Ballet Revolucion … j’ai rencontré la danse et la sensualité

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Au cœur de l’hiver parisien quand vous annoncez que vous allez voir un “ballet”, les yeux s’ouvrent, le sourire pointe … un “ballet” ?! et voici que vos interlocuteurs s’imaginent des hommes en collants roses ou vermillons, des cygnes froufroutteux geignant au bord d’une scène devant un public vieillissant et particulièrement adepte de la fourrure, voire du chapeau melon… Le mot “ballet” crée chez moi aussi les symptômes régulièrement associés à l’attaque  d’une escadrille de mouches Tsé Tsé vrombissantes…

Et bien moi jeunes gens j’ai assisté hier soir, au Casino de Paris, à la première française du spectacle “Ballet Revolucion” le bien nommé !

danseurs Ballet Revolucion
Ballet Revolucion

Au début tout est très sage, les mouvements sont presque conservateurs et s’alignent au son du « Don Quichotte » de Marius Petipa et Léon Minkus. Puis, au bout de deux minutes, ça dérape : aux rythmes de la chanson « Cumbanchero », les danseurs se déhanchent, la folie latino gagne la scène. Puis toute la troupe apparait sur scène au rythme d’une musique qui ne nous est pas inconnue, c’est certains on connait ce tempo, ces mots, ces notes … on est bien loin de « Don Quichotte » … c’est  « Yeah 3X » de Chris Brown qui fait vibrer les muscles virevoltants sur scène. C’est ainsi que j’ai découvert ce qui pouvait se passer lorsque la danse se muait en chorégraphies hors du temps allant de la danse classique à la street dance sur une musique latino-américaine, RnB ou hip-hop. J’ai fait hier soir une rencontre “artistique” au sens premier du terme … oui j’ai aimé la danse, j’ai découvert pour la première fois son insoutenable énergie et sa sensualité sans borne. Force est de reconnaitre que les danseurs et danseuses, tous issus de la légendaire Escuela Nacional de Arte, ne sont pas étrangers à mon engouement car au delà de la plastique parfaite, ils font preuve dans leur art d’une incroyable maitrise de la sensualité nous rappelant, si besoin en était, que les top models ne sont finalement que de pitoyables glaçons reproduit à l’infinie sur du papier, innocents et immobiles, retouchés, reconstitués pour répondre dans les apparences aux canons d’une beauté dont la fraicheur serait depuis longtemps flétrie.

Les danseuses et danseurs du Ballet Revolucion sont eux particulièrement vivants, en mouvement jusqu’à la moindre parcelle de leur corps qui vibrent, se figent et s’entrelacent au gré des rythmes non seulement de la musique cubaine mais aussi de la pop internationale exécutée en live par un groupe de huit musiciens dont deux chanteurs de talents qui revisitent notamment Beyoncé, Shakira, Usher, Enrique Iglesias, Jennifer Lopez et Prince  !

La chorégraphie accompagnant “Purple rain” est tout simplement magique de sensualité et vous emporte bien loin de votre fauteuil de spectacle au cœur de l’humidité étouffante de la nuit cubaine, c’est bien souvent le public qui vous ramène sur terre quand il souhaite participer au show en tapant dans ses petites minimes, mais hors rythme, ou quand des jeunes demoiselles poussent les cris moites de spectatrices assidues des spectacles de chippendales… mais qu’importe finalement on voudrait presque fermer les yeux alors qu’on ne sait vraiment plus où les poser ni à quel saint se vouer !

Le succès de Ballet Revolucion ne se résume pas aux talents de ses danseurs, derrière son apparence de spectacle de divertissement populaire, Ballet Revolucion est un spectacle complet, très ambitieux et particulièrement varié qui met la technicité de la danse classique au service de la danse contemporaine de Don Quichotte à She Bangs de Ricky martin, qui boucle le spectacle dans une explosion d’énergie,on retrace le parcours de la musique du XXème siècle avec par exemple le Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo, Single Ladies de Beyonce, Hero d’Enrique Iglesias mais aussi No Woman no Cry de Bob Marley et Roxanne de Sting.

C’est la première fois que le Ballet Revolucion s’arrête à Paris dans le cadre d’une tournée mondiale. C’est au Casino de Paris jusqu’au 3 février alors courrez y !

 

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