Piscines parisiennes … le voile de la pudibonderie pour cacher un service en déshérence

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mixité des vestiaires, cachez cette nudité que Bertrand Delanoe ne supporte plus

C’était le 27 juillet 2009. Une adolescente de 15 ans était violée dans le vestiaire de la piscine municipale de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. L’agresseur, un jeune homme de 21 ans, n’avait pas supporté qu’elle repousse ses avances au bord de la piscine. Vers 15H30, il l’avait rejointe dans les vestiaires et l’avait violé. Juste après le viol, la jeune fille avait dénoncé son agresseur qui s’était enfui en scooter habillé de son seul maillot de bain avant d’être rattrapé par la police… 2 ans plus tard, en juin 2011, Un garçon qui n’a pas encore 14 ans est interpellé à Toulouse pour des faits présumés de viol avec cette circonstance aggravante que la victime, du même âge, se trouvait être par ailleurs vulnérable. Les faits se seraient produits dans les locaux de la piscine de l’Archipel à Castres. Un groupe de jeunes de 13 à 14 ans se serait mis à importuner une jeune fille dans les vestiaires puis sous la douche. Personne ne se serait alors aperçu des proportions que prenaient ces jeux malsains…

Ces affaires réapparaissent régulièrement dans la presse. Des agressions sexuelles, des viols, parfois collectifs qui se tiennent dans des établissements publics et qui sont facilités par la nouvelle politique imposée par certaines municipalités et au premier rang desquelles Paris sous couvert d’égalité des droits : la course à la mixité.

Mais aujourd’hui c’est naturellement toute la communauté des nageurs qui s’interroge : Faut-il, ou non, maintenir la mixité dans les douches et les vestiaires des piscines ?

La majorité au conseil municipal de Paris a déjà tranché et d’une manière qui se veut définitive la question : la volonté du maire est d’aller vers 100 % de vestiaires mixtes.

L’argument avancé laisse songeur : « Cette mixité s’est révélée être un bon outil pour lutter contre la pédophilie. Les enfants peuvent ainsi toujours rester avec leur mère. » Les petits garçons ne se retrouvent pas tout seuls dans les douches avec des hommes adultes. Et les petites filles, lorsqu’elles se rendent à la piscine avec leur père, ne risquent plus de croiser des hommes nus dans les douches… Car c’est l’autre argument avancé pour défendre la mixité dans les douches : « Elle dissuade les nageurs de se mettre tout nus, affirme l’Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA), qui gère quatre piscines dans la capitale. La nudité peut être gênante pour certains. Dans les douches mixtes, tout le monde garde son maillot de bain. Et pour ceux qui souhaitent retirer leur maillot pour se laver, il y a toujours des cabines individuelles. »

La mixité serait donc l’arme absolue pour éviter la nudité qui par ailleurs ne pose aucun problème dans les vestiaires de la plupart des pays occidentaux. Au contraire la plupart des hommes et des femmes qui fuient la nudité le font principalement à l’égard du sexe opposé réceptacle de toutes les frustrations et petites hontes individuelles. Une femme (ou un homme) en surpoids n’aime pas se mettre torse nu en général mais cela lui est d’autant plus insupportable face à des femmes. L’hétérosexualité étant par ailleurs bien plus développée que l’homosexualité, les regards appuyés et quelque peu concupiscents sont bien plus nombreux sous des douches communes partagées par les deux sexes et cela même quand la nudité se drape d’un petit maillot de bain. Pourtant rien n’y fait, malgré l’évidence, en dépit des drames récurrents, Paris confirme son statut de la capitale la plus pudibonde d’occident mais surtout la plus faux cul. En effet, disons le franchement le premier argument (non avouable) de la mairie de Paris est de faire des économies. En fusionnant les vestiaires on divise par deux le nombre d’agents en charge de la sécurité et du nettoyage. Derrière le voile de la pudibonderie se cache en fait celui des restrictions budgétaires et de la suppression de postes.

En imposant la mixité alors même qu’on réduit le nombre de postes de gardiens et de femmes de ménage on fait courir un risque non négligeable aux usagers en termes de sécurité. Le risque d’agression se voit considérablement accru même si la population concernée à évoluer. On le constate tristement régulièrement dans les pages des faits divers.

La ville de Paris d’enorgueilli de ses réussites en matière de sports nautiques annonçant l’ouverture de bassins supplémentaires et force est de constater qu’en effet la municipalité a inauguré de nombreux bassins souvent très petits mais qui ont le mérite d’exister. Pour autant on oublie trop facilement la médiocre qualité des équipements qui à peine ouverts tombent régulièrement en panne comme la piscine de l’avenue Parmentier dans le Xème arrondissement que la Mairie a du fermer pendant des mois. On oublie également la piètre qualité des services rendus avec des horaires inappropriés à la population locale : une seule nocturne (jusqu’à 22h00) et des horaires d’été qui interdisent purement et simplement l’accès à la piscine aux personnes actives qui peuplent pourtant la ville et l’arrondissement.

On se met parfois à espérer que la ville de Paris pourrait un jour mener une politique qui ne soit plus guidée par une simple vision clientéliste et idéologique de l’action publique mais par une simple volonté de se mettre au service du public.

5 thoughts on “Piscines parisiennes … le voile de la pudibonderie pour cacher un service en déshérence

  1. Bonjour, je tombe sur votre article en faisant une recherche sur le sujet, car j’ai été aussi également fort étonnée de voir que par chez moi (en Belgique), les piscines sont des plus en plus souvent mixte au niveau des vestiaires, douches et même toilettes …

    L’argument donné que cela empêcherait la pédophilie que vous signalez, est complètement infondé et même odieux lorsqu’on sait que précisément des jeunes filles se font agresser plus facilement dans les vestiaires mixtes …

  2. Il n’y a guère qu’en France que ce type de questions se pose. Qu’est ce qu’on s’en fiche de la mixité dans les douches, dans les vestiaires. Un/une exhibitionniste trouve toujours le moyen de se montrer. Mais dans un pays qui veut pratiquer des horaires pour femmes et d’autres pour hommes, rien n’est étonnant. Un moule fesse trop voyant, une paire de nichons trop grosse, un braquemard un peu long et j’en passe. C’est ahurissant d’aller lire le règlement intérieur de la plupart des piscines… Ne pas courir, ne pas hurler, ne pas manger, ne pas porter un short, ne pas avoir un slip transparent, ne pas amener des revues, ne pas prendre de photos, etc. Pays d’hypocrite qui placarde des gens à moitié nus dans le métro mais s’offusque de voir des seins dans un bikini.

  3. Alors pourquoi ne pas faire des vestiaires collectifs avec des cabines de douche individuelles ?

    (par ailleurs, si vraiment on a honte de son corps, on ne se met pas en maillot de bain en public, hein, donc cet argument n’est pas vraiment valable…)

    1. oui la cabine de douche individuelle peut être la solution comme c’est déjà le cas dans la plupart des salles de sport… pour la question d’avoir honte de son corps … la gestion des complexes des uns et des autres ne se prête en effet pas trop aux généralités

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