Encore un matin, mais en 2013

Share
La nouvelle année que voilà

Vous connaissez cette chanson de Jean Jacques Goldman : Encore un matin, Un matin pour rien. C’est peut-être ce que vous vous direz demain en vous réveillant le regard embué par les vapeurs de l’alcool ingurgité toute la nuit pour oublier 2012 et surtout pour éviter de penser à 2013. A minuit, entouré de ceux que vous aimez ou plus prosaïquement de ceux qui seront là, une coupe de champagne éventé au creux de vos mains vous embrasserez votre voisin prononçant telle une oraison religieuse ces mots auréolés de magie noire “bonne année” comme si de ces quelques syllabes vous pourriez conjurer la mort et le destin.

Encore un matin, Sans raison ni fin, Si rien ne trace son chemin

Je me souviens de tous mes réveillons, enfin de presque tous, les festifs, les ennuyeux, les rendez vous manqués, les amoureux, les doux et les violents. Je me rappelle avoir 18 ans et ramasser un jeune homme de 17 ans qui dans un coin de l’appartement où nous avions échoué fêtait la nouvelle année en vomissant après avoir fait l’amour à une inconnue, il semblait heureux  … “bonne année”… Je me souviens avoir 20 ans et jouer à l’homme parfait, du théâtre classique jusqu’à ce restaurant où jamais nous ne fumes servis et finir désabusés au milieu de la place de la Bastille une bouteille de champagne à la main… la jolie brune ne me rappela jamais… bonne année…  Je me souviens avoir 26 ans et rassembler parents en vadrouille et amis du désert sur les toits de l’école française  dans ce pays lointain qui changea ma vie. Je me souviens les regards brillants, les cris de joie , le rythme des tambours, la sérénité de ceux qui donnent sans jamais prendre; quelle belle année ! je me souviens avoir 30 ans sur un parking de Dubaï entouré de joyeux drille à ne pas se douter de lendemains Ô combien douloureux  et de finir dans une boite glauque où les prostituées dépérissent sous vos yeux et espèrent passer la nuit dans vos bras un peu plus frais  que la moyenne mais sans espoir  … bonne année !

Matin pour aimer, maudire ou mépriser, Laisser tomber ou résister

Je me souviens de ces nuits de nouvel an sans fins, trainé dans quelques lieux improbables entourés d’inconnus qui font semblant de s’aimer l’espace d’une nuit, d’une heure avant de se quitter et de s’oublier au petit matin. Rentrer, dormir, cuver et jurer de ne plus si faire prendre. Ah ces 1er janvier où célibataire votre meilleure amie vient s’allonger à vos côtés et tels des adolescents vous passez la journée à regarder des séries à la télévision en mangeant des cochonneries et à prolonger un peu, de quelques heures à peine, le sentiment que cette journée ne compte pas, qu’elle ne compte jamais. Ce matin là est un no man’s land temporel, juste une parenthèse dans la vie; Un matin, qui ne sert à rien…

Encore un matin, ami, ennemi, Entre la raison et l’envie

Je me souviens de ce nouvel an, dans cet appartement à moitié vide. Ça cri et ça chante, ça se réjouit de je ne sais quoi avec ce petit air qui sonne si faux, les dernières apparences d’une amitié morbide et mensongère. L’alcool les libère de la retenue et ce moment où tu te sens déplacé, ailleurs, étranger dans une pièce et où seule une idée assaille ton cœur : fuir le plus vite et le plus loin possible. Changer d’année sous les regards en biais, dans le malaise de ceux qui courent après la jeunesse festive, dont les corps ne sont plus que les vestiges désœuvrés du passé. Ils dansent pour oublier la marche inexorable du temps. Ce matin là, mon aveuglement n’a pas su bousculer les évidences. Un Matin pour agir ou attendre la chance, un Matin innocence, matin intelligence puisque c’est moi qui décide du sens, j’ai tourné alors la page des réveillons de pacotille.

Ce matin, C’est le mien, c’est le tien, Un matin de rien, Pour en faire Un rêve plus loin

Peu importe finalement comment vous passerez la nuit qui vient, seul, en couple, en groupe ou en troupeau. Peu importe ce que vous boirez, ce que vous mangerez, ou qui vous souhaitera la bonne année, avec le sourire ou les dents serrées. Peu importe où vous serez, perdu ou submergé d’amour. La nuit n’est qu’oubli et seul le matin comptera. Chacun choisira son chemin, commencera 2013 par une gueule de bois ou par un baiser; par une journée sous la couette ou sur le bitume. 2013 ne ressemblera à rien d’autre que ce nous choisirons d’en faire. Je suis perplexe sur les 12 mois qui viennent. J’ai envie de croire en mes rêves, pas les plus fous mais au moins les plus concrets, les plus simples; ceux qui s’inscrivent dans mon quotidien.

Mon rêve pour 2013 : continuer à avancer entourer des gens que j’aime et qui me le rendent si bien : ma moitié, ma famille, mes amis.

Mon espoir pour 2013 : retrouver ce que j’ai perdu les années précédentes, des amitiés que je n’ai pas su entretenir, un élan professionnel différent, le courage de passer de l’écriture à l’action.

Ce que je vous souhaite pour 2013 : de trouver votre rêve et de ne pas le lâcher des yeux.

2 thoughts on “Encore un matin, mais en 2013

  1. Une petite visite annuelle à ma vieille marraine, qui je m’en souviens avec émotion m’emmenait parfois avec ses trois enfants au bord de la mer, lui fera plaisir en rompant la monotonie de son existence esseulée. La fameuse petite carte que je dédaignais touchera cet oncle âgé, veuf et sans enfant dans sa solitude. A vous que je ne connais pas et qui lisez ces lignes, je souhaite également une bonne année. Si seulement tous ces voeux étaient exaucés il n’y aurait plus de guerres ni de tragédies dans ce vaste monde. C’est une utopie mais on peut bien s’offrir cette part de rêve au moins une fois par an.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *