J’ai envie d’écrire mes rêves et mes colères

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Depuis ce matin je fais le tour de l’actualité et je tourne encore et toujours cherchant un sujet qui pourrait en plein marasme faire vibrer mes doigts sur l’ordinateur et je reste froid.

L’important c’est …

Bien sur je pourrais vous parler des dernières déclarations de Christine Boutin qui estime que les homosexuels, s’ils souhaitent se marier, n’ont qu’à épouser une personne du sexe opposé. Bien sur je pourrais m’amuser de ce niveau de bêtise crasse rarement atteint de la part d’une femme qui ne comprend pas qu’on puisse s’offusquer qu’elle soit mariée à son cousin… l’important c’est le sexe et pas les liens familiaux, l’important c’est le sexe et pas l’amour… Bien sur je pourrais m’arrêter sur cette passionaria du papisme rétrograde mais à quoi bon, tel n’est pas aujourd’hui mon état d’esprit.

Le viol de trop, l’Inde face à elle même

La colère se propage en Inde après le viol d'une étudiante

Je pourrais également reprendre cet article engagé sur la société indienne qui ne peut plus se regarder en face sans éprouver colère et répulsion; sur ce viol de trop, cette tournante organisée comme une rafle où une jeune femme de 23 ans et son ami se sont fait prendre comme des rats par 6 hommes avinés dans un mini bus avec la complicité du chauffeur. Ils roulaient dans les rues de New Dehli mais derrière les vitres teintées une femme et son compagnon vivaient un véritable calvaire sexuel et psychologique. Dans le monde Frédéric Bobin  analyse froidement “Le plus intéressant résidait assurément dans les témoignages de femmes qui racontaient le harcèlement sexuel au quotidien dans les lieux publics. En Inde, on use d’un étrange euphémisme pour évoquer ce phénomène : “Eve teasing”(littéralement “taquiner Eve”).

L’ordre social est en général assez goguenard sur le sujet. D’où la difficulté pour les femmes d’aller porter plainte. En avril, l’hebdomadaire Tehelka, enquêtant sur l’attitude de la police à l’égard des victimes de viol, avait recueilli (en caméra cachée) ces propos d’un inspecteur de police près de New Delhi : “Elle est habillée d’une telle manière que cela force les hommes à être attirés par elle.” Sur trente officiers de police interrogés par Tehelka, la moitié tenait ce type de langage.

Au fil des débats, l’Inde fut donc invitée à se regarder crûment en face, à se livrer à une douloureuse introspection. Dans une tribune du quotidien The Hindu, la juriste Ratna Kapur notait ainsi “une crise de la masculinité indienne”. “Alors que les femmes entrent sur le marché du travail, soulignait-elle, leur audace et leur confiance en elles semblent déclencher un sentiment d’insécurité au sein d’une société où les hommes étaient jusque-là aux commandes.”

Elle ajoutait : “Davantage de lois ou l’appel à la peine capitale ne sont pas des réponses à ce qui est un problème sociétal enraciné.” Cette “racine” du “problème sociétal”, c’est la glorification du garçon, dont les foeticides de fille sont la conséquence. Il est donc temps, exhortait Ratna Kapur dans The Hindu, que la société cesse d'”élever les garçons d’une manière qui leur inculquera le sens de la supériorité et du privilège”.”

Alors bien sur c’est Noel et qui a vraiment envie en ce jour de parler de ces choses là?

Qui a envie de s’arrêter ne serait ce qu’un instant sur les destins brisés, les fleurs fanées trop tôt, les enfants oubliés alors que nous nous laissons aller à la douceur des fêtes et des certitudes?

En 2012, en France, des jeunes sont encore victimes du discours de haine et d'exclusion

Moi j’ai envie. J’ai envie de les voir en face, de ne pas faire semblant de croire que tout va bien. j’ai envie d’écrire sur celles et ceux qui passeront seuls ces fêtes parce qu’ils sont loin de leur famille ou plus prosaïquement parce qu’ils n’ont plus de famille. Parce qu’ils sont sans famille ou parce que cette dernière les a rejeté par exemple à force d’écouter les discours de Christine Boutin. J’en connais de ces jeunes hommes et femmes qui, dans notre France du XXIème siècle sont seuls simplement parce que leurs parents, leurs frères et soeurs ont oublié POURQUOI ils les avaient aimés.

La ville d'Alep à feu et à sang

J’ai envie de parler du martyr des femmes dans le monde qui payent le prix fort de leur nouvelle indépendance; j’ai envie de parler de cette guerre qui ravage la Syrie, au nom de la sacro sainte démocratie alors que c’est dictature contre dictature que se joue le destin du peuple syrien. J’ai envie de parler de l’Egypte et de la Tunisie où l’espoir d’un peuple a été détourné au profit d’une théocratie corrompue et dangereuse avec le soutien aveugle de notre médiacratie. j’ai envie de parler d’Europe et d’espoir, de changement et de progrès…

J’ai envie d’écrire et de hurler mes rêves et mes colères

On me demandait il y a peu : “à quoi il sert ton blog?” …. tu as compris maintenant petit padawan?

C’est une bouteille à la mer, un tout petit cri, un sourire ou une larme comme ma conscience qui dit et répète les choses pour que plus jamais on ne puisse affirmer sans rougir qu’on ne savait pas et pour le reste cela ne dépend pas de moi mais de toi !
Comme dit Oasis “say It’s good to be back ! good to be back !”

 

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