe, le bilan vu du Xème arrondissement de Paris (1)

  1. davgel : NOUS c’est une question de Méthodo, parce que NOUS réfléchissons ensemble, et déclinons nos idées rédigées dans les billets itsgoodtobeback… Mais je vous accorde que nous sommes une bande d’espiègles très mal formatés à la psychorigidité du rose obligé. C’est jolie le rose mais pas que ! Il parait qu’en démocratie les arcs en ciel sont autorisés vous vous rendez compte ? Mais si ça tombe les arcs en ciel c’est subversif dans la Vème 😉

  2. ca balance sec et ca commence à sentir la campagne électorale tu as pas peur IGTBB parce que les militants de Bertrand vont se lâcher sur toi …

  3. Parler de supposés complexes et frustrations de Bertrand Delanoë…dans un post dont le titre est “vu du Xè”, au lieu du “vu par itsgoodtobeback” ; l’emploi du “nous” au lieu du “je” dans ce même post…tout cela me laisse vaguement penser que si frustration et complexe il y a chez Delanoë, vous devriez ensemble aller voir un psy…
    Signé : “je” – moi-même habitant du Xè

    1. je n’ai rien contre aller voir le psy en question je crains fort que nous en ayons tous besoin … mais avant je proposes de relire le post en question … je reconnais un “nous” de circonstance au 5ème paragraphe “Ce sont ces questions auxquelles nous allons tenter d’apporter…” mais pour le reste :
      – 4ème paragraphe “La popularité de Bertrand Delanoë est pour moi un mystère”
      – 5ème paragraphe “Élu, je l’ai dis, sur un malentendu”
      – dernier paragraphe “Vous me trouvez injuste avec Bertrand Delanoë ? Peut-être mais dans ce cas je vous propose que nous tournions ensemble quelques pages du bilan de 13 ans de gouvernance à Paris …”
      Votre critique est donc pour le moins un peu poussée … en tout cas pas vraiment démontrée … le reste du texte est dépourvu de nous ou de je … il doit subsister deux “on” génériques … du style “peut on croire”
      Pour ce qui est du titre il s’agit d’un clin d’œil, d’une formule de style… le premier observateur de la vie politique parisienne sait que les habitants du Xème arrondissement votent de plus en plus massivement pour les listes socialistes et écologistes depuis 1995; phénomène qui est parallèle à l’embourgeoisement significatif de ces quartiers de Paris mais c’est encore un autre sujet en partie aborder sur un autre post : que l’on peut lire en cliquant sur le lien

      pour conclure à défaut de ps. je sais que le paragraphe sur les frustrations de Bertrand Delanoë est un peu désagréable mais il faut accepter quand on s’engage dans la vie publique d’être parfois un peu molesté et de voir pointer du doigt les traits de son caractère qu’on aurait préféré taire … cela s’appelle le revers de la médaille.

  4. Ohhh j attendais tellement la nouvelle saga de IGTBB… Ca s annonce sous les meilleurs hospices… Hate de lire ca!! J espere qu il y aura un volet par jour!!

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