Un regard sur Bertrand Delanoe : le maire et l’école … de la patience (3)

Share

La première partie  de la série sur le bilan de Bertrand Delanoë vu du Xème arrondissement c’est ici

La deuxième partie relative à la folie fiscale du maire de paris c’est là …

Bertrand Delanoë veut imposer la réforme des rythmes scolaires avant de partir

Bertrand Delanoë s’en va mais il prépare l’avenir ailleurs qu’à Paris où, finalement son second mandat s’est achevé quelques mois après sa réélection; à Reims, quand l’élection de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste a sonné le glas de ses ambitions présidentielles et nationales. De novembre 2008 à septembre 2011, le maire de Paris est aux abonnés absents. Il laisse son équipe gérer le temps qui passe puis se lance à nouveau dans une bataille interne au parti socialiste. Il choisi rapidement François Hollande lors de la primaire socialiste et c’est un choix gagnant au niveau national mais une victoire au gout amère puisque, à Paris, c’est Martine Aubry qui s’impose très largement. Le PS parisien et le maire ne jouent plus la même partition. Le parti est sur la ligne gauche BoBo, celle qui rêve de grandes réformes de gauche et qui regarde avec impatience la lente caravane Hollande – Ayrault qui défile mois après mois une action publique teintée d’immobilisme radical. Le Maire a lui un rêve d’avance. En mai puis en juin ses espoirs de postes ministériels ont été déçus, encore une fois. Martine a refusé un poste de Ministre et il fallait une femme à la Justice quand Fabius n’acceptait que le Quai d’Orsay… tant pis pour le bon petit soldat Delanoë qui n’a pas compris que la loyauté en politique ne paye jamais. Il attend 2014 et son heure pour l’hypothétique remaniement post branlée électorale. A ce jeu il n’est une fois encore pas seul. Martine Aubry, depuis sa citadelle Lilloise observe et guette le moment où elle sera incontournable. Au lendemain des élections municipales elle entend bien être la maire socialiste la mieux réélue de France comme un symbole de victoire au cœur du désastre souhaité, à défaut d’être annoncé, pour la majorité présidentielle. Un symbole qu’elle souhaite incontournable pour se débarrasser une bonne fois de l’improbable Premier ministre qui ne sait pas être autre chose que maire de Nantes.

Dans cette bataille des ego municipaux Delanoë et Aubry utilisent des stratégies diamétralement opposées.

Quand la seconde utilise sa mairie comme un tremplin, le premier s’en retire comme il quitterait une loge de théâtre : satisfait de soi, peu des autres et après un bâillement délicatement caché par une main gantée, il se dit qu’il est temps de rentrer chez soi.

Quand la seconde s’affiche de plus en plus comme une alternative de gauche à la politique actuelle du Gouvernement, Delanoë s’approprie cette politique et assume pleinement le rôle de bon élève allant même jusqu’à sauver la réforme des rythmes scolaires tellement mal engagée par Vincent Peillon. C’est en effet après avoir obtenu l’accord des Verts (en échange de quoi ?) que Bertrand Delanoë a annoncé que Paris sera la seule grand ville de France ou la réforme des rythmes scolaires s’appliquera dès la rentrée 2013. Et pourtant le maire de Paris est confronté depuis plusieurs mois à une fronde sans précédent des enseignants contre le retour à la semaine de quatre jours et demi à l’école primaire. Bertrand Delanoë a repris son bâton de pèlerin et court de réunions en réunions pour convaincre les enseignants parisiens… Sans succès…

Au début un peu dilettante, le Maire  pensait réussir à convaincre par sa seule capacité de persuasion jouant sur une autorité morale qu’il pensait intacte mais force fut de constater que les réunions se passaient particulièrement mal et que notre Bertrand fut pour le moins pas mal “remué” par la colère éclatante du monde enseignant. Aujourd’hui la ville prévoit “que des activités périscolaires soient organisées les mardi et vendredi de 15 heures à 16h30 (…), la demi-journée supplémentaire de classe ayant lieu le mercredi matin“. Bertrand Delanoë s’engage à embaucher et titulariser le personnel nécessaire pour mener à bien la réforme. 450 agents contractuels seront ainsi titularisés, 80 animateurs supplémentaires seront recrutés par concours dès 2013. 750 postes seront aussi créés, en sus des 250 déjà prévus, pour “déprécariser” les personnels vacataires des directions des affaires scolaires, culturelles et de la jeunesse et des sports.

Le vœu qui sera soumis au vote du Conseil de Paris le 25 mars ne comporte pourtant aucune prévisions budgétaires et pour cause… Si Bertrand Delanoë affirme sans sourire que la réforme sera financée “sans augmentation d’impôts en 2014” il reconnait que le cout de la réforme s’élèvera à “40 ou 50 millions d’euros” en année pleine … Sans aucun financement prévu en 2013 ou 2014 mais il le dit … “cette surcharge budgétaire n’aura pas d’impact sur les impôts locaux” car “le moment d’application permet d’avoir un concours de l’Etat et de la Caisse d’allocations familiales“. Il va même plus loin : “Je le ferai sans priver les Parisiens de quoi que ce soit, sans toucher aux ressources humaines et sans augmenter les impôts puisque je ferai le budget pour la totalité de 2014“, alors que les élections municipales auront lieu en mars. Son successeur, quel qu’il soit, ne devrait-il pas les alourdir ? “Pas pour la réforme des rythmes scolaires“, a assuré le maire de Paris.

Le retour du mensonge fiscal

Bertrand Delanoë est un homme précis mais un brin joueur sur les mots quand on parle de fiscalité … Souvenez vous dans la deuxième partie de mon analyse du bilan de l’édile je signalais déjà ceci : “Concrètement le maire de Paris affirmait en 2011 que les impôts avaient augmenté de moins de 9 % par rapport à 2001 et naturellement c’était un gros mensonge … on constate qu’entre 2005 et 2011 le montant de la taxe d’habitation a augmenté de 36% et que celui de la taxe foncière a pour sa part grimpé de plus de 70 %. Quand Bertrand Delanoë parle d’une augmentation de 9 % il trompe des parisiens puisque en fait il parle d’une augmentation de 9 points des taux d’imposition, 8,87 pour être exact…”

Là encore Bertrand Delanoë joue avec les mots et les calendriers car si concours de l’Etat et de la Caisse d’allocations familiales pourra couvrir les dépenses de 2013 au titre du calendrier choisi par le maire, il n’y aura aucun concours en 2014 or c’est une année électorale et nous avons vu que dans le Paris de Delanoë, c’est de bonne guerre, les années électorales sont toujours blanches de toute augmentation … la vengeance fiscale venant l’année suivante. C’est en 2009 (année électorale +1 que la ville de Paris a fait explosé sa fiscalité locale et ce sera en 2015 que nous devrons payer ces nouvelles dépenses au titre des années 2014 et 2015 soit une facture estimée par le Maire actuel entre 80 et 100 millions d’euros supplémentaires… Mais lui ne sera déjà plus maire de Paris …

Mais dites moi quel est le bilan de la politique scolaire du Maire de Paris ? C’est l’objet du prochain épisode de “Un regard sur Bertrand Delanoë”

 

1 thought on “Un regard sur Bertrand Delanoe : le maire et l’école … de la patience (3)

  1. via G+:
    Très bon maire. Mais on a besoin d’une autre façon de voir Paris. Et surtout de compter avec les sous des français, ce qu’il ne faisair pas. Je ne crois pas en Hidalgo c’est son clone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *