Obama-Romney : la nuit politique de l’année

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le face à face du 6 novembre 2012

Je sais vous en entendez parler chaque jour de cette élection comme si, au détour d’un bureau de vote de l’Iowa le résultat qui sera connu dans la nuit allait changer notre vie. Nous ne sommes pas à ce point aveugles ; nous réalisons jour après jour que même l’élection du Président français n’a qu’un impact limité sur notre quotidien alors que dire de l’élection du Président des Etats-Unis ?

Nous ne sommes pas aveugles et sourds et pourtant qui peut nier que l’histoire du monde et donc de la France aurait été différente si par une froide nuit de novembre 2000 la Cour suprême américaine  n’avait pas décidé de mettre un terme au recomptage des voix qui s’étaient portées sur George W Bush et … dans l’Etat de Floride ? Qui peut croire qu’une présidence Al Gore, candidat démocrate, libéral et écologiste, aurait été différente de celle que nous avons supporté pendant 8 ans : Républicaine, ultraconservatrice, impérialiste et ultralibérale ? En un mot : personne. Et pourtant, un recomptage privé organisé en 2001 par un consortium de journaux permit de mettre en évidence qu’un  comptage manuel des bulletins litigieux aurait alors donné une victoire serrée à Al Gore…

Si l’on en croit les sondages qui sont, rappelons le probablement encore moins fiables aux Etats Unis qu’en France, le président Obama serait légèrement en tête dans les états clés alors que le candidat républicain serait légèrement devant au niveau national… mais alors qui sera le gagnant ?

Le système électoral américain peut en soit apparaitre très complexe et pourtant il est loin de nous être inconnu

Environ 215 millions d’électeurs répartis en 50 Etats se rendent aux urnes non pour élire le président mais pour élire de grands électeurs qui à leur tour éliront le 17 décembre le président et son vice président. Il s’agit donc de 50 élections indirectes dans 50 Etats plus le district de Columbia.

538 grands électeurs

Ainsi chacun des cinquante États élit un nombre de « grands électeurs » égal au nombre de ses Représentants et Sénateurs soit un total de 538 (100 au titre du Sénat, 435 au titre de la Chambre des représentants, 3 pour le District fédéral de Columbia). En effet, tous les États possèdent deux sénateurs et au moins un représentant, le nombre total dépendant de la population : ils possèdent donc au minimum trois grands électeurs. L’État le plus peuplé, la Californie, dispose de 55 votes, alors que les huit États les moins peuplés n’en ont que 3 chacun. Depuis l’adoption du 23e amendement, le district de Columbia reçoit a priori autant de grands électeurs qu’il en aurait s’il était un État, mais ne peut cependant en recevoir plus que l’État le moins peuplé de l’Union. Ce même amendement n’attribue des grands électeurs, en plus des États membres de l’Union, qu’au seul district de Columbia. Les autres territoires des États-Unis tels que Puerto Rico ou Guam ne participent donc pas à l’élection présidentielle.

Les partis politiques nomment leurs listes de grands électeurs lors des conventions politiques d’États. Un grand électeur ne peut faire partie du Congrès. En principe, les votes populaires devraient être exprimés en faveur d’un grand électeur. Dans la pratique, les bulletins de vote sont rédigés sous la forme « grand électeur en faveur de tel ticket » ou mentionnent simplement le nom des candidats.

Autre spécificité américaine, le système du « tout-au-vainqueur ».

Dans tous les États sauf deux, le Maine et le Nebraska, le système électoral donne toutes les sièges de « grands électeurs » de l’État au candidat arrivé le premier. À titre d’exemple, en 1972 Richard Nixon a été élu avec plus de 95 % des voix des grands électeurs alors qu’il n’avait emporté que 60 % du vote populaire. C’est ce qui explique que le président élu peut ne pas être le candidat ayant recueilli le plus de suffrages populaires.

Al Gore à la convention du parti démocrate de 2000

C’est ce qui s’est passé en 2000. Le résultat officiel final fut de 50 456 002 voix pour Bush (47,9 %), 50 999 897 pour Gore (48,4 %), Ralf Nader (écologiste) en obtient 2 834 410 (2,7 %) et Patrick Buchanan (Reform Party) 446 743 (0,4 %). Il y encore eu des voix pour 12 autres candidats (en tout 0,6 %).

Bien que battu dans le vote populaire, George W. Bush a remporté le plus grand nombre de « grands électeurs » grâce à une avance officielle de 537 voix en Floride. Il était alors le vainqueur du scrutin. Ce n’était pas la première fois dans l’histoire du pays qu’un président était investi avec moins de voix que son adversaire au plan national. Au XIXe siècle, les républicains Rutherford B. Hayes et Benjamin Harrison avaient également été élus avec moins de voix que leur adversaire. En France on a beaucoup critiqué ce système estimant qu’il s’agissait d’un déni de démocratie mais en oubliant un peu facilement que c’est quasiment le même système qui a été instauré (par la gauche) pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille. On oublie ainsi qu’en 1983 Gaston Deferre restait maire de Marseille grâce aux « grands électeurs » alors qu’il était minoritaire dans le vote populaire. On oublie aussi qu’en 2001 Bertrand Delanoë à Paris et Gérard  Colomb à Lyon s’imposent dans les mêmes conditions… ils étaient minoritaires en suffrages mais majoritaires en sièges.

Le système des grands électeurs est la condition obligatoire pour garantir la représentation des petits Etats au sein de la fédération américaine

En effet, les États-Unis sont une fédération dans laquelle les cinquante États autonomes doivent être représentés équitablement. En 1783 les premiers États se méfiaient du pouvoir fédéral et ont donc eu tendance à vouloir limiter les pouvoirs du président des États-Unis. C’est pour cela que la Chambre des représentants s’était alors opposée à la proposition du Sénat qui visait à appeler le Président des Etats-Unis : « sa majesté le Président des Etats-Unis ». L’expression a été remplacée, à l’occasion d’un vote de la chambre par celle de « Monsieur le Président des Etats-Unis ». Son mode d’élection a été fixé d’une part pour limiter sa légitimité par rapport à celle des parlementaires, il ne dépend pas directement du choix du peuple, mais aussi pour tenir compte de critères plus pratiques et concrets … il fallait plusieurs jours pour traverser les Etats Unis aux 18ème et 19ème siècles et dès lors la tenue d’un scrutin le même jour sur l’ensemble du territoire était pratiquement impossible à organiser dans des conditions acceptables pour la démocratie.

Enfin c’est un mode de scrutin qui d’une part garanti aux petits États un minimum de représentation et compense cette opération par le principe du Winner take all qui lui donne un poids significatif aux Etats démographiquement dominants.

Le Bipartisme américain … une légende

La presse française tente souvent de nous montrer un duel à chaque élection mais on est loin du compte. En effet l’exemple de l’élection de 2000 est frappant Al Gore contre G Bush certes mais c’est faire abstraction des 14 autres candidats qui obtiennent en tout 3,7 % des voix et qui donnent ainsi la victoire à Bush. Ce n’est presque que justice puisque 8 ans plus tôt les candidats indépendants et surtout le conservateur Ross Perot obtiennent plus de 19 % des suffrages et coutent cette fois sa réélection à George Bush père… Le score de Perot permit notamment à Bill Clinton d’emporter le Montana et la Géorgie. Ce fut ainsi la première fois qu’un candidat démocrate accéda à la Maison-Blanche sans remporter le Texas. En 2012 il n’y a ainsi non pas 2 mais 15 candidats à l’élection présidentielle.

La vice présidence : l’autre élection

John Adams, deuxième président américain

Initialement, les grands électeurs votaient séparément pour le président et le vice-président. Le premier candidat à obtenir une majorité devenait président et celui qui avait obtenu, après lui, le plus de votes devenait vice-président. Ce système pouvait ainsi entraîner la « cohabitation » forcée d’un président et d’un vice-président de deux partis différents. Ce fut le cas pour John Adams (parti fédéraliste) élu président en 1797 et qui avait comme vice-président son opposant du parti « républicain-démocrate » Thomas Jefferson. Par deux fois, il est arrivé qu’aucun candidat ne reçoive la majorité et c’est alors la Chambre des représentants qui a désigné le président. Ce fut le cas en 1824. Aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue dans le collège électoral, l’élection du Président fut donc transférée à la Chambre des Représentants. L’élection se fait alors par délégation d’État : les représentants se réunissent par État, et chaque délégation dispose d’une seule voix. Il faut une majorité absolue, pour être élu. Le XIIe amendement restreint la possibilité de se présenter au vote de la Chambre aux trois candidats ayant obtenu le meilleur score au sein du collège électoral. C’est le fils de John Adams, John Quincy Adams qui est alors élu président des États-Unis. Après plusieurs modifications des lois électorales, on est arrivé au système actuel de l’élection couplée du président et de son vice-président ainsi qu’au vote bloqué des grands électeurs.

Rev. Jesse Jackson en 1988

L’élection du vice-président n’est pas anodine. Les américains se posent toujours la question de savoir s’ils aimeraient voir une personnalité succéder au président élu, et pour cause cette accession à la présidence d’un vice-président est intervenue à cinq reprises au XXème siècle (1901, 1923, 1945, 1963 et 1974). En 1992 nombreux furent les observateurs qui exprimèrent publiquement leurs doutes sur la personnalité de Dan Quayle, le vice-président de George Bush père, considéré comme particulièrement inconsistante. La même année Jerry Brown a probablement perdu l’investiture démocrate face à Bill Clinton à cause de cette question de la vice-présidence. Alors qu’il était en tête dans les sondages pour les primaires de l’État de New York et du Wisconsin, Brown commettait une gaffe en annonçant à ses partisans qu’il envisageait de nommer le révérend noir Jesse Jackson comme candidat à la vice-présidence. Jackson avait été mis cause lors de l’élection présidentielle de 1984 pour des remarques désobligeantes envers les habitants de New York mais aussi pour des propos antisémites. Suite à cette annonce, les intentions de vote pour Brown s’effondrèrent et le 7 avril, Clinton l’emportait de justesse au Wisconsin (37 % contre 34 %) mais plus largement à New York (41 % contre 26 %).

A quoi s’attendre cette nuit ?

Les plus fanatiques de la vie politiques ne rateront pas la plus longue nuit politique que puisse nous offrir la démocratie occidentale. C’est tous les 4 ans et c’est justement cette nuit que tout va se jouer. Grâce aux effets de l’ouragan qui a frappé New York et le New Jersey, Barack Obama fait la course en tête face à Mitt Romney. C’est une élection finalement incroyable et inédite qui va se dérouler sous nos yeux. Si on avait dit il y a 20 ou 30 ans aux américains qu’ils auraient à choisir entre un noir et un mormon ils auraient été peu nombreux à le croire.

Si on nous avait dit il y a un an que le résultat serait serré entre les deux candidats … pourtant il était évident que le scrutin serait difficile pour Barack Obama.

Difficile parce que le président américain a fait en 2008 des promesses intenables, parce que sa candidature a alors fait se lever un vent d’espoirs bien rare en Amérique, un vent qui ne pouvait que décevoir. Cette même année je me souviens avoir écrit que j’espérais la victoire de Mme Clinton aux primaires démocrates car l’élection de Barack Obama serait source de tant de frustrations qu’elle risquait de permettre à la frange la plus réactionnaire du parti républicain de revenir au pouvoir dès 2012. Le risque nous le sentons bien aujourd’hui.

Difficile enfin parce que depuis 2008 et suite à la violente crise économique qui s’est abattue sur nous, ce sont pratiquement tous les chefs d’Etats occidentaux qui ont été défaits lors des élections nationales à l’exception notable de Stephan Harper au Canada (on notera par exemple Romano Prodi en 2008, Gordon Brown en 2010, Zapatero et Berlusconi en 2011 ou Nicolas Sarkozy en 2012…)

Cette nuit vos yeux fatigués resteront braqués sur les Swing states c’est-à-dire les Etats qui feront basculer dans un sens ou dans l’autre le scrutin.

On considère aujourd’hui que la plupart des Etats sont acquis à l’un des deux candidats en voici la liste : (source RFI – intertexte)

OBAMA 18 Etats pour 217 votes : Californie (55), New York (29), Illinois (20), Michigan (16), New Jersey (14), Washington (12), Massachussetts (11), Minnesota (10), Maryland (10), Connecticut (7), Oregon (7), Nouveau Mexique (5), Hawaï (4), Maine (4), Rhode Island (4), District de Columbia (3), Delaware (3), Vermont (3).

ROMNEY 23 Etats pour 191 votes : Texas (38), Géorgie (16), Arizona (11), Indiana (11), Tennessee (11), Missouri (10), Caroline du Sud (9), Oklahoma (9), Alabama (9), Kentucky (8), Louisiane (8), Mississippi (6), Utah (6), Kansas (6), Arkansas (6), Virginie Occidentale (5), Idaho (4) Dakota du Nord (3), Dakota du Sud (3), Wyoming (3), Montana (3), Nebraska (3), Alaska (3).

Il reste donc 10 swing states. J’ajoute en fin de chaque paragraphe le candidat qui aurait le plus de chances de l’emporter…

La Floride (29 votes) : Comme en 2000, c’est là que tout pourrait bien se jouer. Dans les derniers sondages, Obama et Romney étaient au coude à coude en Floride avec un très léger avantage pour le candidat républicain et c’est d’ailleurs pour lui un Etat fondamental. S’il perd la Floride il n’a presque aucune chance d’emporter le scrutin. INCERTAIN

La Pennsylvanie (20 votes) : A priori, la Pennsylvanie ne devait pas faire partie des Etats clés, tant elle paraissait acquise à Barack Obama. Elle n’a voté républicain à la présidentielle qu’à une seule reprise depuis 20 ans (George W. Bush en 2004) mais, il y a deux ans, c’est bien un républicain qu’elle s‘est choisie pour gouverneur. En retard de plus de 10 points au sortir de l’été, Mitt Romney a grignoté du terrain si bien que les derniers sondages l’ont vu revenir à seulement 3 points d’Obama. Dès lors Romney joue à fond ses chances dans cet Etat qui lui permettrait de se passer de l’Ohio. OBAMA

L’Ohio (18 votes) : C’est le baromètre quasi-infaillible des élections présidentielles puisque le candidat qui a remporté l’Ohio est allé à la Maison Blanche depuis la victoire de Lyndon Johnson en 1964. Considéré comme un miroir des Etats-Unis, il est l’objet de toutes les convoitises avec ses 18 votes de grands électeurs. Barack Obama et Mitt Romney y ont multiplié les visites avant et après l’interruption provoquée par l’ouragan Sandy. Hormis un passage à vide en début d’été, le président a toujours été en tête des sondages dans l’Ohio mais son avance (3% des intentions de vote) n’est pas suffisante pour espérer une victoire à coup sûr. OBAMA

La Caroline du Nord (15 votes) : C’est l’un des rares Etats de la Bible Belt (zone géographique représentant les Etats du Sud adeptes d’un protestantisme rigoriste) à ne pas tomber automatiquement dans l’escarcelle républicaine. Bien qu’en majorité rurale et conservatrice, la Caroline du Nord avait d’ailleurs accordé sa confiance à Barack Obama en 2008. Le Parti démocrate a d’ailleurs choisi Charlotte (sa capitale) pour tenir sa convention début septembre mais cela pourrait ne pas suffire dans un Etat où le puissant lobby du tabac, l’une des productions locales, joue la carte Romney. Ce dernier est en tête dans les sondages depuis sa nomination et il devrait normalement reprendre ce bastion perdu il y a quatre ans. ROMNEY

La Virginie (13 votes) : Au même titre que la Caroline du Nord, la Virginie est, a priori, une chasse gardée républicaine mais, comme son Etat voisin, elle avait voté démocrate en 2008, une première depuis 1964. Le croissance démographique de la Virginie pourrait à nouveau favoriser Barack Obama car le nord de l’Etat, proche de Washington DC, est peuplé de nombreux fonctionnaires, a priori favorables au président sortant. Comme dans l’Ohio, en Floride et dans le Colorado, les récents sondages donnent les deux candidats au coude à coude en Virginie, d’où les visites respectives de Barack Obama et de Mitt Romney sur place à moins de 48 heures du scrutin. Le candidat républicain tenait néanmoins la corde pour l’emporter d’une courte tête. ROMNEY

Le Wisconsin (10 votes) : A l’instar de la Pennsylvanie, le Wisconsin ne devait pas faire partie des Etats clés lors de cette élection après avoir voté démocrate lors des six dernières élections présidentielles. Mais c’était compter sans la nomination de Paul Ryan comme colistier de Mitt Romney, une nomination qui a redonné, localement, de l’élan au ticket républicain, également boosté par l’appui du gouverneur républicain de l’Etat, Scott Walker. Les derniers sondages donnaient néanmoins une avance de l’ordre de 4 points à Barack Obama dans cet Etat voisin de l’Illinois, sa base arrière. OBAMA

Le Colorado (9 votes) : L’un des Etats où le score promet d’être le plus serré et qui pourrait, compte tenu de sa situation géographique, faire durer le suspense le soir de l’élection si la décision n’a pas été faite avant. Les bureaux de vote y fermeront en effet à 19h, heure locale, (2h TU), soit deux heures plus tard que sur la côte est. Généralement promis aux républicains, le Colorado avait été l’une des plus belles conquêtes du candidat Obama en 2008 mais rien ne dit que le président y conserve le même soutien qu’il y a quatre ans. Mitt Romney a rassemblé 17 000 supporters à Denver lors de l’un de ses tout derniers meetings de campagne dans cet Etat des Rocheuses où la cassure est nette entre les pro et les anti-gouvernement. INCERTAIN

L’Iowa (6 votes) : C’est là que l’aventure Obama avait vraiment commencé il y a quatre ans quand le sénateur de l’Illinois avait battu Hillary Clinton lors de la primaire démocrate. Cette année, Mitt Romney n’a terminé qu’en deuxième position derrière Rick Santorum lors de la primaire républicaine, un indicateur qui ne penche évidemment pas en faveur du gouverneur du Massachusetts. Le Obama-bashing déclenché lors de cette primaire risque néanmoins d’avoir laissé des traces dans l’Etat du Midwest où les sondages sont restés nettement moins favorables au président sortant durant toute la campagne que dans les Etats voisins. Malgré les récentes visites de Mitt Romney, le président sortant gardait cependant entre 3 et 5 points d’avance sur son rival dans les derniers sondages. OBAMA

Le Nevada (6 votes) : Avec la Floride, la Californie et l’Arizona, le Nevada est l’Etat qui a le plus souffert de l’éclatement de la bulle immobilière en 2007-2008, une crise dont il subit durablement les effets avec un taux de chômage qui reste le plus élevé du pays à 11,8%, contre 7,9% de moyenne au plan national. Autant dire que le camp Romney a joué sur du velours durant toute la campagne pour dénigrer la politique économique du locataire de la Maison Blanche. Reste qu’une victoire de Mitt Romney semble improbable dans une région où l’industrie du jeu n’aurait rien à gagner du retour de conservateurs moralistes à la Maison Blanche. OBAMA

Le New Hampshire (4 votes) : Petit par la taille et doté de seulement quatre votes de grands électeurs, cet Etat de la dimension de la Lorraine n’en a pas moins reçu de fréquentes visites de la part des deux candidats depuis que la campagne est réellement lancée. Gagné haut la main par Barack Obama en 2008, il pourrait être séduit par le profil de Mitt Romney qui y possède une résidence secondaire et y jouit d’une bonne image en tant que gouverneur de l’Etat voisin du Massachussetts. Après avoir bénéficié d’une belle avance avant les débats télévisés, Barack Obama a vu Mitt Romney fondre sur lui récemment, au point que les deux candidats étaient donnés à égalité à 48% chacun dans un sondage publié samedi 3 novembre. Si l’écart était vraiment infime entre les deux concurrents au plan national, qui sait si ce ne sont pas ces quatre votes-là qui feront la différence mardi soir, au moment de la divulgation des scrutins ? OBAMA

Total OBAMA : grands électeurs presque acquis : 217 + grands électeurs possibles 64 = 281

Total ROMNEY : grands électeurs presque acquis : 191 + grands électeurs possibles 28 = 219

Total incertains : 38

Vous l’avez compris pour votre serviteur si Romney veut gagner ce scrutin il doit non seulement emporter la Floride et le Colorado mais il doit encore faire basculer 24 grands électeurs soit par exemple la Pennsylvanie et le New Hampshire… la nuit risque d’être longue …

La carte électorale américaine à la veille du scrutin selon les derniers sondages

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