“a mon époque” ou comment rétablir quelques vérités

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urlC’est une trouvaille d’un groupe Facebook qui m’était jusqu’alors inconnu Méthode Ho’oponopono et que je reprends in extenso dans le post qui suit tant elle m’a paru pleine de leçons pour chacun et chacune d’entre nous.  Nos discussions, écrites et orales, sont en effet souvent pleines de certitudes nourries par nos études, les médias ou bien pire encore, par les certitudes des autres et cela à tel point qu’on en oublie souvent de simplement se poser quelques minutes et de réfléchir au thème que l’on entend aborder. Cette constatation, je me la suis faite bien tardivement, une fin d’après midi de l’année 1996 quand un professeur de “culture générale” nous posa comme sujet “la poésie à la fin de XXème siècle” et que tous les étudiants présents dans la salle partirent, comme un seul homme, dans la direction “la poésie est morte” parce que bien sur, c’est une évidence, plus personne ne lit de poésie de nos jours… Nous en fumes pour nos frais puisque contrairement aux idées pré-conçues de nos cerveaux sortant d’une tardive adolescence la poésie ne s’est jamais aussi bien portée qu’à la fin du XXème siècle car voyez vous : on a jamais publié autant de poésie qu’en cette période et qu’au delà même de l’explosion quantitative, le genre lui même est celui qui s’est le plus renouvelé dans la littérature au travers notamment des textes du RAP ou du Slam…

Se soumettre ainsi à ses certitudes est ainsi la meilleure des manières de s’abandonner aux errements d’un intellect fatigué et réducteur. En voici à nouveau la preuve par le texte emprunté à Facebook. La mise en scène est assez peu travaillée mais l’argumentaire n’en est pas moins vrai …

A la caisse d’un super marché une vieille femme choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui a alors reproché de ne pas se mettre à « l’écologie » et lui dit :
“Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources! Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à notre dépens. C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps!”

La vieille femme  : ” Je suis désolée, nous n’avions pas de mouvement écologique dans mon temps.

On retournait les bouteilles de lait, les bouteilles de Coke et de bière au magasin. Le magasin les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises. À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.

De mon temps, On montait l’escalier à pied : on n’avait pas d’escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait jusqu’à l’épicerie du coin aussi. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues. Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique.

À l’époque, On lavait les couches de bébé; on ne connaissait pas les couches jetables. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge; pas dans un machine avalant 3000watts à l’heure. On utilisait l’énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements.

À l’époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d’un frère ou d’une sœur à l’autre. C’est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement écologique

À l’époque, on n’avait qu’une TV ou une radio dans la maison; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d’une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l’État du Texas. Dans la cuisine, on s’activait pour fouetter les préparations culinaires et pour préparer les repas; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit. Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servies, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.

À l’époque, on utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon; on n’avait pas de tondeuses à essence auto-propulsées ou auto portées.

À l’époque, on travaillait physiquement; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité.

À l’époque, On buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif; on n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter à chaque fois qu’on voulait prendre de l’eau. On remplissait les stylos plumes dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo; on remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir après chaque rasage.

À l’époque, les gens prenaient le bus, le métro et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l’école au lieu d’utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi de 24 heures sur 24.

À l’époque, les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jeter fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée.

Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique : On avait une prise de courant par pièce, pas une bande multi-prises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui...

C’est un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre, un temps où l’on ne souciait guère de la protection de l’environnement, où l’urgence écologique était moins prégnante qu’aujourd’hui et pourtant c’était un temps beaucoup plus respectueux, dans les actes de la vie quotidienne, de l’environnement. La première et unique source de pollution  de cette planète c’est le mode de vie des sociétés occidentales contemporaines. A titre de rappel Google, géant parmi les géants du web et dont je suis un véritable adepte, consommerait à lui seul environ l’équivalent de la consommation 200 000 foyers… pour préserver bien au chaud (ou plutôt au frais en l’occurrence) notre musique, nos messages, nos applications ou nos documents … c’est à méditer la prochaine fois qu’on voudra engueuler un voisin qui oserait se tromper de poubelle et mettre un sac en plastique dans la poubelle jaune …

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