L’Algérie et la France, une histoire sans nom

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L'Algérie et la France
L’Algérie et la France

Une histoire sans nom c’est ce roman de  Jules Barbey d’Aurevilly où le héros est la source de son propre mal. Ce pourrait être aussi l’histoire de l’Algérie et de la France. Une histoire d’amour et de haine, de domination, de libération et d’incompréhension.

François Hollande, Président Français, marche depuis hier dans les rues d’Alger. L’amoureux de l’histoire ne peut y déambuler sans tous les fantômes du passé, sans ce peuple qui en quelques jours a fuit les faubourgs, s’était entassé sur des bateaux pour rejoindre les côtes métropolitaines; laissant derrière lui une Vie et pourtant ce sacrifice d’une Vie n’aura pas pour contrepartie l’Humble vérité de l’histoire. C’est peut être que les hommes politiques ne sont ni Barbey d’Aurevilly, ni Maupassant. Ils semblent incapables d’écrire leur histoire jusqu’à la dernière ligne; de mener de front deux récits : le combat politique et la vie des hommes.

Le premier théorisa la colonisation et son cortège d’ombres et de terreurs; il fut incapable de donner un destin commun à deux peuples qui voulaient vivre ensemble  et sombra dans cette lutte militaire à laquelle la République donna pour conclusion une trahison idéologique.

Le second c’est celui d’hommes et de femmes arrivés sur une terre brûlante et déjà peuplée. Une multitude humaine et populaire qu’on peut désormais observer depuis l’heure où s’éveille son cœur jusqu’à sa mort; depuis l’heure où s’offre à elle une nouvelle Vie jusqu’à son abandon. Les européens d’Algérie, ceux qu’on appelle les Pieds noirs n’étaient pas venus pour dominer ou asservir mais plus prosaïquement pour vivre. Les peuples qui vivaient sur ces territoires devenus l’Algérie ont subit une conquête militaire violente avant d’apprendre à vivre avec ces occidentaux qui sont venus vivre et qui n’étaient ni des soldats, ni des bourgeois mais dans leur immense majorité des hommes et des femmes du peuple.

Il n’appartient pas aux hommes politiques de dire l’histoire mais c’est vraiment de leur responsabilité de la faire puis à leurs successeurs de s’incliner devant elle. C’est là une des missions de François Hollande sur les pavés d’Alger : s’incliner devant l’histoire avec respect pour les souffrances du passé. Avec de la peine pour cette occasion ratée d’apprendre à vivre ensemble malgré les obscurantismes et les peurs d’une France métropolitaine qui défendait moins la liberté des algériens que ses craintes qu’un jour la domination ne s’inverse entre les deux composantes de ce qu’aurait pu être le peuple français. Nous vivrons avec ce questionnement, ce choix des années 60, qui tourna  notre regard et notre avenir vers l’Est au détriment du Sud.

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