Surface : Le concept de demain ? par SadPunk

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Chers Lecteurs bienvenue sur la nouvelle page : Les invités de It’s Good To Be Back. 

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Retour en arrière au début des années 2000 Microsoft lance le Tablet PC tandis que le grand Gourou Steve Jobs revenu aux affaires d’Apple sort le premier iPod.

Le premier produit, compact et basé sur un véritable OS de bureau enrichi de fonction tactiles, sera vite oublié. Le second lancera au contraire le renouveau d’Apple, 10 années ininterrompues de succès indigeste qu’on ne va pas re-raconter ici. Ce qui nous intéresse avec l’iPod, c’est en fait son ultime modèle l’iPod Touch. Après celui-ci les produits iPod ne suivront plus qu’une logique de déclinaison de gammes dans un marché cruellement à l’agonie, celui du baladeur numérique.

L’Ipod Touch avec son écran tactile, son large format, ses fonctionnalités, et surtout iOS est la base du succès suivant d’Apple, bien entendu l’iPhone. Un bon téléphone sans doute, qui avant les autres il faut le reconnaître, ou simplement mieux (on parle du Ngage ? :D), réussira la synthèse téléphone/baladeur/machine de jeu/mini-ordinateur de poche avec applications installables à la carte.

Bref l’histoire du smartphone commence vraiment à ce moment-là, même si on pourra relativiser le rôle de Steve Jobs là-dedans qui fut surtout la bonne personne au bon moment. Enfin surtout avec la bonne paire de couille pour lancer un produit logique pour son époque (les jeux et les fonctions multimédia existaient déjà sur mobiles). Avec sa fanbase et son patron Gourou pour promouvoir son produit Apple avait les armes pour bâtir le système pernicieux dans lequel encapsuler tout cela en l’appelant innovation. Ce modèle bien entendu c’est celui de l’Apple Store. C’est le système que tout le monde copie nous n’y reviendrons pas, là encore il faudrait faire un bouquin.

Mais quelque part Jobs n’a pas oublié le tablet PC, et les rumeurs de tablette Apple vont bon train lorsque Apple présente son iPad en janvier 2010… Il n’est pas le seul d’ailleurs, et on sent de l’enthousiasme chez les geeks comme chez les professionnels. On voit grand, les graphistes s’imaginent déjà travailler directement sur leur écran, les professionnels éditer leurs documents sans s’encombrer d’un gros pc portable… le public est prêt pour le concept !

L’iPad, un énorme iPhone sans la fonction téléphone ni connectique ?

de l'iPod à l'iPad en passant par l'iPhone

C’est pourtant une sacré douche froide puisque l’on nous sert tout bêtement un énorme iPhone sans fonction téléphone, mais surtout sans connectique, bref, juste le même truc en moins bien et plus gros. A l’époque il faut se rappeler que votre serviteur est la risée de la planète entière lorsqu’il se ballade avec son Archos 5 pouces (qui au moins propose plusieurs centaines de giga de disque dur ce qui est plutôt utile pour une tablette multimédia…).

Avec un tel choix pour son ardoise, Apple donne un signe très clair : aujourd’hui ce qui compte ce n’est pas ni le produit technologique, ni l’usage qui influerait sur le système ou les applications proposées. Non l’important est de maintenir en place le système hyper rentable de store d’applications encadrées par des règles strictes qui permet au constructeur de se gratter sur le dos des développeurs et leurs clients. La plus grosse arnaque à double péage depuis le minitel en somme, on comprend mieux pourquoi elle est tellement copiée.

L’influence de Steve Jobs reste cependant majeure au début des années 2010 et ses idées sont le modèle à suivre ! Ainsi ce n’est pas par hasard si Android sort son épingle du jeu mieux que Windows sur le marché des tablettes : un OS mobile tactile, des applications légères, des tablettes à mémoire flash (tant pis pour la capacité), un store….

Les tablettes Google vont facilement s’enfourner dans les brèches ouvertes par Apple, d’autant que le système est peu coûteux. Accessoirement les tablettes Android vont rapidement s’équiper de lecteurs de cartes mémoires et autres ports USB forts utiles mais qui restent étrangères à la logique d’Apple qui vend pour sa part une fortune ses appareils à grande capacité mémoire.

Pourtant, sortis de la frange de geeks enthousiastes (et les Apple fans à eux seuls pèsent lourd), la majorité des observateurs se demande bien à quoi tout cela sert. 

Les tablettes sont-elles de gros baladeur ? Des téléphones géants sans fonction téléphone ? En tout cas pas des PC et c’est souvent le problème quand le marché est inondé de eeepc peut être un peu moins clinquants mais souvent très bon marché et sur lesquels l’écriture de mail ne vire pas au cauchemar tactile (ne parlons pas de la rédaction d’un CV ou de montage photo vidéo).

Finalement en mobilité, de quoi avez-vous besoin ? Votre téléphone suffit-il ? Une tablette est-elle plus ergonomique ? Un mini pc ? Vous ne faites rien en dehors de votre poste principal ?

Mine de rien en poussant le vice, usage par usage on en trouvera suffisamment pour justifier d’investir dans au moins 4 gammes de machines ! Magie du marketing quand tu nous tiens … mais c’est aussi cette segmentation en usage qui fait que chacun a du mal à placer réellement son besoin. Après avoir longtemps conspué le concept, j’ai par exemple craqué pour une ASUS transformer que j’utilise essentiellement en déplacement : avec son clavier, sa connectique me permettant d’y brancher des DD externes avec des centaines de giga de données, elle est beaucoup plus que mon téléphone. Avec ses applications légères, le lancement de sites web mobile plutôt que web, elle est parfaite utilisée avec mon mobile en guise de modem 3G : elle se lance vite, les pages se chargent de façon fluide même en edge, et ça ce serait vraiment compliqué avec un eeepc. Ceci dit elle n’est pas parfaite, les retouches photo ou vidéo que je fais dessus le sont pour des usages immédiats par exemple (diffusion Facebook, par exemple), mais tout est souvent à refaire une fois de retour sur mon véritable PC avec des outils plus sérieux.

C’est sur cette confusion entre 4 type de machine (5 si on compte les tablettes 7 pouces comme un nouveau segment) que Surface et ses équivalents ont une carte à jouer !

Le marketing nous fait finalement investir dans 4 ou 5 types d’ordinateurs si l’on y prête pas attention. Et un mec comme Steve Jobs pouvait se permettre le luxe de laisser ses fans décider des usages (quelqu’un se rappelle-t-il avoir vu un mec de chez Apple expliquer à quoi sert un iPad ?). Mais les budgets ne sont pas illimités et si les tablettes restent un marché de niche (allant de gentils geeks jusque des personnes en mal de justification de leur position sociale) c’est probablement à cause de cette position.

Surface dans ce contexte, est à contre-courant : Avec Windows RT/Windows 8 il fusionne deux univers, il réunit des usages que Apple et Google (aidé des constructeurs informatique) ont segmenté pour mieux écouler leurs produits.

Replaçons nous dans les fantasmes d’avant la présentation de l’iPad : beaucoup s’imaginaient faire du Excel, du Photoshop, de l’autocad, et des applications professionnelles sur des ardoises légères. La bonne blague avec le recul ! 😀

Ces promesses ont pourtant été tentées avec les tablettes Windows 7, mais celles-ci ont été très mal reçues du fait d’une presse peu tendre avec un OS pas prévu pour le tactile.

Windows 8 propose une interface par contre complètement adaptée, qui n’occulte pas le bureau classique pour lancer les applications x86 existantes. Bien sûr dans ce cas, l’interface n’est pas optimisée, mais il s’agit d’un choix de l’utilisateur en fonction de l’instant : Suis-je bien installé pour éditer mon document ? Ai-je besoin d’une souris ou suis-je juste en train de naviguer dans mon répertoire musical ? Suivant les réponses on adjoindra un clavier, une souris ou l’on sera en mode tablette total l’important c’est que l’on revient à une seule machine !

Ça n’a l’air de rien comme ça mais je trouve ça absolument formidable.

Situation de tous les jours : je suis sur ma tablette, je reçois un mail m’invitant à éditer un fichier Excel complexe sous Google Drive. Les outils Android ou l’interface Google Drive étant ce qu’ils sont, aujourd’hui, je préfère si c’est possible changer de machine et revenir sur mon PC ! Et au pire je migre sous skydrive pour profiter des webapps…

En réunissant le meilleur des deux mondes, Surface revient à une logique de machine principale et c’est vraiment un gain qu’on ne mesure que lorsqu’on est déjà multi-équipé (ma tablette Archos g9 qui traîne dans les WC n’a pas le même usage que ma transformer privilégiée en mobilité, ma tablette IT 48 plus compacte mets mon contenu multimédia dans ma poche mais est peu utilisée pour des applications. Et surtout aucune ne remplace mon PC).

Surtout Windows (avec office !) est une force pour Surface, la dernière itération malgré le choc qu’elle apporte est déjà sur tous les PC du commerce, et les entreprises, si méfiantes soient-elles aujourd’hui envers cet univers de tuile un peu trop funky finiront par y passer.

Du côté des utilisateurs, le souci pourrait bien se nommer Windows RT en fait. Aujourd’hui, le nombre d’application disponibles pour Windows RT est assez famélique. Il manque même les plus classiques : L’absence d’applications Facebook ou Twitter en dit long par exemple. L’application courrier installée de base vous fera aimer d’un amour véritable votre bon vieux Windows live ou autre client bureau. Bing Maps, s’il coule tout seul sous la main de façon très agréable ne propose pas encore les services poussés d’un Google Maps (une appli Google existe certes, sous forme d’encapsulation feignante des pages web du groupe). Bref côté application c’est très insuffisant, et en plus d’être peu nombreuses elles sont systématiquement beaucoup moins évoluées que leurs équivalant “bureau”. Un problème relatif sous Windows 8 mais inquiétant pour qui est désireux d’investir dans un équipement Windows RT.

Mais les plus grosses résistances pourraient venir des développeurs qui craignent pour leur liberté si demain seul le Windows store permettait d’installer des applications … mais là on se projette des années en avant et dans l’hypothèse de la disparition complète du bureau Windows et beaucoup d’eau peut encore couler sous les ponts d’ici là.

Reste que l’évolution de Windows inquiète, d’autant que déjà Windows RT ne propose pas la rétrocompatibilité avec les applications développées pour processeurs x86 -ce qui met de facto en place ce concept du store unique.

Une dernière résistance pourrait enfin venir des constructeurs. Avez-vous remarqué les rayons de vos Fnac ? S’il y a bien des tablettes tactiles autres que Surface, les ordinateurs portables proposés ne sont quasiment jamais tactiles. Car les constructeurs ont intérêt à maintenir plusieurs philosophies pour vendre plus de matériel ! Ici ton PC avec Windows 8, là ta tablette sous Windows RT et passes à la caisse deux fois merci.

Microsoft a tout intérêt à lancer la fusion complète de l’univers PC avec celui des tablettes

Surface, aller au delà de la simple tablette?

Au contraire Microsoft pour son avenir a tout intérêt à lancer la fusion complète de l’univers PC avec celui des tablettes quitte à vendre aux utilisateurs une seule licence sur un gros segment de marché nommé “pc et tablettes” plutôt que 2 licences, d’un côté pour des PC en déclin et de l’autre pour des tablettes où ils ne pèsent pas bien lourd… Surface a agacé les constructeurs non pour la concurrence que leur fait Microsoft sur le terrain matériel mais pour ce que le concept représente de dangereux pour leurs marchés !

Pour conclure, je n’ai jamais été un amoureux de la convergence, ainsi je me vois encore avec une console portable dans 10 ans et un baladeur séparé que je peux utiliser en faisant du sport. Mais sur cette chaîne téléphone ->tablette -> ordi portable -> ordi de bureau les points de jonctions sont trop évidents pour être ignorés.

Il y a actuellement beaucoup trop de machines sur le marché et certains segments devraient disparaître une fois la mode retombée. En fait je le souhaite, cela fera des économies pour tous les utilisateurs.

Le concept de Surface, initié par la transformer Prime (limitée par son OS et l’absence d’applis “PC” qui en découle), représente donc pour moi l’avenir souhaitable ! Cependant au présent il reste des points à travailler pour construire cet avenir :

– Développer rapidement un store conséquent, et si Microsoft souhaite vraiment imposer Windows RT, des applis riches tout de suite !

– Rassurer les entreprises concernant le bureau Windows et ses applications : celui-ci a-t-il de l’avenir et si non quels palliatifs pour les catalogues de logiciels “maison” réalisés par les entreprise ? Windows 9 et 10 offriront quels modes de rétrocompatibilité ?

– S’affirmer comme créateurs de tendance ! Le concept de tablette avec clavier séduit (cf. l’Asus transformer), il y a une véritable demande, un intérêt pour ces produits qui rassurent comme petit PC tout en restant les bénéficiaires des dernières innovations apportées par l’univers de la mobilité. Mais Steve Ballmer n’est pas Steve Jobs, même Bill Gates n’était pas Steve Jobs d’ailleurs. Quand on arrive avec un OS et une machine qui affirment le même message de convergence, il faut pourtant l’affirmer fièrement, et quelqu’un pour “iconifier” le message au maximum. Le problème étant pour Microsoft qu’après des années de domination sur le marché des OS PC, l’entreprise reste par essence un éditeur dont on se méfie, pas un phare que l’on recherche dans le noir…

Bilan : Oui à Surface, mais demain, quand les applications seront plus nombreuses, que la version pro sera commercialisée et que Microsoft aura retrouvé le soutiens des développeurs, éditeurs et constructeurs aujourd’hui inquiets. Apple a prouvé que pour rassurer tout le monde ce n’était après tout qu’une question de charisme …

2 thoughts on “Surface : Le concept de demain ? par SadPunk

  1. via twitter
    bjr le concept schizophrene avec 2 interfaces totalement différentes et des applis qui ne fonctionnent que sur l’1 ou l’autre

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