Skyfall j’ai probablement rencontré le meilleur des James Bond

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Oui je sais je balance mon avis dès le titre de ce post alors finalement à quoi bon lire la suite? Peut être parce qu’en bons lecteurs attentifs et réfléchis vous ne prêtez aucune foi à mon avis où à la manière dont il peut être présenté et vous avez raison parce qu’une fois n’est pas coutume le dernier opus relatif au légendaire 007 fait débat chez les spectateurs et les inconditionnels du genre, dont je le précise je ne suis pas. Ceci explique peut être cela.

Pour tout vous avouer cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas ennuyé ne serait ce qu’une minute en regardant un James Bond.

Daniel Craig ou l’incarnation d’un James Bond du XXIème siècle

Le film débute par du pur 007 : une course poursuite sur les toits du grand bazar d’Istanbul qui a par ailleurs vu passer le mois dernier les héros de Taken 2 … même toit, même ruelles, même course poursuite et même conclusion : une mission qui se termine mal. Mais là pas de coup de téléphone à une jolie innocente au bord d’une piscine pour lui annoncer : “darling your mother and I are going to be taken!” … Non cette fois James s’effondre, disparait dans les abysses… Bond est il mort ? gros suspense en perspective… [mouais]

C’était donc la dernière mission de Bond et elle se révèle un cuisant échec qui expose plusieurs agents occidentaux infiltrés chez les méchants dans le monde entier. En parallèle, les services secrets britanniques, le MI6, sont attaqués et M est poussée vers la sortie par un bureaucrate politicien. Trop vieille, trop usée, trop Old School. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : James Bond. Oups je viens de vous balancer qu’en fait non le 007 blond aux yeux bleus n’est pas mort après 15 minutes de film … Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et évidemment mortel…

Un scénario modernisé plus en profondeur qui décevra les adeptes du Bond des années 70 et 80

Vous les amoureux de Sean Connery qui êtes capable de regarder pour la 57 ème fois la rediffusion de Godfinger en piallant de plaisir… vous allez être déçus. Depuis 1964 les différents James Bond viennent coller à ce modèle de perfection : l’Aston Martin, les gadgets, Oddjob et son chapeau, Jill Masterson et sa poussière d’or, Pussy Galore et ses lesbiennes volantes, Sean Connery à son top, la chanson interprétée par Shirley Bassey, le laser castrateur d’Auric Goldfinger. Le meilleur Bond pour les adeptes (majoritaires) de la grande lignée classique. On reprend à chaque fois les mêmes éléments on secoue, on modernise et ça donne une série sans fin de reproductions pour le meilleur ou pour le pire(Vivre et Laissez mourir…)

Un Daniel Craig plus fragile que jamais

L’histoire se répète donc sans fin : un méchant, des jolies filles, un Bond couvert de gadgets technologiques, des courses poursuites sans fin qui se concluent par la mort du méchant et une escapade amoureuse du bel espion anglais… Cette année il y a une énorme surprise dans Skyfall : un scenario ! Au départ, le film a été écrit par le duo formé de Neal Purvis et Robert Wade, aux commandes de la saga depuis Le Monde ne suffit pas. On leur doit tous les Bond suivants : Meurs un autre jour, Casino Royale et Quantum of Solace. Lorsqu’il arrive sur le projet, Sam Mendes n’est pas tout à fait convaincu par le script. Il demande à John Logan, une pointure hollywoodienne à qui l’on doit Gladiator, Aviator, Le Dernier Samourai ou encore Hugo Cabret de revoir le scénario. C’est donc grâce à lui que Skyfall gagne en profondeur, en gravité et même en finesse.

Certains fans vont hurler à la mort parce qu’on va leur enlever tout ce qu’ils aimaient dans Bond. Sam Mendes privilégie l’esthétique donnant à chaque scène un côté scène pop. Il vide de sons sens la scenario initial constitué simplement d’une histoire fadasse de vengeance pour en faire une célébration de la planète Bond. Un épisode anniversaire véritable concentré de 50 ans de James Bond. Les clins d’œil parcourent le film du début à la fin pour constituer in fine une forme de reboot de Bond avec la réapparition des anciens personnages dans leur version XXIème siècle. Un reboot expurgé de tout ce qui était devenu la prison dorée de Bond : fini, les complots internationaux menés par d’hypothétiques organisations malveillantes. Finis aussi les gadgets insensés; on revient à l’essentiel : un pistolet et une radio… Old School on vous dit!

Des acteurs au diapason qui réveillent et dépoussièrent un mythe

Javier Bardem, le méchant de Skyfall

La question ne se posait pas vraiment, elle est aujourd’hui réglée : Daniel Craig est James Bond plus qu’aucun de ses prédécesseurs. Avec Casino Royale, Daniel Craig devait entrer dans le costume de 007 et convaincre les sceptiques. Si l’on oubliera Quantum of Solace  tout en muscles mais vide de sens, l’espion blond ne pouvait louper le rendez vous de Skyfall où il explose littéralement. Le charme british, les répliques cinglantes, le sex appeal omniprésent et même la première touche se sensualité gay en 50 ans, Daniel Craig incarne l’espion blessé et affaibli physiquement et mentalement. La performance est simplement magnifique. Raoul Silva est quant à lui un salaud bien attachant. Incarné par l’acteur espagnol Javier Bardem, oscarisé pour son rôle de tueur à mèche dans No Country For Old Men, des frères Coen, et plus habitué des films à la thématique moins “grand public”, il est mielleux à souhait. Pervers, libidineux, flamboyant, désabusé et presque attachant sa performance est un hommage à tous les méchants qui se sont succédé ces 50 dernières années dans un savant mélange de fantastique et de réalisme.

Et pourtant des fans de James Bond semblent déçus

En fait si vous allez sur les sites où les spectateurs notent les films vous trouverez une écrasante majorité de commentaires élogieux. Sur Allo Ciné par exemple la note du film est de 4,2/5. Pourtant il y a des déçus, souvent des fans de la série. Tous ont un point commun: ils détestent ce que j’ai justement aimé dans le film : “très très peu d’action… La James bond girl apparait tout juste 10 minutes….” ou encore “1 uniquement pour la scène des 10 premiers minutes … Les gadgets sont minables” et enfin “Ce nouvel opus commence bien avec une belle course poursuite à Istanbul, [mais] aucun gadget à l’horizon ; la technologie se résume à de gros plans d’écrans d’ordinateur qui clignotent dans tous les sens.Daniel Craig n’a jamais été aussi impassible …” Cela résume en quelques phrases l’incompréhension qui persiste entre certains spectateurs et les studios : quand les premiers veulent des films d’action dans unité ni suite dans les numéros, les autres essayent de donner à la série non seulement un sens mais surtout une intrigue et un lien dépassant le cadre du film unique à répétition. La seule critique construite que j’ai lu est la suivante : “Le scenario est pauvre, indigeste et prévisible. Sur 2h20 de film, seules les 20 premières minutes, générique compris, donne l’espoir d’assister à une projection d’un des films de la mystique (il doit vouloir écrire mythique) saga. Triste cadeau empoisonné pour les fans après 50 ans de bons et loyaux services. Les personnages sont fatigués, effacés ou absents. Daniel Craig, ‘‘Bond’’, n’est plus résumé qu’a sa plastique parfaite sur le déclin. Judi Dench, ‘‘M’’, est trainé malgré elle d’un bout à l’autre du scénario, faisant oublier le passage éclair de la James Bond Girl, Bérénice Marlohe. Le peu de scènes d’action, de suspens ou même de paysages exotiques propres à l’ADN des films, est tassés dans la première partie du film, pour mieux nous enfermer dans un cadre minimaliste, froid et post-guerre froide par la suite. Sam Mendes, le réalisateur, traine la saga vers les abysses de l’ennuie et de l’indifférence. La seule consolation est la Photographie de Roger Deakins, qui donne couleur, vie et esthétique à ce radeau de la méduse cinématographique.

Alors qui croire me direz vous? je vous propose de vous faire une opinion par vous même et de découvrir ce film qui est le premier opus de la trilogie qui conclura la participation de Daniel Craig à James Bond et qui aurait pu s’intituler : retour aux origines…

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