L’inexorable agonie morale de l’Eglise catholique

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L'aveuglement de l'Eglise

L’Eglise catholique remonte bien loin dans notre histoire. Elle fut à sa manière de tous les combats, de toutes les disputes, de tous les espoirs et de toutes les rancœurs. On a beau cherché et veuillez croire que j’ai cherché, aucune organisation sociale d’une telle ampleur ne s’est à ce point et avec autant de persévérance systématiquement tromper. Vous allez me dire “encore l’Eglise et pourquoi ne pas attaquer l’Islam ou les juifs?” Peut être parce que je parle de ce que je connais le mieux mais aussi parce que si j’aime à croire et répéter que même une horloge arrêtée donne l’heure exacte de temps à autre, en plus de 2000 ans d’histoire, jamais, je dis bien JAMAIS l’Eglise ne fut du bon côté dans ses combats idéologiques, spirituels et politiques. A aucun moment l’Histoire n’a donné raison à ses prises de position et la plupart de ses engagements se sont soldés par plus de larmes et de sang pour les hommes. Les errements sont si nombreux qu’il faudrait un blog entier pour tous les couvrir. On pourrait parler du rôle de l’Eglise dans la colonisation au nom de l’évangélisation, du rôle de l’Eglise en tant que puissance anti révolutionnaire puis anti républicaine en France comme en Italie de 1789 à 1945, du silence de l’Eglise, notamment sur le sort des juifs, pendant la Seconde guerre mondiale ; de l’encouragement apporté à Isabelle et Philippe d’Espagne lorsqu’ils chassent tous les juifs d’Espagne ou encore des discours effrayants prononcés à propos du SIDA et du préservatif mais je n’ai pas le temps de tout passer en revue ici alors j’ai retenu trois exemples significatifs.

La corruption endémique de l’Eglise entraîne 36 années de guerres civiles en France

Au XVIe siècle, le succès de la réforme protestante constitue une remise en cause fondamentale de l’Église. D’inspiration biblique et laïque, le message protestant est initialement une tentative de réformer la religion catholique. Beaucoup de catholiques étaient en effet troublés par les mauvaises pratiques au sein de l’Église, accompagnées par la propagation de doctrines fallacieuses. Un des exemples les plus célèbres concerne les indulgences qui vont être contestées dans leur principe et surtout dans la mesure où elles faisaient l’objet de commerce pour remplir les caisses de l’Église. Le canon 992 définit l’indulgence comme : « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints ». L’indulgence est dénoncée d’abord par John Wyclif qui en dénonce les abus. Ainsi peut on citer l’indulgence accordée en 1506 pour quiconque aiderait à la construction de la nouvelle basilique Saint-Pierre. C’est également l’époque du scandale lié au dominicain Johann Tetzel, chargé en 1516-1517 de vendre les indulgences au nom d’Albert de Brandebourg, archevêque de Mayence, intéressé à la vente par une commission de 50 % promise par la Curie. On lui attribue alors le slogan  « aussitôt que l’argent tinte dans la caisse, l’âme s’envole du Purgatoire ». En tout état de cause la pratique des indulgences est donc une simple forme de corruption organisée au plus haut sommet de l’Eglise. Face à tous abus (l’indulgence n’est qu’un exemple) l’Eglise réagit par la condamnation des condamnations et engage une lutte à mort contre les protestataires qui deviennent « les protestant ». Cette lutte coutera, rien qu’en France, 36 années de guerre civile et aux alentours de 100 000 morts directement imputables à ces conflits qui furent encore plus violents en Angleterre ou en Allemagne. Ces guerres n’eurent qu’un seul et unique objet : le refus de l’Eglise de se réformer et de lutter contre sa corruption endémique.(1)

La terre est plate

Galilée

Et pourtant, elle tourne.” Ces mots, qu’on attribue à Galilée (1564-1642), évoquent à chacun le premier des errements scientifiques de l’Eglise. Galilée est un éminent savant des XVIe et XVIIe siècle, dont l’Église catholique a condamné les positions scientifiques et les conséquences théologiques qu’il en tirait. Ayant refusé de revenir sur ses positions scientifiques qui étaient justes, il a été condamné par le tribunal de l’Inquisition à une peine de prison qui a été aussitôt commuée en assignation à résidence dans les palais qu’il fréquentait.

Comme l’écrit si bien un site catholique : « Malheureusement, il existe aujourd’hui comme du temps de Galilée, des personnes, protestantes comme catholiques, qui interprètent la Bible au pied de la lettre et méconnaissent cette vérité simple : la Bible n’est pas un traité scientifique. »

Il faudra attendre 1979 et l’accession de Jean-Paul II au pontificat pour que l’Eglise revienne sur ce sujet. Le nouveau pape nomma une commission d’étude de la controverse ptoléméo-copernicienne en 1981, composée d’historiens, de savants, et de théologiens, afin de mener les travaux dans un esprit de sincérité et de recherche de la vérité. La commission remit ses conclusions lors d’une séance de l’académie pontificale des sciences le 31 octobre 1992. L’Église a reconnu pour la première fois des erreurs dans l’affaire. La réhabilitation de Galilée, dont la condamnation avait été essentiellement liée à des motifs politiques, ne fut toutefois pas officiellement prononcée, le tribunal qui l’avait condamné (l’Inquisition), ayant disparu depuis.

Dans son discours aux participants à la session plénière de l’Académie pontificale des sciences le 31 octobre 1992, Jean-Paul II a reconnu clairement les erreurs de la plupart des théologiens de l’époque dans l’affaire, en déclarant : « Ainsi la science nouvelle, avec ses méthodes et la liberté de recherche qu’elle suppose, obligeait les théologiens à s’interroger sur leurs propres critères d’interprétation de l’Écriture. La plupart n’ont pas su le faire. Paradoxalement, Galilée, croyant sincère, s’est montré plus perspicace sur ce point que ses adversaires théologiens. « Si l’écriture ne peut errer, écrit-il à Benedetto Castelli, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent, et de plusieurs façons » » (1)

L’Eglise, la contraception et l’avortement

Jusqu’aux années 60, les méthodes de contraception demeurent interdites en France. La femme n’a d’autre recours que l’abstinence ou l’avortement clandestin pour éviter les grossesses à répétition.

l'Eglise et son combat contre toute forme de sexualité non reproductive

Le 28 décembre 1967, après avoir repoussé onze propositions de loi successives en dix ans, l’Assemblée Nationale adopte la loi proposée par le député Lucien Neuwirth, qui autorise la contraception, abrogeant la loi de 1920. En 1968, en réponse à l’adoption par le Parlement de la loi Neuwirth autorisant la contraception orale [appliquée en 1972], le pape Paul VI promulgue l’encyclique humanae vitae qui condamne le recours à la contraception. Ce faisant, Paul VI était allé à l’encontre même de l’avis de la commission pontificale d’experts qu’il avait lui-même nommée et qui avait préconisé l’inverse : en effet, sur les 72 membres de celle-ci, la plupart étaient d’accord sur l’autorisation du recours à des moyens artificiels de contraception à l’exception de six de ses membres. Le futur Benoit XVI  alors, cardinal Joseph Ratzinger notait en 1995 : “ Rarement un texte de l’histoire récente du Magistère est devenu à ce point signe de contradiction comme cette encyclique, que Paul VI a écrit à partir d’une décision qui fut pour lui profondément douloureuse.” … Il oublie alors que ce fut surtout douloureux pour les femmes !

Puis vient le temps de l’avortement et là, force est de le reconnaître, une fois encore l’Eglise est aux arrières gardes !

Pas besoin de longs discours simplement un extrait du discours de Benoit XVI prononcé en Afrique en mars 2009 : « Je dois également mentionner un autre grave sujet de préoccupation : les politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser l’édifice social, en menacent les fondements mêmes”, a-t-il déclaré à la fin d’un discours au siège de la présidence angolaise. “Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de la santé des ‘mamans’ ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive”, a-t-il poursuivi, en faisant spécifiquement référence au protocole de Maputo.

Ce document adopté par l’Union africaine (UA) en 2003 est relatif aux droits des femmes en Afrique et complète la charte africaine. Son article 14 appelle les gouvernements à autoriser “l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus”. L’Eglise catholique a toujours répété son opposition à l’avortement, mais c’est la première fois que Benoît XVI s’oppose aussi spécifiquement à l’avortement thérapeutique peu après avoir excommunié une mère brésilienne ayant fait avorter sa fille de 9 ans violée par son beau-père…

Aujourd’hui la guerre sainte contre la reconnaissance des droits de citoyens normaux pour les homosexuels.

Le mariage n'est pas une affaire biblique. il relève du code civil

Je ne vais pas me relancer dans ce débat sans fin. Je l’ai dis, je le redis : l’égalité ne se discute pas, elle s’applique un point c’est tout. Comme Alain Juppé, je considère que les autorités religieuses sont  en exprimant leurs convictions et leur foi. Ce qui m’insupporte par contre c’est la manière avec laquelle l’Eglise met à profit l’ensemble de son maillage associatif et toutes les écoles privées et sous contrat pour remplir des manifestations qui sont certes légitimes mais dont le discours, au fond comme dans sa forme, est révulsant. Ce qui me gène voyez vous c’est d’entendre des organisations religieuses donner leur avis sur le mariage civil comme si l’Etat lui allait se prononcer sur le mariage religieux. Je ne reviendrai même pas sur le fanatisme exemplaire de Mgr de Germay (évêque d’Ajaccio) qui déclare “Ce n’est pas contre des personnes que nous nous battons, mais contre les forces du mal”. Je ne reviendrai pas sur les blagues vaseuses de certains responsables religieux, les condamnations alambiquées et les propos monstrueux incompatibles, à mon sens, avec le discours d’amour prêté à Jésus Christ.  Non, ce qui me gène et me semble “déplacé” c’est d’entendre des cardinaux et notamment Monseigneur 23 parler du « bien supérieur de l’enfant »… 

De quel droit une institution noyée sous les scandales de pédophilie partout dans le monde peut elle oser ne serait ce que prononcer le mot ENFANT ?

Pour que chacun sache de quoi l’on parle je rappellerai que lancé avant l’an 2000 aux États-Unis, le scandale des prêtres et religieux pédophiles a rebondi en Europe début 2010 avec l’affaire du collège Canisius de Berlin puis avec l’explosion d’un scandale d’ampleur nationale en Irlande.

Depuis aucun pays ne semble avoir été épargné. En Belgique par exemple, la justice a encore perquisitionné le 18 janvier 2012 trois évêchés, Tournai, Namur et Liège. Elle a déjà fouillé quatre autres diocèses, dont Malines-Bruxelles, et a établi que des évêques avaient «couvert» les agissements de prêtres pédophiles. Des signaux inquiétants arrivent maintenant d’Asie, assure-t-on à Rome où les Églises catholiques ont «pris du retard» dans le traitement de ces « affaires »…. Messieurs les curés un peu de décence et envisagez la prière plutôt que les discours !

(1) merci wikipédia

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